Escargots et limaces au jardin : 15 astuces utiles pour s'en débarrasser

Les conseils et astuces pour vous débarrasser des limaces et autres gastéropodes dans votre jardin ne manquent pas. Vous êtes plutôt coquilles d'œufs ou coupes de bière ? Mais si vous preniez le problème par un autre biais ? C'est ce que vous propose Eric Charton, notre expert des jardins.

La météo changeante de ce printemps 2024 dans tout le Grand Est a fait ressortir les escargots et les limaces de leurs cachettes. Dans les jardins et les forêts, elles s'en donnent à cœur joie. Éric Charton, expert jardinier et animateur d'ateliers nature, nous livre des astuces pour ne plus revoir poindre les antennes gluantes de ces charmants mollusques.

Et comme à son habitude, Eric prend la situation à revers. Si le jardin rencontre un problème, le jardinier recherche tout de suite la parade ; mais Eric voit plus large. 

À quoi sert l'escargot ou la limace ?

Et oui, parce que s'ils sont là, c'est pour une bonne raison. Ils sont indispensables au processus de décomposition des éléments. Ils se nourrissent des plantes qui se décompensent et jouent donc un rôle nécessaire dans la chaine alimentaire et le cycle de régénération de la nature. Sans eux, le compost se décompose moins bien, sans elles, la forêt n'aurait plus le même cycle. 

Pourquoi il y a beaucoup d'escargots en ce moment ?

L'abondance de pluie dans nos contrées de l'est a profité aux plantes et ainsi qu'aux nappes phréatiques pour une fois. Les pluies étant tombées avant la pousse des plantes. Une bonne nouvelle.

L'alternance des périodes soleil puis pluie est favorable aux plantes. Le festin royal s'offre à toutes les petites bêtes du jardin.

Qui sont les victimes des voraces limaces ?

La première chose à savoir, c'est que l'amie limace est friande de plantes stressées. Tout comme son cousin à coquille, elle s'attaque en priorité aux plus faibles. Alors, le jardinier doit savoir reconnaître les faiblesses de ses plants. Et contrairement à certaines idées reçues, ce ne sont pas nécessairement les jeunes plants qui les attirent. Ils dévorent tout ce qu'il est possible de grignoter dans le jardin, avec une prédilection pour toute la famille des choux. 

Je vous entends déjà me demander "mais c'est quoi une plante stressée" ? Eric explique que c'est par exemple une plante en fin de vie, cela paraît logique. Mais c'est également une jeune plante qui souffre de quelque chose. Un manque d'eau, un coup de chaleur ou de froid ou encore toutes les plantes achetées en minimottes ou en godets, qui sont fragilisées au moment de leur transplantation en pleine terre. C'est la phase la plus délicate. Et les escargots ne s'y trompent pas et viennent y faire grande ripaille, aux dépens du jardinier.

Astuce numéro 1 :

S'ils sont en nombre raisonnable dans votre jardin, il n'est peut-être pas utile de vouloir s'en débarrasser à tout prix. Comme dit plus haut, ils sont très utiles au compost alors, vous pouvez choisir de les cueillir pour les déposer dans votre composteur. Vous transformez ainsi votre envahisseur en allié.

Astuce numéro 2 :

Mais ils savent aussi éviter certaines plantes. Les plus fortes. Alors vous allez me dire "c'est quoi une plante forte" ? Eric vous répond que ce sont les re-semis naturels. Laissez monter en graines un de vos pieds de salades par exemple. Vous pourrez constater que les graines qui se re-sèmeront d'elles-mêmes produiront des salades qui ne seront pas attaquées par les limaces. La plante s'est fortifiée.

Astuce numéro 3 (qui découle de l'astuce numéro 2) : 

N'hésitez pas à sacrifier un espace de votre jardin aux envahisseurs. Laissez un coin en friches, avec des plantes qui se ressèment, avec, pourquoi pas, quelques plants de choux que vous laissez en place, tant que vous n'avez pas besoin de l'espace. C'est ce qu'Eric fait chez lui. Surtout, laissez fleurir les choux pour qu'ils se ressèment. Escargots et limaces feront leurs choux gras des plants de choux que vous leur mettez à disposition.

Astuce numéro 4 (plutôt contre-intuitive) :

Lorsque vous plantez vos jeunes plants, évitez de pailler directement la terre. Laissez la terre à nu -ce qui est déconseillé en général- juste le temps que les plantes se développent. Car le paillis est un refuge pour les limaçons et donc les plantes à proximité sont des véritables buffets à volonté pour eux. Une fois la plante développée, s'étant remise de son stress "plantationnel" (ne cherchez pas, le mot n'existe pas, mais je l'ai trouvé ad hoc), il sera temps de pailler le potager.

Astuce numéro 5 (dite du Mac'GyvEric) :

Avant de repiquer vos jeunes plants en mottes, laisse-les reposer au moins trois heures dans de l'eau. Les jeunes plants de salades vont se requinquer et sauront affronter la transplantation sans stress. Ameublissez bien la terre dans le trou d'environ 30 cm que vous aurez creusé au préalable. Cela aidera les racines à se placer correctement dans une terre souple. 

D'autre part, récupérez des pots en plastique, comme des gros pots de crème ou de fromage blanc et coupez-en les fonds. Placez les tubes cylindriques ainsi obtenus autour de vos jeunes pieds et enfoncez-les légèrement dans la terre afin de les stabiliser. Ce tube constitue une barrière physique autour de vos plants et si jamais un escargot tente de la gravir, vous aurez tout le temps de vous en apercevoir. 

