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Jean Rottner à Nancy : “Je ne ressens pas la volonté des gilets jaunes d'en sortir par le haut”

Jean Rottner, président de la Région Grand Est était l'invité des matinales de l'Excelsior à Nancy, jeudi 6 décembre 2018. / © Jean-Christophe Dupuis-Rémond. France 3 Lorraine
Jean Rottner, président de la Région Grand Est était l'invité des matinales de l'Excelsior à Nancy, jeudi 6 décembre 2018. / © Jean-Christophe Dupuis-Rémond. France 3 Lorraine

Le président de la Région Grand Est était ce jeudi 6 décembre 2018 l'invité des "Rencontres Matinales de L’Excelsior" à Nancy (Meurthe-et-Moselle). Interrogé, notamment sur les gilets jaunes il a évoqué la situation actuelle sans langue de bois et dans un langage parfois peu diplomatique.

Par Jean-Christophe Dupuis-Remond

Jean Rottner était l'invité des « Rencontres Matinales de L’Excelsior »* ce jeudi 6 décembre 2018.

Interrogé, notamment sur les gilets jaunes, par Sophie Mayeux, directrice de Stratégies d'Information et de Communication (SDIC), Mohand Chibani, rédacteur en chef adjoint de France Bleu Sud Lorraine et Philippe Rivet de L’Est Républicain,  le président (LR) de la Région Grand Est a évoqué sans langue de bois et dans un langage parfois peu diplomatique la situation actuelle.

Voici une synthèse des propos tenus lors de cette rencontre.

Renouer le dialogue avec les Gilets Jaunes 

"Je me revendique élu de terrain, à portée de baffe comme les autres. Aujourd'hui il faut renouer le dialogue, savoir avancer pour sortir de la crise. C'est notre responsabilité collective, élus, citoyens ou encore entrepreneurs.

Mais aujourd'hui, je ne sens pas la volonté des gilets jaunes de sortir de cette crise par le haut.

Et pourtant il nous faut élaborer et construire ensemble un contrat social. Nous vivons aujourd'hui ce que l'Italie a vécu il y a quelques mois, chacun regardant ce qu'a son voisin. Il faut tout craindre. Or casser, détruire et menacer c'est inacceptable. Ce mouvement populaire est porté par des gens de bonne foi mais qui ont une vision à court terme des choses : on ne peut pas avoir dans le même temps plus d'euros et plus de services."
 

"Edouard Philippe a été désavoué"

"La journée d'hier est un concentré de ce que nous vivons depuis plusieurs mois. Comme dans l'affaire Benalla, le gouvernement et le premier Ministre sont à contretemps, décalés, en permanence avec un temps de retard. Hier le Premier ministre a clairement été désavoué.

Le problème c'est que tous les partis traditionnels sont inaudibles,

profondément bouleversés par ce qui arrive. Et la méthode, la mienne en tout cas, n'est pas d'être dans le buzz, à la différence de Laurent Wauquiez (son président du parti Les Républicains, NDLR) qui joue un jeu personnel sans doute mais qui toutefois vise à faire entendre une voix à Droite et aussi, je l'espère, au Centre. Alors même que la Gauche est dans un état bien pire."
 

"La République est en danger"

"Quand j'entends les propos de certains Gilets jaunes, oui, la République est en danger. Et c'est au Président de la République de parler plutôt que de refiler la patate chaude à d'autres, comme aux présidents de partis.

Il est la Voix de la France.

Il doit expliquer que ce n'est pas parce que la masse le veut, qu'il faut faire les choses. Or il n'y a plus de grandes voix politiques aujourd'hui. plus de débats sur les grandes questions régaliennes essentielles : la sécurité, l'économie ou encore la transition écologique."
 

Pour une vraie décentralisation

"Elus régionaux, nous sommes des créateurs de liens.
Oui il y a un effet de taille un peu compliqué mais que Paris nous a imposé. J'ai 7.400 personnes sous ma responsabilité. Il faut aussi les accompagner dans les évolutions mais oui il y un désir de la région Grand Est. Et pas seulement parce que nous avons de l'argent pour financer des projets qui nous permettent aujourd'hui d'avoir voix face aux autres régions européennes. C'est le cas dans l'innovation et la recherche ou entrepreneurs et universitaires Alsaciens, Lorrains et Champardennais travaillent de concert.

Oui la loi NOTRe n'est pas parfaire, il faut la toiletter, l'aménager.

Mais cela fait trois ans seulement que tout a été chamboulé. laissons aux élus le temps de se poser, de travailler et aussi de se faire connaître.

Mais si l'on veut aller vers une vraie décentralisation, je dis banco.

A condition cependant que l'argent aille avec les responsabilités, pas les responsabilités seules et l'argent à Paris."



*Les « Rencontres Matinales de L’Excelsior » sont proposées à échéances mensuelles par l'agence nancéienne Stratégies d'Information et de Communication (SDIC), aux côtés de France Bleu Sud Lorraine et de L’Est Républicain, en partenariat avec la Délégation Régionale Grand Est d’EDF et la Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne.

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