Parc photovoltaïque en forêt de Mercy : les opposants n'en veulent toujours pas, malgré un projet revu à la baisse

Le collectif Sauvons la forêt de Mercy s’est réuni, ce lundi 11 décembre 2023, pour examiner la nouvelle proposition de l'Eurométropole de Metz concernant un projet de parc photovoltaïque en forêt de Mercy. L’opposition reste ferme chez les militants, malgré un projet revu à la baisse.

Aucune concession ne doit être faite pour les militants du collectif Sauvons la forêt de Mercy. L’installation d’un projet de parc photovoltaïque sur cet ancien site militaire, situé sur les communes d'Ars-Laquenexy et de Jury (Moselle), oppose ce collectif composé de plus d'une quarantaine d'associations et l'Eurométropole de Metz.

Après de longues concertations et discussions, la collectivité mosellane a revu son projet. La surface de ce parc photovoltaïque, initialement prévu sur 60 ha, a été diminuée à 10,5 ha. "La réalisation des études d'impact sur le milieu naturel, la faune et la flore, a conduit à retenir une assiette foncière plus restreinte, totalement compatible avec la préservation et le développement de la biodiversité. Ce choix est bien celui que les élus de l'Eurométropole de Metz avaient annoncé : une approche sans dogmatisme ni idée préconçue. C'est le travail technique et l'analyse des études qui a conduit à définir ce périmètre de 10,5 ha, et non les pressions et coups de force que certaines associations ont orchestré", précise l'Eurométropole de Metz dans un communiqué.

On n'a pas l'intention de baisser les bras

Un membre du collectif Sauvons la forêt de Mercy

Une annonce qui ne satisfait pas le collectif Sauvons la forêt de Mercy, pour qui la bataille continue. "On n'a pas l'intention de baisser les bras. On représente plusieurs associations environnementales, des syndicats et des partis politiques… Nous aimerions que le projet soit abandonné complètement", explique un membre présent à la réunion ce lundi 11 décembre 2023.

Le noyau du collectif s’est réuni pour décider de la suite des actions. Leur décision est ferme, nous explique la branche environnement de la CGT Moselle, qui fait partie des opposants au projet. "La métropole commence à entendre enfin la voix des associations. Mais la CGT Moselle réaffirme son opposition sur le projet de parc photovoltaïque et ces 10.5 ha. On est en zone naturelle d’intérêt écologique forestier et floristique. Même sur 10 ha et demi, la présence de dizaine d’espèces protégées est avérée. C’est une zone humide. L’intégralité de l’espace doit être protégée", affirme Delphine Spitz, membre de l'union locale de la CGT.

Le site en forêt de Mercy, qui appartient au ministère de la Défense, présente un sous-sol abîmé par l'activité militaire. Mais en surface, la nature a repris ses droits. Pour le collectif, c'est une forêt en libre évolution, pour la collectivité, c'est une friche. " L’UEM (Usine d'électricité de Metz) portera le parc photovoltaïque de 18 000 panneaux, sur une emprise de 10,5 ha située sur le ban de la commune d’Ars-Laquenexy. Ce projet répondra aux objectifs du Plan Climat Air Energie Territorial", précise aussi le communiqué de l'Eurométropole. Le parc photovoltaïque sera "posé soit sur longrines sur zones déjà artificialisées, soit sur pieux sur zones non artificialisées", et sera démontable après exploitation. Il devrait permettre de produire l'équivalent de la consommation d'électricité de 3 000 foyers par an.

Une zone naturelle "sacralisée" 

"Sur le reste de la friche, soit près de 140 ha, l’Eurométropole s’engage à sacraliser un réservoir de biodiversité et de préservation de l’environnement, en se portant acquéreuse du foncier, auprès du ministère de la Défense", détaille la collectivité. 

Le combat des militants repose notamment sur des études scientifiques comme l'étude d'impact environnemental réalisé en avril 2023 par l'Atelier des territoires. Elle présente cet espace comme une forêt à très haute biodiversité avec un gros potentiel.

"Nous sommes ravis que 140 ha vont être mis en protection, mais on reste opposé à ce qu'il puisse y avoir des panneaux photovoltaïques sur une zone humide fonctionnelle. C'est inacceptable d'un point de vue environnemental ", précise Maïté Muscat, co-présidente de Lorraine Nature Environnement. "Ce réservoir de biodiversité confortera la préservation des zones humides", répond l'Eurométropole.

"Ce PLUI a 30 ans de retard, il est hyperconsommateur de foncier. Il bafoue les grands principes de sobriété actuellement. Il est tout simplement destructeur", ajoute Delphine Spitz de la CGT Moselle.

Pour les militants, le combat doit continuer avec une démarche globale. Des recours juridiques sont en réflexion et d'autres manifestations devraient avoir lieu. De son côté, l'Eurométropole de Metz propose aux associations écologistes de les associer à la mise en place du plan de gestion conservatoire de la zone concernée.