Pas de sortie de la Ligue du Grand Est de football pour l'Alsace, les réactions fusent dans les deux camps

Réunie en session extraordinaire ce samedi 30 mars 2024, la Ligue du Grand Est de football s'est prononcée contre le projet de scission. Il n'y aura pas de création d'une Ligue d'Alsace indépendante. Pas d'implosion pour l'instant. C'est le statu quo en attendant un examen du dossier par la Fédération française de football le 8 juin.

La Ligue du Grand Est de football n'a pas acté ce samedi 30 mars le "divorce" à l'alsacienne souhaité par le District d'Alsace de football. Le vote s'est déroulé à l'occasion d'une session extraordinaire au domaine de l’Asnée de Villers-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle). Sur place, les 450 délégués étaient invités à se prononcer sur la création d'une Ligue d'Alsace à part entière. Le "Non" l'emporte assez largement avec 61,74% des voix. Il n'y aura donc pas de renaissance d'une ligue d'Alsace.

C'est un choix qu'il faut accepter et assumer... Le bon sens et la raison l'ont emporté

Albert Gemmrich, président de la Ligue Grand Est

"C'est un choix qu'il faut accepter et assumer" a déclaré Albert Gemmrich, le président de la Ligue Grand Est au micro de France 3 Lorraine, "la vie continue et maintenant, il faut travailler en bonne intelligence. Nous avons plus de 230 000 licenciés dans la ligue, nous sommes la quatrième en France. Le bon sens et la raison l'ont emporté".

Franck Leroy s'est également exprimé. Selon lui, "il est temps de siffler la fin de la partie." Dans un communiqué, le président de la Région Grand Est indique que le scrutin, "loin des pseudo-consultations, dispose d’un fondement juridique et d’une légitimité démocratique inattaquables. Il constitue donc un message fort à ceux qui persistent à contester le choix des électeurs aux Régionales de 2021". Une réponse sans doute à la réaction de Frédéric Bierry.

Suite au "match retour" ?

Dans un communiqué publié en début d'après midi, Frédéric Bierry, président de la Collectivité européenne d’Alsace écrit que "le match retour passera par la sortie de l’Alsace du Grand Est". "La Ligue Grand Est de football n’a ni entendu ni respecté la demande légitime des clubs et des bénévoles qui s’investissent au quotidien dans la pratique sportive dans les territoires. Une fois de plus, le Grand Est contraint, complique et éloigne" ajoute-t-il, "c’est l’illustration de la raison pour laquelle il faut que l’Alsace sorte du Grand Est afin de respecter la volonté des habitants et des acteurs de notre territoire. Un mariage contraint ne peut pas être heureux. Quand la majorité des clubs d’un territoire ont une aspiration aussi forte, le match ne peut pas être terminé".

La position des dirigeants du District d’Alsace emmené par Michel Aucourt était clairement annoncée : sortir du giron du Grand Est et retrouver une autonomie. Une action entreprise depuis quatre ans et acté lors d'une consultation organisée le 28 octobre 2023 où les présidents de clubs alsaciens avaient largement plébiscité cette option à 96%. Tous faisaient valoir des arguments avant tout sportifs (longs déplacements, formation, budgets...) même si l'enjeu était également politique. Ce matin, lors d'une prise de parole avant le vote, Michel Aucourt a réaffirmé "qu'il n'était clairement plus possible de travailler ensemble". 

Le processus ne s’arrête pas là

Michel Aucourt, président du District d'Alsace de football

Invité du journal de France 3 Alsace, ce dernier a précisé "qu'avec 38%, c’était prévisible, pas de surprise. Il n’y a pas eu de voix de Lorraine ou de Champagne-Ardenne qui sont venues nous aider. Mais le processus ne s’arrête pas là. La suite, c’est de choisir le bon moment avec mon équipe pour nous présenter devant la Fédération française de football. Le bon sens alsacien, c'est peut-être d'attendre pour avoir le meilleur créneau. Nous restons très confiants". 

Dans un message diffusé sur les réseaux sociaux, Arsène Wenger avait clairement apporté son soutien au District d'Alsace, "pour que l'Alsace retrouve ses terres au niveau du football amateur". Cela n’a pas suffi à faire pencher la balance.

Le vote de ce jour était consultatif. C'est désormais à la Fédération française de football (FFF) de trancher, ce sera le 8 juin, mais il apparaît aujourd'hui que la position alsacienne est très fragilisée. "Il faut que M. Diallo, le président de la FFF accepte le vote de l'assemblée générale d'aujourd'hui".