Exposition “Dans la peau de l'ours”

Exposition "Dans la peau de l'ours" / © Olivier Bouillon - France 3 Lorraine
Exposition "Dans la peau de l'ours" / © Olivier Bouillon - France 3 Lorraine

Le Centre Culturel André Malraux de Vandoeuvre-lès-Nancy présente une exposition originale, "Dans la peau de l'ours". Un travail réalisé par un photographe professionnel, Claude Philippot, avec la collaboration des détenus de la prison de Toul.

Par Didier Vincenot


L'exposition "Dans la peau de l'ours" est le fruit de la collaboration d'un photographe, Claude Philippot, et les services pénitentiaires Est-Strasbourg, les services pénitentiaires du Centre de Détention de Toul, les services pénitentiaires d'insertion et de probation 54, les Productions de l'Enclume, La Mazurka du Sang Noir et d'un partenariat avec le CCAM - Scène nationale de Vandœuvre.

La prison, l'univers carcéral...
Un monde forcément réducteur que l'exposition "Dans la peau de l'ours" présente au travers d'une galerie de portraits, de mains, où l'humain se trouve au centre de la réflexion.

Un travail réalisé par un photographe, Claude Philippot, avec les détenus, pour les détenus du Centre de Détention de Toul.
Il a fallu s'abandonner devant l'objectif, faire un gros travail pour accepter les poses, et discuter en commun de leurs restitutions.

Au final, un travail magnifique empreint d'émotion et présenté avec pudeur, pour que chaque visiteur puisse entrer lui aussi "Dans la peau de l'ours".

L'exposition se tient au Centre Culturel André Malraux, rue de Parme à Vandoeuvre-lès-Nancy, jusqu'au vendredi 23 février 2018.


Reportage de Malika Boudiba - Olivier Bouillon - Alain Thiéry - Céline Perrin

 

Le texte de présentation de l'exposition

Quand on ouvre les yeux... quand on regarde le centre de la pupille, on voit l'intérieur du corps jusqu'au plus profond.
Avais-je ainsi regardé mon visage dans le miroir, si intensément que mon œil était devenu ma prison ? La grotte immense où je me trouvais tenait-elle toute entière dans mon globe oculaire ?

Je voulais penser que je n'étais pas en cause, que la contemplation de mon reflet n'était pas la raison de ma chute, mais plutôt mon regard lui-même. À coup sûr... à coup sûr j'ai vu quelque chose, une chose si blessante, si épouvantable que j'ai fermé les yeux pour ne pas voir, pour ignorer la réalité, pour devenir aveugle et, ce faisant, j'ai clos sur moi le monde.

Il me fallait donc retrouver l'image sur laquelle j'avais buté, celle qui m'avait fait tomber et la franchir en sens inverse.
Je revoyais en pensée les amis chers, les ancêtres disparus, je voyais des hommes et des femmes par milliers, me voyais parmi eux, et je disais en moi-même : j'appartiens, oui, j'appartiens à l'humanité dont j'ai la mémoire ! Mais je les voyais traverser mes domaines sans qu'il me fût jamais possible de les toucher. (Odile Massé, extrait de « Sortir du trou »)

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