Uckange: tournage d'un téléfilm policier sur fond des luttes des sidérurgistes lorrains en 1979

Le tournage s'est également déroulé au haut-fourneau U4 à Uckange. / © Guillaume Robin. France3 Lorraine
Le tournage s'est également déroulé au haut-fourneau U4 à Uckange. / © Guillaume Robin. France3 Lorraine

Le site classé du haut-fourneau U4 à Uckange (Moselle) accueille depuis ce lundi 2 décembre le tournage d'une fiction "les Ondes du souvenir". L'enquête policière remonte le temps, sur fond de manifestations des sidérurgistes de Longwy en 1979, en lutte contre la liquidation de leurs usines.

 

Par Eric Molodtzoff

Ce lundi 2 décembre 2019, le haut-fourneau U4 à Uckange -classé au patrimoine des monuments historiques- prête sa colossale silhouette au tournage du téléfilm policier "les Ondes du souvenir".
L'ancien site industriel mosellan est le point de départ de l'intrigue. En explorant les lieux, des jeunes découvrent les restes d'un ouvrier disparu 40 ans plus tôt lors des grandes manifestations contre la liquidation de la sidérurgie dans le bassin de Longwy.

Uckange. Haut-fourneau U4 classé. lundi 2 décembre 2019 / © Guillaume Robin France3 Lorraine
Uckange. Haut-fourneau U4 classé. lundi 2 décembre 2019 / © Guillaume Robin France3 Lorraine

Cold case lorrain

Partie d’Uckange l'enquête va remonter 40 kilomètres plus au nord jusqu'à l'ancien bassin sidérurgique de Longwy surnommé à la grande époque du fer "Le Texas français". Jeudi 21 novembre, la réalisatrice Sylvie Ayme a posé sa caméra dans différents lieux emblématiques des luttes des sidérurgistes en 1979. Cette année-là, la capitale du fer est le théâtre de violentes manifestations ouvrières.

Une scène cruciale se passe à Herserange, au relais de télévision du bois de Châ occupé par les sidérurgistes. Maîtres des lieux, ils diffusèrent des émissions pirates pour appeler à la résistance contre la liquidation de leurs usines. 40 années se sont écoulées depuis ces évènements lorsqu'un pendu est découvert sur le site, prélude à une série d'assassinats.

Lorraine cœur d’acier et de rouille

L’intrigue se déroule avec en toile de fond "les évènements de Longwy", emblématiques des grandes luttes ouvrières de la fin des années 70, mais aussi  à travers l’aventure de la radio de lutte de la CGT "Lorraine Cœur d’acier". Défiant l’Etat et son monopole des ondes, elle fût l’instrument de la libération de la parole pour toute une population décidée à résister.
La radio libre cristallisa aussi beaucoup d’amertume suite à la façon dont elle fût elle aussi liquidée.
Le casting regroupe 22 acteurs parmi lesquels Gaëlle Bona et Lionel Astier. 180 figurants et 30 techniciens participent à la réalisation de ce téléfilm produit par Delphine Wautier. La diffusion sur France3 est prévue pour octobre 2020.
 

"Lorraine Coeur d'Acier" : la parole libérée

Lancée à l’initiative de la CGT, "Lorraine Cœur d’Acier" était animée par les journalistes Marcel Trillat et Jacques Dupont.
l’Etat ne put jamais la faire taire. A chaque tentative d'évacuation par les CRS, des milliers de personnes venaient protéger la radio.
Sa particularité résidait dans son ouverture à l’ensemble de la population et à toutes les sensibilités sauf l’extrême-droite. Pour les fondateurs de la radio, le racisme n’est pas une opinion c’est un délit.  
A l'été 1980, les nouveaux dirigeants de la CGT évincent les deux journalistes et modifient le contenu des programmes. A la veille de l'élection présidentielle, elle devient un pur organe de propagande de la CGT et du parti communiste. La radio perd de son influence et finit par être évacuée par les CRS début 1981.
 

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