Nancy : Noël en enfer pour l'ASNL, le bonnet d'âne de Ligue 2 file tout droit en national, "le club est en train de devenir un cimetière"

Avec une nouvelle et lourde défaite face à Dijon, l'ASNL a sans doute dit au revoir à la ligue 2. Le club reste embourbé à la dernière place avec 12 pauvres points. Pour les supporters, la fin de saison risque d'être très longue. L'avenir du club est incertain. Benoit Pedretti jette l'éponge.

“J”ai acheté un maillot de l'ASNL pour l'offrir à Noël. J'hésite vraiment à trouver en urgence un cadeau de remplacement tellement j'ai honte de ce que ce maillot représente de nos jours, et de le brûler en mai prochain place Stan. Elle est là la vérité”. Sur les réseaux sociaux, voilà le type de messages qui se multiplie depuis la cinglante défaite enregistrée mardi 21 décembre 2021 face à Dijon (0-3).

Une lourde défaite à domicile à l'occasion de la 19ème journée de championnat. Pas de jeu, pas d'ambition, pas de conviction, peu d'envie et autant de maladresses pour un groupe professionnel, Nancy version 2021-2022 a donné une leçon de médiocrité. Une de plus. Pour de nombreux supporters, le divorce est acté avec l'actuelle direction du club.

L'analyse des supporters est cruelle : "les actionnaires, Ganaye et les joueurs sont la honte de l'ASNL", "grosse gueule de bois ce matin après la nouvelle désillusion d’hier soir".

Pour Kilian Valentin, président du groupe de supporters des Saturday FC, "c'est une catastrophe, c'est dramatique, c'est une honte ce qui se passe. C'était déjà compliqué depuis quatre ou cinq ans car il n'y avait pas de projet. La reprise du club redonnait un peu d'espoir, on voulait voir, on a vu. On a été servis : il n'y a rien, il n'y a personne aux commandes."

La reprise du club redonnait un peu d'espoir, on voulait voir, on a vu. On a été servis : il n'y a rien, il n'y a personne aux commandes

Kilian, président du Saturday FC

Sur son compte Twitter, Sébastien s'interroge : “maintenant, ce serait bien de savoir où on va. Quel projet, quel avenir et quels moyens ? Les seuls qui ont la réponse et qui aujourd'hui en ont la responsabilité sont muets. L'actionnaire n'a jamais parlé de l'ASNL et le président Gauthier Ganaye absent."

"On a un président, Gauthier Ganaye qui ne sait pas où il va" ajoute le président du Saturday FC, "les nouveaux dirigeants ne sont jamais venus au centre de formation par exemple pour voir comment ça fonctionnait et constater qu'il est vétuste. Il y a des joueurs qui sont là, on ne sait pas trop pourquoi. La data ok mais on n'a pas vraiment réfléchi. Il y a eu de grosses annonces en début de saison, il n'y a rien au final. Le club est en train de devenir un cimetière."

La ligue 1, non. Le National, oui

Pour SamSam, "le club est enterré à 99,9% statistiquement parlant et on sait que le plus long reste à venir, notre mort sera lente et insupportable pour tous les vrais supporters de l'ASNL." Il reste 18 journées de championnat.

L'objectif de début de saison était pourtant de jouer le haut de tableau. "On vise les places de playoffs et pourquoi pas la montée" expliquait Gauthier Ganaye lors d'un de ses rares entretiens à France Bleu Sud Lorraine.

"On a déjà un pied en National. Tout le monde nous enterre déjà. Il va falloir réussir un exploit" a commenté Benoit Pedretti, l'entraineur en conférence de presse d'après match. Le club n'est plus dans le déni. Difficile de faire autrement en matière de communication. Avec seulement 12 points sur la phase aller, est-il encore sérieux d'entretenir la possibilité du maintien ? Non.

Et si miracle il y a, ce sera sans l'ancien Bleu qui a décidé de jeter l'éponge. Benoit Pedretti a décidé de ne pas prolonger à la tête de l'équipe pro de l'ASNL selon nos confrères de L'Est Républicain. Une rupture qui fragilise encore davantage le président Gauthier Ganaye. Installé dans l'urgence après le limogeage de Daniel Stendel, Pedretti constituait un rempart pour l'actuel président, un avenir (y compris en national). C'est terminé.

"Il faudrait un nouveau miracle pour s'en sortir, un quatrième en quatre ans" explique le président du Saturday FC, "on a confiance en Pedretti qui a des idées et un projet pour le club. Mais un seul homme ne peut pas tout résoudre dans la situation actuelle." L'ASNL doit se trouver un nouvel entraineur. Ironie de la situation, Pablo Correa a signé aujourd'hui un contrat en Belgique pour prendre en main l'équipe de Virton.

Quand la moutarde monte au nez

Pourtant, hier soir, à l'occasion de la réception de Dijon, il y a du monde pour venir voir l'ASNL. Des supporters qui y croient encore avec leur écharpe nouée autour du coup. On distingue parfois un maillot rouge et blanc mais il fait froid. Les doudounes, les pulls et les manteaux ont pris le dessus. A la caisse, pas mal de gens retirent des invitations pendant que d'autres sortent la carte bleue. Et le prix pour une place a parfois de quoi surprendre : plus de 20 euros pour voir le dernier de Ligue 2.

Allons-y, on y croit encore. L'ASNL vient de se qualifier en Coupe de France aux dépens d'un pensionnaire de Ligue 1, Troyes, lui aussi mal en point. Une dynamique est peut-être en train de naître ? Un groupe ? Un état d'esprit... Un semblant de renaissance et de prise de conscience, allons voir.

Mais lorsque Dijon inscrit son troisième but, à la 80ème minute de jeu, même les ultras qui n'ont cessé d'encourager le club durant toute la rencontre prennent un coup de massue. Le coup de trop. Nancy enregistre sa quatrième défaite d'affilée en championnat. Côté statistique, rien de réjouissant : pas un but inscrit lors des trois dernières rencontres. Un bilan et des perspectives catastrophiques.

Une gestion de crise qui pose question pour Kilian : "le niveau de joueurs, il est ce qu'il est. Là, à la trêve, on a neuf points de retard sur le 17ème, on a un président qui ne vient pas sur le terrain pour rencontrer les joueurs, voir où sont les besoins. Tout ne se règle pas que par téléphone."

No future ?

Lorsqu'il est arrivé pour succéder à Jacques Rousselot, Gauthier Ganaye avait insisté sur un point lors d'une conférence de presse : "tant qu'on sera en ligue 2, il faudra faire des ventes de joueurs pour équilibrer les comptes." Là, il y a un gros caillou dans la chaussure du business plan.

De remontée en Ligue 1, il était également question. Mais demain, c'est peut-être la remontée en Ligue 2 qui fera rêver si l'ASNL s'écrase en national. Et peut-être pire car rien n'est à exclure, y compris une rétrogradation administrative en championnat amateur. La faute à la parole des actionnaires devenue si rare. Ils se sont frottés à l'ASNL, ils viennent de se faire gravement piquer. Il faut vite administrer une première dose. Et pitié, pas de placebo.

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