Hausse des matières premières : le prix de la bière va bientôt augmenter

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Écrit par Elise Coussemacq
Une petite bière dans la rue, à Strasbourg, le 21 février 2021.
Une petite bière dans la rue, à Strasbourg, le 21 février 2021. © Hannah Strobel, France Télévisions

Après la baguette de pain, c’est au tour de la bière de subir l’inflation en ce début d'année 2022. Avec l’augmentation du prix des matières premières, cette boisson, parmi les préférées des Français, pourrait voir son prix croître de quelques centimes dans les prochaines semaines.

Ces derniers mois, de nombreux produits comme la baguette, le gaz ou le carburant ont vu leurs prix augmenter. Et en ce début d'année 2022, c’est la boisson houblonnée, très consommée par les français qui devrait subir l’inflation. En faute, la hausse du prix des matières premières, déclenchée par la crise du Covid-19.

Avec plus de 50% de la production française, la région Grand Est est leader en volume de production en France. En Lorraine on compte près d’une cinquantaine de brasseurs, et 75 brasseries artisanales. Pourtant, comme partout dans notre pays, les brasseurs lorrains et leurs clients ne seront pas épargnés par la hausse des prix des matières premières ces prochains mois.

Première cause de cette augmentation, la mauvaise année céréalière qu’a connu 2021.
"Avec les fortes intempéries, la récolte fut humide, et le taux de rendement très faible", explique Jean-François Drouin. Le président du Syndicat National des Brasseurs Indépendants (SNBI), n’a jamais vu une hausse aussi importante des intrants dans la bière, après vingt années d’exploitation. L’impact climatique joue beaucoup sur la production des brasseurs : les orges brassicoles et le blé, le prix de ces matières premières quasi-indispensables à la fabrication de la bière, a augmenté de près de 30% l’an passé, après avoir subi les aléas climatiques.

Un emballage au coût conséquent pour les brasseurs

A cela s’ajoute la tension sur les marchés due au contexte sanitaire.
"Il y a une très forte demande en carton, verrerie, ferraille et papier, et les pays fournisseurs n’arrivent pas à suivre", précise Jean-François Drouin. Un problème auquel fait face Rémi Schlinger, le président de La fabrique des Grô à Maxéville (Meurthe-et-Moselle), qui subit un délai de près de trois mois avant d’être livré en cartons, ce qui a failli lui porter préjudice lors de la préparation de ses coffrets de Noël/
"J’ai commandé les coffrets en juillet et ils sont arrivés fin novembre. Cette attente est complétement spécifique à cette année, d’habitude je passe commande en septembre", raconte-t-il.

L’impact de l’emballage et surtout du papier sur le prix de la bière est très fort, surtout quand on sait que le carton et le papier peuvent subir une hausse de 50%. Un coût conséquent, selon Boris Lubarda, le co-gérant de la brasserie La Fouillotte, à Epinal : "pour une bouteille de bière, ce qui coûte le plus cher, c'est l’étiquette, car elle s’achète à l’unité, pour chaque bouteille. Par exemple, si elle augmente de trois centimes, notre bouteille va augmenter de trois centimes de facto.".

Comme pour la baguette de pain, la montée des prix de l’électricité et du gaz fait pâlir les brasseurs et impacte tous les stades de fabrication, tel un effet boule de neige. Et ces nouveaux tarifs, les brasseurs les subissent déjà depuis plusieurs mois, a contrario des consommateurs.

"Pour le moment, on grignote nos marges pour ne pas faire flamber les prix pour le consommateur, car la bière doit rester un produit de consommation bon marché", justifie Jean-François Drouin. Une idée partagée par Boris Lubarda : "la bière est une consommation de loisir, pas de nécessité et les gens peuvent s’en passer, ce n’est pas comme le carburant".

Une augmentation de 20 centimes, pour une bière vendue 2 euros

Pour le président du SNBI, vendeurs et distributeurs doivent aussi accepter de rogner leurs marges pour impacter le moins possible le consommateur. Des négociations devraient être entamées d’ici un ou deux mois avec les acteurs de la grande distribution, pour convenir d’une augmentation des tarifs en petites et grandes surfaces de vente, ainsi que dans les bars et restaurants. Pour le moment, cette hausse est estimée à 10% du prix de vente, soit une augmentation de vingt centimes pour une bière vendue deux euros.

Cependant, les bars et restaurants ne devraient pas être lourdement impactés par cette montée des prix, du fait de leur faible vente de bières bouteilles. De même, le prix de la bière en fût devrait être moins impacté, car le contenant est généralement recyclé par les cafetiers.

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