Deux femmes dont une conseillère Pôle emploi tuées par balle : le tueur présumé originaire de Nancy était dépressif

Agé de 45 ans, l'homme qui a ouvert le feu et tué une conseillère Pôle emploi de Valence et une employée de son ancienne entreprise en Ardèche est originaire de Nancy. Des perquisitions de son domicile nancéien, rue de Saverne, ont eu lieu jeudi dans la journée.

Le suspect âgé de 45 ans, fragile psychologiquement, a été arrêté à Valence, après son parcours meurtrier qui a fait 2 morts, une agent Pole-Emploi de Valence et le Directeur des Ressources Humaines de son ancienne entreprise en Ardèche.
Le suspect âgé de 45 ans, fragile psychologiquement, a été arrêté à Valence, après son parcours meurtrier qui a fait 2 morts, une agent Pole-Emploi de Valence et le Directeur des Ressources Humaines de son ancienne entreprise en Ardèche. © France 3 Rhône-Alpes / FTV

Les premiers éléments d'information qui ont filtrés ce jeudi 28 janvier 2021 au matin étaient justes. L'homme qui a tué deux personnes à Valence (Drôme) et dans une commune à proximité, Guilherand-Granges, est originaire de Nancy (Meurthe-et-Moselle). Une information très vite relayée par nos confrères de France Bleu Drôme-Ardèche, "cet ingénieur, originaire de Meurthe-et-Moselle, domicilié à Nancy, a travaillé chez Faun Environnement d'où il aurait été licencié il y a une dizaine d'années".

On ne connait pas ses motivations

Alex Perrin, le procureur de la République de Valence

"On ne sait pas grand chose de lui" a déclaré Alex Perrin, le procureur de Valence, sur les lieux du drame, au micro de France 3 Rhône-Alpes, "on n'est pas dans une thématique de radicalisation. C'est quelqu'un, qui n'a semble t-il, jamais fait parler de lui jusqu'à présent et on ne connait pas ses motivations. Il avait été salarié, ingénieur de l'entreprise Faun de 2008 à 2010, on ne sait pas si c'est son dernier emploi. La-dessus, on a des précisions à obtenir."

Gabriel Fortin n'était pas suivi par l'agence Pole Emploi de Valence. Il était inscrit dans une agence de Nancy. Il avait fait une partie de ses études à Metz, à l'ENIM en génie mécanique après des études secondaires au lycée Henri Loritz à Nancy. Il était amateur de tir et avait une autorisation pour l'utilisation de deux armes 9 mn. Une source proche du dossier qualifie l'homme de "dépressif". Il multipliait les petits boulots dans des sociétés d'interim et selon les informations recueillies par France 3 Lorraine, il n'avait pas d'antécédents judiciaires et psychiatriques. A Nancy, il résidait dans un appartement qui appartient à sa mère, domiciliée à Strasbourg.

Est-ce que c'est de la rancoeur ? Je ne sais pas

Un employé de Faun Environnement

"Il aurait travaillé 18 mois ici" a expliqué un employé de Faun à la presse dans l'après midi, "mais je parle au conditionnel. Dans chaque entreprise, il y a des licenciements, des entrées et des sorties... A mon avis, s'il a travaillé là, il s'est passé quelque chose mais autant de temps après, je ne comprends pas. Est-ce que c'est de la rancoeur ? Je ne sais pas."

Retour sur le drame

Vers 9H00, l'homme a pénétré dans une agence Pôle Emploi où il a mortellement touché une employée. Il s'est ensuite dirigé dans les locaux d'une entreprise spécialisée dans la collecte de déchets à Guilherand-Granges (Ardèche), Faun, sur l'autre rive du Rhône, où il a gravement blessé par balles une salariée. Elle succombe à ses blessures.

Tandis que le tireur présumé prenait la fuite en voiture en empruntant à contre-sens un pont en direction de Valence, son véhicule a percuté une voiture de police qui tentait de l'intercepter. L'homme a alors été interpellé. La séquence de l'arrestation est à retrouver sur le site de France 3 Rhône-Alpes.

L'employée d'une entreprise de l'Ardèche prise pour cible jeudi par un homme qui avait auparavant tué par balles une employée de Pôle Emploi de Valence est décédée, a-t-on appris auprès du procureur de Valence. Cette employée, âgée de 51 ans, "a été atteinte à deux reprise mortellement", a déclaré à l'AFP le procureur de Valence Alex Perrin.

L'auteur des tirs a été arrêté peu après et placé en garde à vue, a-t-il confirmé.

"A ce stade, on ne sait rien de ses motivations" mais "on pense vraiment qu'il y avait une préméditation", a déclaré en fin d'après-midi le procureur, qui a ouvert une enquête pour "assassinats", confiée à l'antenne de Valence de la police judiciaire de Lyon.

(Avec AFP)

Un lien avec deux autres affaires ?

Les enquêteurs s'interrogent sur un lien éventuel avec une autre affaire: le meurtre d'une DRH survenu mardi dans le Haut-Rhin, suivi de l'agression d'un homme travaillant lui aussi dans les ressources humaines.

C'est dans le Grand Est, mardi 26 janvier 2021, qu'une femme travaillant comme DRH a été tuée par balle sur le parking de son entreprise à Wolfgantzen (Haut-Rhin). Selon la presse locale, cet homicide a été suivi de l'agression d'un homme, travaillant aussi dans les ressources humaines, attaqué chez lui à Wattwiller, dans le même département, par un homme armé qui l'a raté avant de prendre la fuite dans une voiture rouge - la même couleur que celle du suspect de Valence.

Interrogé jeudi, le procureur de Valence a jugé que tout lien avec ces faits était "prématuré". "Rien n'est pour l'instant avéré", a-t-il dit. Son homologue de Colmar, Catherine Sorita-Minard, n'a rien confirmé non plus. "Les enquêteurs travaillent sur d'éventuels rapprochements compte tenu de plusieurs éléments et similitudes qui attirent l'attention, comme le mode opératoire, la profession des victimes, ou encore la proximité de temps et lieu pour les deux faits commis dans le Haut-Rhin", a cependant déclaré la magistrate. (Avec AFP)

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