Nancy : les policiers jettent leurs menottes en guise d’incompréhension et de colère

Jeudi 11 juin dans la soirée, les policiers de plusieurs unités à Nancy ont jeté leurs menottes sur les pavés de la place Stanislas. Les annonces du ministre de l’intérieur ont provoqué colère et incompréhension.
Rassemblement des policiers nancéiens, place Stanislace, ce jeudi 11 juin 2020
Rassemblement des policiers nancéiens, place Stanislace, ce jeudi 11 juin 2020 © David Didier pour France Télévisions

Des menottes sur les pavés de la place Stanislas à Nancy, c’est la réponse des policiers face aux annonces du ministre de l’intérieur Christophe Castaner. Ce jeudi 11 juin 2020, vers 22h, environ cinquante policiers de la brigade d’intervention, de la section de roulement et du groupe de sécurités public se sont rassemblés place Stanislas pour montrer leur colère. En civil ou en tenue, ils ont déposé leurs menottes par terre avec une seule question en tête: maintenant comment interpeller un individu violent ?

"Expliquez-nous, monsieur le Premier ministre comment faire?", demande David Didier secrétaire départemental adjoint au syndicat unité SGP police FO. "Tout ce qu’on nous a enseigné, ne sera plus possible. Je qualifie ses propos d’amateurisme, nous ne sommes pas au monde de bisounours. Nous aussi on aimerait que toutes les interventions se passent bien. Mais comment faire quand quelqu’un ne veut pas se faire menotter ?"

Comment interpeller un individu violent ?

Christophe Castaner a annoncé le 8 juin dernier la suspension de la technique "clé d’étranglement" lors des interpellations. Mais ce sont ses propos concernant la suspension en cas de "soupçons avérés d’actes ou de propos racistes", qui ont le plus blessé les forces de l’ordre.

"Évidemment ce qu’on subit est très injuste. On était présent sur la vague d’attentats, sur les contestations sociales des gilets jaunes, sur les mesures barrière. Aujourd’hui on sert de paillassions à la République. Nous dénonçons les actes de racisme mais chez nous ils sont très minoritaires. Il ne faut pas faire l’amalgame avec les États-Unis", précise David Ghisleri du syndicat Alliance Lorraine police nationale.

Le taser pas une bonne solution

Pour compenser l’abandon de certaines techniques d’interpellations le ministre devrait annoncer la généralisation de Taser, un pistolet à propulsion électrique. Mais ce n’est pas la bonne solution pour les syndicats. Il ne peut pas être utilisé dans tous les cas et il faudrait des formations spécifiques, en plus du coût financier de l'outil lui-même. 

"Vous imaginez si on commence à taser tous les gens qui ne veulent pas se faire menottées? Il vaut mieux se faire interpeller avec les techniques en place que de se faire taser, croyez-moi", nous assure Emmanuel Peltier secrétaire départemental 54 Alliance police nationale.

En tout cas, les annonces du ministre de l’Intérieur ont été perçues comme une véritable trahison. Plusieurs unités en France dans des villes différentes se sont mobilisées. Ce vendredi 12 juin 2020 un grand rassemblement a lieu à Paris. Des représentants syndicaux du Grand Est y sont présents. Le discours du président de la République ce dimanche est très attendu par les policiers.

 

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