Nancy : Le soulagement des commerçants de proximité après la réouverture des boutiques "non essentielles"

Suite aux annonces du président de la République, les commerçants peuvent rouvrir à partir de ce samedi 28 novembre. C’est le soulagement à l’intérieur des boutiques et la file d’attente des clients à l’extérieur, règles sanitaires obligent.
Venu sans rendez-vous, Erdal a attendu près d’une heure à l’extérieur du salon avant d’être coiffé
Venu sans rendez-vous, Erdal a attendu près d’une heure à l’extérieur du salon avant d’être coiffé © Aurore Coulon - France Télévisions
Ils n’attendaient que ça. C’est chose faite ce samedi 28 novembre les commerces « non essentiels » peuvent rouvrir. C’est la première étape du calendrier du déconfinement annoncé par le président de la République, Emmanuel Macron ce mardi 24 novembre.

Les commerçants nancéiens se sont mis sur leur 31 pour accueillir les clients qu'ils n’avaient pas vu dans leur boutique, depuis un mois. Et cela demande une certaine préparation. Marc Didier, gérant d’une librairie à proximité de la place Stanislas, s’est levé tôt ce matin. "Hier et ce matin j’ai rangé le magasin en catastrophe. Pendant le confinement je préparais les commandes click and collect donc je n’avais pas le temps de ranger." 
 
La porte d’entrée de la librairie s’est vêtue d’une nouvelle inscription : la jauge à quatre personnes maximum en même temps dans la boutique.
La porte d’entrée de la librairie s’est vêtue d’une nouvelle inscription : la jauge à quatre personnes maximum en même temps dans la boutique. © Aurore Coulon - France Télévisions

« Il faut préparer Noël »


Dans sa boutique, des livres sont posés à même le sol. Une petite partie du magasin est même fermée au public, dérangé par les cartons. "C’est toujours un peu comme ça, les livres un peu partout mais c’est vrai qu’il y en a plus que d’habitude". Et pour cause, il faut préparer Noël, commander en quantité auprès des éditeurs pour ne pas se retrouver en rupture de stock. La période de Noël représente une grande partie du chiffre d’affaires de l’année pour les libraires.

Et cela tombe bien, ce matin les clients ont un mot à la bouche : cadeaux. Dans les rues du centre-ville ils se baladent avec de grands sacs dans les mains.

A la caisse de la librairie ils sont plusieurs à lister à voix haute les cadeaux qu’ils préparent. Elise, a poussé la porte de la librairie un peu par hasard. "Je sors de chez le coiffeur et en passant par là je me suis dit pourquoi pas entrer dans cette librairie indépendante pour me faire mes propres cadeaux de Noël !". Conseillée par le libraire, Elise repart avec plusieurs livres sous le bras. "Je me suis retenue d’acheter pendant tout le confinement. C’est hors de question de commander sur Amazon. C’est important pour moi de venir, voir, échanger avec le libraire, avoir ses conseils ".

Une certaine utilité retrouvée

Le conseil. C’est surtout ça qui manquait pendant le click and collect. " C’est toujours agréable de discuter avec les clients autrement que sur le pas de la porte. On est là pour donner des conseils " explique le libraire.

Marc Didier travaille seul alors il a de quoi s’occuper ce matin. Entre deux clients il reconnaît : "Ce matin j’avais une certaine appréhension. Je me disais que les clients allaient être au rendez-vous mais dans quelle mesure ? Et là ce qui me fait plaisir, c’est que même à travers les masques je vois le sourire des gens, ça s’est important."
 

Réouverture oui, mais avec les mesures sanitaires strictes


Bien que le gel hydroalcoolique soit disponible à l’entrée et que le port du masque soit obligatoire dans la boutique, Marc Didier reconnaît que certains ont encore du mal à manipuler les livres. "On me dit « Ouvrez le livre pour moi », et ils regardent".

Autre mesure : les 8m2 par client. La librairie peut accueillir quatre clients ou groupe en même temps, alors certains sont contraints d’attendre dehors. Même constat rue Saint-Dizier devant le Barber shop de Khemri Samir. A l’extérieur du salon la file d’attente ne désemplit pas. Depuis l’ouverture à 9 heures, ils sont plusieurs à attendre dans le froid pour une coupe.
 
A 10h30 ils sont près de dix a attendre devant le salon.
A 10h30 ils sont près de dix a attendre devant le salon. © Aurore Coulon - France Télévisions


Erdal n’avait pas pris rendez-vous, il a attendu près d’une heure avant de pouvoir passer le pas de la porte. "J’ai eu de la chance parce que quand je suis arrivé il y avait une dizaine de clients. Sur les dix il y en a cinq qui sont partis. J’avais l’impression d’être à Koh-Lanta. Il fait froid, il faut avoir des nerfs d’acier" dit-il en rigolant. Effectivement ce matin-là le ressentit de la température extérieure est proche de 0.
 
Venu sans rendez-vous, Erdal a attendu près d’une heure à l’extérieur du salon avant d’être coiffé
Venu sans rendez-vous, Erdal a attendu près d’une heure à l’extérieur du salon avant d’être coiffé © Aurore Coulon - France Télévisions


Tout en coiffant son client, Khemri Samir avoue : "On savait qu’on allait avoir du monde. Ca fait un mois qu’on ne travaille pas, qu’il n’y a pas d’entrée d’argent. Tout le monde est content, client comme coiffeur." Ici les rendez-vous s’enchaînent, toutes les 40 minutes.

Khemri Samir continuera les coupes jusqu’à 19h30 ce soir. L'ensemble des commercants devra fermer au plus tard à 21 heures, selon les mesures annoncées par le gouvernement. 
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