Nancy : l'association des familles homoparentales porte plainte pour discrimination

Après les propos tenus par le responsable du conseil de famille de Meurthe-et-Moselle (54), "tant qu'on aura des couples jeunes, stables, avec un père et une mère, on les privilégie" , l'association des familles homoparentales porte plainte pour discrimination. 

Une plainte a été déposée en Meurthe-et-Moselle par l'Association des familles homoparentales, jeudi 21 juin 2018. Elle vise le président du Conseil de famille. L'association estime que les couples homosexuels sont victimes de discrimination à l'adoption.

"Le 17 mai 2018, une enquête était ouverte par le parquet de Nancy, du chef de discrimination. Ce n’est qu’au regard des résultats de cette enquête que le parquet donnera une orientation à cette affaire" a précisé M. Pérain, à France 3 Lorraine.

Le parquet de Nancy (54) "a été rendu destinataire d'un courrier par lequel l'ADFH de Meurthe-et-Moselle déposait une plainte pour discrimination contre le président du Conseil de famille des pupilles de l'Etat de Meurthe-et-Moselle", explique le procureur de la République, François Pérain.

Le Conseil de famille est une instance composée d'élus du conseil départemental, de membres d'associations de pupilles de l'État et de familles adoptantes et de professionnels de la protection de l'enfance, chargée d'évaluer les candidats à l'adoption.

"On n'a rien contre les couples de même sexe, mais tant qu'on aura des couples jeunes, stables, avec un père et une mère, on les privilégie", confiait à l'AFP le 19 avril dernier le président du Conseil de famille de Meurthe-et-Moselle, Jean-Marie Müller.

Ces propos sont intolérables pour l'Association des familles homoparentales qui a décidé de porter plainte.

"C'est un discours qui vient trier les familles au regard de l'orientation sexuelle, donc c'est la définition d'une discrimination", estime Alexandre Urwicz, président de l'ADFH.



Une fonctionnaire, relevée mercredi 20 juin de ses fonctions à titre conservatoire, avait estimé dans un entretien à France Bleu Normandie Seine-Maritime/Eure que les couples homosexuels étaient "un peu atypiques, qu'ils correspondaient moins aux critères requis pour l'adoption d'un bébé en bonne santé qu'un couple hétérosexuel".


Interpellée à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux, Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat en charge de l'égalité femmes-hommes, a réagi dans un communiqué. "Aucune discrimination ne saurait être tolérée." Elle rappelle que les conseils des familles, l'instance qui tranche en faveur ou non de l'adoption d'un enfant, doivent respecter la loi.

 


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