La solitude, ce mal invisible qui gagne du terrain depuis la crise sanitaire

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A l'occasion de la journée des solitudes de ce dimanche 23 janvier, une enquête de l'IFOP révèle qu'une personne sur cinq souffre de solitude en France. L'association Astrée implantée depuis peu à Nancy et à Metz tente de lutter contre ce phénomène amplifié par la crise sanitaire.

A la veille de la nouvelle journée nationale des solitudes, l'association Astrée spécialisée dans la lutte contre l'isolement a commandé à l'IFOP un sondage pour tenter de quantifier le problème. Il ressort de cette enquête menée du 7 au 13 décembre auprès d'un échantillon représentatif de 1500 personnes que 19% des français se sentent souvent ou parfois seuls, un chiffre comparable à celui enregistré pendant la crise sanitaire mais beaucoup plus élevé qu'avant le début de la pandémie où seulement 13% des personnes interrogées se plaignaient de solitude. Particulièrement touchés les télétravailleurs qui disent à 56% se sentir toujours, souvent ou parfois seuls.

Astrée a ouvert deux antennes en Lorraine

Des chiffres très instructifs pour l'association Astrée qui a ouvert 21 antennes en France dont une à Nancy et une autre à Metz juste avant le début de la crise sanitaire. Dans la cité ducale, Astrée n'a pas de locaux mais se fait prêter par la mairie de Nancy une salle une fois par semaine. L'association peut compter sur un effectif de 10 bénévoles qui ont été formés. "Pendant le confinement" explique Katy Darque chargée de communication de l'antenne Astrée de Nancy "les gens parlaient beaucoup plus de solitude parce que c'était lié à un contexte. 

Pendant le confinement, se retrouver seul à ce moment-là cela rentrait dans la normalité. Depuis, on retrouve cet obstacle à parler des solitudes.

Katy Darque, de l'association Astrée

"La solitude est un sujet qui reste tabou. On est dans une société qui pousse à l'individualisme, où il faut être sans cesse performant. Les évènements de la vie comme les ruptures, les décès et le chômage ne favorisent pas l'ouverture envers les autres et du coup fragilisent certaines personnes." Actuellement, l'antenne nancéienne suit 7 personnes -âgées de 38 à 71 ans- souffrant de solitude. La durée moyenne de l'accompagnement avoisine les 8 mois mais peut aller dans certains cas jusqu'à deux ans. "Nous on est là pour accompagner, pour écouter." explique Katy Darque. "On veut favoriser la parole de la personne pour qu'elle arrive à s'exprimer. Cela se fait dans la confidentialité. C'est gratuit. En fait, c'est un don.

Le bénévole en faisant don de temps et d'intérêt vis-à-vis de cette personne lui accorde de l'importance.

Katy Darque, de l'association Astrée

Le bénévole en faisant don de temps et d'intérêt vis-à-vis de cette personne lui accorde de l'importance. Une attitude de veille et de vigilance". 

Appel aux politiques

A l'approche des élections, l'association Astrée a décidé d'interpeller les candidats sur cette question de l'isolement par le biais d'un manifeste en ligne, "pour que la lutte contre la solitude soit une priorité du prochain mandat présidentiel".