Grand Est : attention aux morsures de tiques cet été

La région Grand Est est la plus touchée par le phénomène. Avec la chaleur des beaux jours et ses traditionnelles sorties en extérieur, les morsures de tiques font leur retour. Mais attention à cet acarien dont la piqûre peut s’avérer très néfaste.
Une tique sur un brin d'herbe.
Une tique sur un brin d'herbe. © INRAE

C’est l’été, il fait chaud, vous mourez d’envie de vous glisser dans un mini-short pour déambuler gaiement en forêt... Réfléchissez-y à deux fois, les tiques vivent au sol et pas dans les arbres! Ces acariens attendent sagement cachés dans la végétation, une plante ou une herbe pour, le moment venu, s’accrocher à un espace de peau et le mordre. Retour sur les gestes à adopter, en prévention ou après une morsure, avec Pascale Frey-Klett, directrice de recherche à l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) de Nancy, en Meurthe-et-Moselle, et responsable du programme CiTIQUE, un programme participatif de recherche sur les tiques et les maladies qu’elles transmettent.

Une météo très favorable pour les tiques

S’il est difficile de parler de recrudescence de morsures cette année, on sait en revanche que les tiques sont dépendantes des conditions météorologiques et climatiques. “Il a fait très chaud et humide récemment dans le Grand Est, il s’agit d’un contexte idéal pour les tiques”, explique Pascale Frey-Klett, directrice de recherche à l’INRAE de Nancy et responsable du programme CiTIQUE. Ces dernières semaines très pluvieuses en Lorraine, couplées à la chaleur du mois de juillet, constituent effectivement le terrain de jeu rêvé de ces acariens. Il faut donc se montrer encore plus vigilant qu’à l’accoutumée. 

Il a fait très chaud et humide récemment dans le Grand Est, il s’agit d’un contexte idéal pour les tiques.

Pascale Frey-Klett, directrice de recherche à l’INRAE de Nancy et responsable du programme CiTIQUE

Gare également aux idées reçues. “On a coutume de dire qu’on les trouve surtout dans les espaces boisés mais tout espace de nature, y compris en pleine ville, peut cacher des tiques”, constate la microbiologiste Pascale Frey-Klett. Il faut donc se méfier, même dans les jardins. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, dans le Grand Est, région relativement boisée, le pourcentage de signalement de morsures avoisine les 26% dans les jardins et 50% dans les forêts.

Les gestes de prévention à adopter

Il faut donc impérativement se protéger, surtout le bas du corps. “Au programme, pantalon long, couvrant, si possible clair, pour permettre de détecter facilement une tique sur le vêtement”, conseille la microbiologiste Pascale Frey-Klett. Autre technique infaillible, mettre les chaussettes sur le bas du pantalon et des manches longues pour ne pas laisser d’accès à la peau et, si besoin, vaporiser un répulsif. 

Au programme, pantalon long, couvrant, si possible clair, pour permettre de détecter facilement une tique sur le vêtement.

Pascale Frey-Klett, directrice de recherche à l’INRAE de Nancy et responsable du programme CiTIQUE

Pour les enfants en bas âge, un chapeau est même conseillé, car la tique peut se trouver au niveau de sa tête. Attention aussi aux animaux de compagnie et aux animaux d’élevage, qui peuvent transmettre des tiques à l’homme. Enfin, en rentrant chez vous, pensez bien à surveiller qu’aucune tique ne soit sur vous, à vous changer et à laver vos vêtements. La taille de cet acarien varie de moins d’un millimètre à l’état larvaire à un ou deux millimètres, voire plus, s’il est gorgé de sang.

La tique est-elle vraiment dangereuse ?

Une morsure de tique est loin d’être anodine. Comme le révèle CiTIQUE, un programme de recherche participative où les citoyens peuvent aider la recherche sur les tiques et les maladies qu’elles transmettent, 35% des tiques analysées sont porteuses d’agents pathogènes et 15% de la bactérie Borrelia, responsable de la maladie de Lyme. Ce programme, lancé en 2017, recense "plus de 56.000 signalements de piqûres sur le territoire", selon sa responsable, Pascale Frey-Klett. Par ailleurs, de nombreuses tiques sont envoyées par des personnes volontaires, pour permettre de déterminer quelles sont les tiques les plus piqueuses. 

Que faire si je me fais piquer ?

“En cas de morsure, on retire tout de suite la tique”, insiste la microbiologiste Pascale Frey-Klett. Il faut en effet arracher la tique de la peau sans attendre, car le risque de transmission de la bactérie augmente avec la durée d’exposition. “Si on a un tire-tiques, il faut l’utiliser, mais une pince à épiler ou même vos ongles peuvent faire l’affaire. Par ailleurs, pour le retirer, il faut veiller à bien tourner et ne pas tirer sur l’acarien pour ne pas casser ses pièces buccales”, explique Pascale Frey-Klett, directrice de recherche à l’INRAE de Nancy et responsable du programme CiTIQUE. 

Si on a un tire-tiques, il faut l’utiliser, mais une pince à épiler ou même vos ongles peuvent faire l’affaire (...) Il ne faut surtout pas stresser la tique, car elle risque de régurgiter le contenu de ses glandes salivaires, or c’est là que se trouvent les agents pathogènes.

Pascale Frey-Klett, directrice de recherche à l’INRAE de Nancy et responsable du programme CiTIQUE

“Il ne faut surtout pas stresser la tique, car elle risque de régurgiter le contenu de ses glandes salivaires, or c’est là que se trouvent les agents pathogènes”, ajoute la chercheuse. Autre particularité après une piqûre de tique, “les symptômes peuvent être similaires à ceux du Covid-19 ou de la grippe, c’est pourquoi il ne faut pas se tromper et surveiller l’évolution des effets secondaires, jusqu’à un mois après la morsure”, ajoute la directrice de recherche à l’INRAE de Nancy.

CiTIQUE : "Que faire en cas de morsure de tique?"

Enfin, il ne faut pas hésiter à se rapprocher de son pharmacien ou de son médecin en cas de piqûre de tique. 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
santé société