Si vos convictions vous le permettent, vous pouvez ajouter environ 10 granules de tue-limace autorisé en agriculture biologique. 

Une fois la plante solide, retirez le pot, mettez-le à l'abri pour le réutiliser l'an prochain.

Astuce numéro 6 (spécifique aux courges) :

Eric Charton aime la "récup" et promeut le non-achat. Pour les courges, il vous suggère de récupérer des bouteilles en plastique vides. Attention, cela peut paraître évident, mais il est toujours utile de le rappeler, uniquement des bouteilles transparentes. Avec les bouteilles opaques de lait, cela le fera moins bien (vous percevez l'ironie ?).

Coupez le fond de la bouteille transparente. Faites vos semis directement en pleine terre et recouvrez chaque graine ou groupe de graines par le haut de la bouteille découpée, solidement enfoncée dans le sol. Protection absolue. Mais attention ! Gare au soleil et à la chaleur. Il faudra penser à ôter ces bouteilles plastique sinon vos jeunes plants risquent de cramer. Précision utile : choisissez les bouteilles les plus larges. 

Astuce numéro 7 (dite du grand-père) :

C'est l'astuce phare des réseaux sociaux. Qui se décline en trois versions : les aiguilles de pin, les cendres de bois et les coquilles d'œufs pilées. Bien que très tendance, cette formule est bien moins efficace que les précédentes. Elle ne sert qu'à ralentir les mollusques qui n'aiment pas traverser ce type de barrière. Mais c'est mal connaître l'escargot affamé ! il surmontera l'épreuve tel un candidat de Koh Lanta. 

Le principe malgré tout, si cette astuce vous convient, c'est de disposer une sorte de ligne tout autour de votre parcelle potagère, pas autour de chaque plant. Vérifiez bien en revanche qu'il ne reste pas un intrus à l'intérieur de la frontière ainsi tracée. Vous pouvez choisir soit les coquilles d'œufs pilées, soit les cendres, soit les aiguilles de pin, soit un mélange de ces trois matières. Pour les cendres de bois, l'opération sera à renouveler après chaque pluie. 

Astuce numéro 8 (dite de la grand-mère) : 

Avec les fonds de bouteilles en plastique que vous avez découpées pour l'astuce numéro 6, vous pouvez également tendre des pièges aux limaces. En plus d'avoir faim, elles ont aussi soif. Faites un trou de profondeur égale à vos fonds de bouteilles et insérer ces fonds dans le sol à proximité de vos plants à protéger. Remplissez vos fonds de bouteilles de bière. Les escargots assoiffés viendront s'y plonger et probablement s'y noyer. 

Astuce numéro 9 :

Quand vos plants sont suffisamment fortifiés donc déstressés, paillez votre sol.  Dans le paillis, des prédateurs aux gastéropodes vont s'installer et travailler pour vous. Les insectes auxiliaires tels que les carabes, dont font partie les scarabées et les staphylins comme les coccinelles et les gendarmes vont faire la police et arrêter les mollusques. En réalité, ils mangent les œufs, pas les adultes. D'autres auxiliaires peuvent également apporter leur soutien : les hérissons, les musaraignes et même les crapauds. Donc n'hésitez pas à leur créer abris et refuges.

Astuce numéro 10 (pour les semis) : 

Vous pouvez tout simplement placer vos semis en hauteur sur une table à semis. Vous pouvez d'ailleurs la confectionner vous-même à partir de trois palettes récupérées et assemblées en "u" renversé et deux bouts de planches pour stabiliser la table, ainsi créée.

Astuce numéro 11 (qui découle de l'astuce numéro 1) : 

Comme il est expliqué en astuce numéro 1, les mollusques sont un élément essentiel à la chaine de décomposition des végétaux. Ils sont particulièrement utiles dans votre composteur. Il suffit de placer le composteur le plus loin possible de votre potager et d'aller y jeter les intrus. Ils vont tellement s'y plaire qu'ils ne chercheront pas à retrouver le long chemin de vos plantations. 

Astuces numéro 12 : 

Vous pouvez aussi trouver des pots à rebords courbés. Les limaces ne sont pas capables de se plier pour contourner le rebord (mais les escargots oui). Une moitié des envahisseurs est ainsi bloquée.

Astuce numéro 13 : 

Installez des planches passe-pieds entre vos lignes de plantations. Elles vont vite être colonisées par nos petits limaçons et il vous suffit ensuite d'aller déposer vos planches dans le poulailler du voisin, ou d'aller les débarrasser de leurs habitants loin de votre jardin. Opération à recommencer maintes fois, cependant. 

Astuce numéro 14 : 

Attention aux carrés potagers. Ces petits carrés entourés de planches sont des nids à limaces. Elles adorent s'y réfugier. Si vraiment, vous adorez l'esthétique médiévale de ces jardinets, préférez les modèles très hauts de plus de 50cm. 

Astuce numéro 15 : 

Il vous reste l'huile de coude. Prenez un seau et une petite pelle, attrappez les tous (ça ne vous rappelle rien ?) et allez vider votre seau quelques centaines de mètres plus loin. Renouveler l'opération chaque soir et chaque matin jusqu'à disparition totale. C'est peut-être la version la plus facile à mettre en place. 

Bonus supplémentaire radical à n'utiliser qu'en tout dernier recours :

Une dernière méthode, terrible, pour les jardiniers très très en colère et surtout à cours de méthodes douces. Le bicarabonate de soude. Aucune limace n'y survivra. A n'utiliser donc qu'en dernier recours. En laissant des espaces de sureté pour les gastéropodes. 

Article initialement publié en mai 2023