Violences après la mort de Nahel : les habitants des quartiers sont aussi des victimes, des mamans ont protégé l’école de leurs enfants

Cinq jours après la mort de Nahel et les violences nocturnes, subit par plusieurs communes de la région, les habitants, qui sont aussi des victimes, prennent la parole. Certains se sont interposés pour empêcher plus de dégâts.

Cinq jours après la mort de Nahel, et les dégradations commises par des jeunes, les habitants des quartiers, qui sont aussi les victimes de ces actions, sont fatigués. Mais, à plusieurs endroits, ils ont tenté de se mobiliser. Sur le marché du plateau de Haye à Nancy, en Meurthe-et-Moselle, c’est jour de marché, ce dimanche 2 juillet, l’une de nos équipes est allée à la rencontre des habitants, là où la mairie de quartier a totalement brûlé, il y a deux nuits.

"Nous sommes tellement désolés de cette situation", indique un monsieur, qui habite le quartier depuis 1976. "Cela ne nous plaît pas du tout. Brûler la mairie ce n’est rendre service à personne. Je ne vois aucune raison à ces actions. Il y a d’autres façons de manifester sa colère, après le décès de ce jeune de 17 ans. Cela va encore faire monter le racisme pour nous."

Un peu plus loin, un autre habitant s’indigne  : "je ne cautionne en rien les dégradations de ces derniers jours. Il faut aussi dénoncer certains comportements policiers. Je trouve désolant que l’on tire sur un gamin de 17 ans, quelle que soit la raison. C’est aussi à la police de calmer le jeu. Elle est là pour protéger tous les citoyens."

Des mamans ont protégé l’école de leurs enfants, à Metz

Nos confrères du journal Le Parisien ont rencontré à Metz des mamans. Une vingtaine est descendue de l'immeuble pour protéger l’école. «On est resté, jusqu'à 2 heures du matin devant l’école", raconte Barka. "Les casseurs des jeunes de 13 à 17 ans étaient cagoulés, mais ils ne nous ont pas touchées. (…) Ils viennent d’ailleurs. Ils savent qu’ici les mères de famille ne peuvent pas les reconnaître.

"J’ai mal au cœur, c’est notre quartier. La bibliothèque, c’est notre culture à tous" répondait hier un habitant de Borny à notre équipe en tournage sur place. Un autre habitant est choqué : "à quel moment brûler des livres peut changer quelque chose à la situation. On souhaite que la justice fasse son travail, mais on n’avait pas besoin de brûler des livres."