VIDEO. Une brigade fixe de gendarmerie à Einville-au-Jard en 2024 : "on aurait préféré un médecin"

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Une gendarmerie s'installera à Einville-au-Jard au premier semestre 2024, conformément aux déclarations du président Macron ©Emmanuel Bouard/Léo Didier-Kelner/France 3 Lorraine

La commune de Meurthe-et-Moselle devrait accueillir au premier semestre 2024 une nouvelle gendarmerie. Cette annonce est vécue comme une bonne nouvelle par les habitants, qui se sentent rassurés par l’arrivée prochaine des dix militaires. Le maire de la commune, Patrick Villeman, s’est très fortement mobilisé pour les faire venir.

Il ne cache pas sa satisfaction. Grand sourire aux lèvres, le maire de la commune entame avec nous une tournée des commerçants d’Einville-au-Jard pour leur annoncer la bonne nouvelle. Dès 2024, les gendarmes seront à demeure dans son gros village de 1100 habitants : "dès novembre 2022, on a monté le dossier. On a trouvé quatre terrains possibles pour les accueillir, et les autorités en ont retenu deux. Quand le préfet m’a appelé pour me dire qu’on était choisi, j’étais vraiment satisfait".

Patrick Villeman nous amène devant l’ancienne perception, fermée il y a quatre ans. La gendarmerie y prendra ses quartiers provisoirement, avant d’entamer la construction d’une caserne toute neuve, mais on ne saura pas où : "si on le révèle, les propriétaires des terrains que l’on souhaite acquérir risquent de se montrer plus gourmands".

Juste en face se trouve l’officine de Valérie Peltre. La pharmacienne voit d’un bon œil l’arrivée des gendarmes : "c’est rassurant, même si c’est plutôt calme ici… c’est vrai que quand je ferme le soir, je suis la seule dans la rue". Patrick Villeman nous raconte que la supérette située à quelques dizaines de mètres a été braquée une fois il y a quelques années, à la fermeture. Mais sinon, c’est effectivement calme.

Cet étonnant paradoxe semble partagé : les habitants que l’on croise sont rassurés par l’arrivée des "Bleus", mais reconnaissent que la bourgade est tranquille, et l’insécurité inexistante ou presque. Certains évoquent une hausse de la délinquance ici aussi, mais sont incapables de citer des exemples précis.

Le maire de la commune évoque tout de même une hausse des cambriolages, des incivilités, et surtout des délits routiers. La commune est traversée par la départementale 914 qui relie Lunéville à Château-Salins, et par une dizaine de poids lourds chaque heure. "Votre caméra fait ralentir tout le monde, vous devriez venir plus souvent", taquine Patrick Villeman.

Les gendarmes, outils d'aménagement du territoire ?

L’élu nous confie que la fermeture de la gendarmerie d’Arracourt en 2016, située à quelques kilomètres au nord de sa commune, aurait entrainé une hausse de la petite délinquance. L’arrivée des gendarmes pourrait y mettre un frein, et revigorer la commune : "dix gendarmes et leurs familles, c’est bien pour l’école, le collège, les commerces… ça redonnera un élan démographique, on perd des habitants tous les ans".

La présence d’une gendarmerie serait donc un élément d’aménagement du territoire, un marqueur de son attractivité ? Assurément pour le maire qui détaille les atouts de sa commune située au nord de Lunéville, à une demi-heure à l’est de Nancy : canal, voie verte, entreprises, commerces… mais bientôt plus aucun médecin.

La maison de santé a perdu ses deux titulaires, et le dernier praticien du village prendra sa retraire en 2024 : "on sera obligé d’aller à Lunéville, si on en trouve un", explique Patrick Villeman. Une habitante nous glisse à la sortie de la boulangerie qu’elle n’a rien contre les gendarmes, mais qu’elle aurait préféré que l’État affecte un médecin : "c'est ça notre vraie sécurité au quotidien".