PMA et loi bioéthique : “mes parents m’ont appris il y a deux ans la date de ma conception”

Les enfants majeurs issus d'une PMA pourront avoir accès à leurs origines. L'article de ce projet de loi sur la bioéthique a été voté mercredi en première lecture à l'assemblée nationale. / © Olivier Bouillon, France 3 Lorraine
Les enfants majeurs issus d'une PMA pourront avoir accès à leurs origines. L'article de ce projet de loi sur la bioéthique a été voté mercredi en première lecture à l'assemblée nationale. / © Olivier Bouillon, France 3 Lorraine

Les députés ont voté mercredi 2 octobre un projet de loi bioéthique permettant aux enfants nés d'une PMA d'avoir accès à leurs origines. Le texte prévoit que les enfants nés d'un don puissent accéder à des données comme l'âge et même à l'identité. Témoignages. 

Par Yves Quemener

Léonie est née il y a 36 ans. D'une procréation médicalement assistée. Elle est donc née du don d'un autre. Elle préfère rester anonyme pour protéger sa famille et notamment son père stérile.  

"J’ai 36 ans et mes parents m’ont appris il y a deux ans la date de ma conception. C'est vrai que c'était présent pendant toutes ces années, mais je ne savais pas quoi, mais il y avait quelque chose qui pesait, qui ne faisait que transpirer dans la relation dans ma famille, avec mes parents."

"C'est mes parents qui ont décidé de me le dire. Ils sont venus me voir en disant qu'ils avait quelque chose à me dire. On est à la maison.  Ils sentaient peut-être que je n’allais pas bien. Et puis quand il me l'on dit ce fut un soulagement. Maintenant ça va mieux, ça permet de comprendre beaucoup de choses."

"C'est une belle histoire tout ça. C'est l'histoire d'amour de mes parents qui ne pouvait pas avoir d’enfants et d'une personne qui nous a aidé à en avoir un en donnant son sperme et je me suis dit mais pourquoi ?" 

Il est donc important de retrouver cette personne ?  "Pour comprendre pourquoi ça reste un secret, pour savoir qui il est. Je voudrais savoir si je lui ressemble, peut-être, peut-être pas. Je ne sais pas. J’ai besoin de savoir. Un secret c’était déjà lourd et là qu'on me l'interdise !"

Le témoignage de Joseph

Joseph à 63 ans. Il fait partie d'une association PMAnonyme qui regroupe 250 personnes conçues par don de gamètes. De son mariage il a eu trois enfants. Et 7 petits-enfants. C'est en 1984 à la naissance de son dernier qu'on lui a proposé de devenir donneur de gamètes, donneur de sperme.  

"Nous avons été sollicités mon épouse et moi par un médecin de la maternité de Nancy qui nous a expliqué qu'il rencontrait beaucoup de difficultés à satisfaire les couples en attente de dons, les couples confrontés à des problèmes de stérilité. Il a demandé si notre couple serait d’accord pour aider d’autres couples en difficulté il nous a semblé tout naturel de répondre favorablement."

Vous, si des enfants se présentaient chez vous et demandaient à vous rencontrer, qu’est-ce que vous feriez ?
"A priori je serai favorable à une rencontre. Tout le monde ne le souhaite pas. Certaines personnes ont simplement besoin de mettre un nom, une région, un visage sur cette partie qui leur manque. En 2019 je pense que toute la société a fini par admettre qu'il y avait un problème, qu'il fallait revenir sur l'anonymat à perpétuité."

Témoignages recueillis par Thierry Gelhaye et Olivier Bouillon, journalistes à France 3 Lorraine.

A lire aussi

Sur le même sujet

Elevage visons de Spincourt -Meuse

Les + Lus