A31 bis avec tunnel, l’option confirmée par Clément Beaune, le ministre des Transports

Le ministre des Transports, Clément Beaune, a officiellement confirmé l'option du tunnel pour le projet de l'A31 bis, un axe de 115 km visant à soulager la congestion de l'autoroute A31 entre Nancy et le Luxembourg. L'annonce a été faite lors de la séance plénière du Conseil Régional à Metz ce 15 décembre.

L'A31 bis deviendra une réalité. Cet axe de 115 km, imaginé entre le péage de Gye près de Toul en Meurthe-et-Moselle et le Luxembourg pour délester l'autoroute A31, est un projet controversé depuis de nombreuses années.

Ce vendredi 15 décembre, Clément Beaune, le ministre délégué chargé des Transports, était à Metz pour assister à la séance plénière du Conseil régional et a confirmé le lancement du chantier : "C'est attendu et débattu. On a une telle congestion, un tel besoin de mobilité pour les frontaliers qu'on ne pouvait pas faire autrement. C'est la solution avec le tunnel qui a été retenue. Elle permet de limiter, et c’était mon souhait, les impacts sur l’environnement. On lancera les opérations administratives et procédurales dès le début de l’année 2024. Ceci n'empêche pas de renforcer nos investissements dans les transports publics et les transports collectifs".

C'est en effet la variante dite F4 qui a été retenue. Un tunnel d'une longueur de 2,2 kilomètres  permet de traverser Florange selon la préfecture. Sur l’A31 bis, le ministre Clément Beaune a évoqué l’idée d’un péage. "Il y aura un péage. Il y aura des discussions."

De son côté, le président du conseil régional, Franck Leroy estime que : "Cela va permettre de régler le problème de manière écologique. C’est le choix du tunnel profond qui aura peu d’impact sur l’environnement. C’est la garantie pour 120.000 usagers aujourd’hui, 150.000 demain, de pouvoir circuler, de manière plus fluide, et plus sûre sur cette infrastructure stratégique."

Des opposants en colère 

Ce soir les réactions ne manquent pas. Dans un communiqué, les Écologistes Grand Est par la voix de Eliane Romani, co-présidente du groupe fustige : “Nous regrettons qu’aucune solution alternative n’ait été retenue parmi nos nombreuses propositions : la réouverture de la ligne Fontoy-Belval, la création d’une gare d’interconnexion à Vandières, l’augmentation des lignes de bus entre la Lorraine et le Luxembourg, le développement du covoiturage et de l’autopartage, le développement du télétravail pour les travailleurs transfrontaliers

Pour Charlotte Leduc, députée LFI-NUPES de Moselle : "ce projet est d’inutilité publique, il est même l’un des nombreux Grand Projets Inutiles Imposés (GPII) que le gouvernement pousse contre toute logique écologique, sociale et démocratique." Elle appelle à une participation massive à l’enquête publique qui s’ouvrira prochainement : "faisons entendre à l’État que l’A31 bis, nous n’en voulons pas !"

Laurent Jacobelli, député de la Moselle et porte-parole du Rassemblement national indique, lui : "non seulement le ministre entérine un projet de contournement autoroutier coûteux et inutile, mais en plus, il a choisi de rendre l'usage de l'autoroute payant. Pour emprunter l’A31 bis, il faudra débourser 8 euros par jour… ce qui revient à faire les poches aux travailleurs transfrontaliers ! Alors que le coût du carburant explose, qui va payer aussi cher pour gagner quelques minutes à peine sur son trajet ? Les usagers vont se détourner de l'autoroute pour emprunter les routes secondaires et engorger les villes et villages, notamment à la frontière luxembourgeoise".

À noter également la trentaine de citoyens opposés au projet qui s’était réunie aux abords du Conseil régional ce matin. Pour eux, ce projet a toujours été une aberration, en particulier pour l’environnement, comme l'a expliqué l'une des personnes présentes à notre collègue Valentin Piovesan : "Nous n’en voulons pas. C'est du racket pour les automobilistes.

Le béton, c’est mortel. C’est un déni de démocratie. Dans l’enquête publique, beaucoup de contributions expliquent de manière factuelle que c’est une aberration. Personne n’en veut."

2,1 milliards d'euros pour le plan État Région (2023-2027)

Le ministre Clément Beaune a signé avec le président Franck Leroy un protocole d'accord concernant le contrat de plan État Région (2023-2027), doté d'une enveloppe budgétaire de 2,1 milliards d'euros. Ce contrat est principalement consacré aux enjeux de mobilités et de transports. "Ce que nous avons signé, ce n’est pas la A31 bis, ce sont 2,1 milliards d’euros pour les transports", a expliqué Clément Beaune.

 "85 % concernent le transport décarboné. C’est cela que je retiens de cet engagement collectif avec la Région et les élus."

Nancy - Lyon : le retour de la liaison SNCF

Le président Franck Leroy a, également, évoqué la ligne Nancy/Lyon, qui avait été stoppée par la SNCF en raison de travaux, mais qui n’a jamais repris. "La SNCF a stoppé la desserte Nancy Lyon qui était importante. Avec des élus, nous étions en gare de Nancy pour exiger la reprise de cette ligne.

Aujourd’hui, on a la certitude qu’elle va reprendre avec deux régimes différenciés entre 2024 et 2029. L'État va mettre plus de 50 % de l’addition et la région 25 %, et d'autres collectivités sont sollicitées pour participer. En 2029, cette ligne deviendra une ligne d’équilibre du territoire et sera donc entièrement financée par l’État."