Un couvreur sur le toit du monde : un artisan mosellan s’apprête à gravir l'Everest

Il s’envole le 1er avril 2021 pour accomplir le rêve de tout alpiniste : gravir l’Everest. Jonathan Kubler, couvreur à Montigny-lès-Metz, passe ses journées sur les toits. Il veut affronter le toit du monde. Pour boucler son budget et aider les sherpas au Népal, il a lancé une cagnotte en ligne.

Bientôt sur le toit du monde.
Bientôt sur le toit du monde. © Jonathan Kubler

Il nous répond depuis les Alpes où il entame la dernière ligne droite de sa préparation physique. Randonnée, trail, ski tous les jours "en essayant de ne pas se blesser". Jonathan Kubler, artisan couvreur mosellan de 43 ans, décollera le 1er avril 2021 pour le toit du monde, l’Everest.

Jonathan se présente sur les réseaux sociaux sous le pseudo de John Horn, un hommage à l’aventurier Mike Horn. Pour boucler le budget de plus de 40.000 euros de l’expédition, il a fait appel à des entreprises locales qui le sponsorisent et a lancé une cagnotte en ligne. Il a déjà a son actif des sommets en France, en Suisse ou en Italie et l’ascension de l'Island Peak, à 6.189 mètres d'altitude au Népal. Mais c’est dans les Vosges que sa passion est née, tout petit. "J’ai toujours connu la montagne du côté de chez nous gamin et j’ai toujours été attiré par la rando et l’alpinisme. Quand vous y goûtez, vous l’adoptez. Ensuite, c’est toujours plus loin, toujours plus haut."

 

"Toujours plus loin, toujours plus haut"
"Toujours plus loin, toujours plus haut" © Jonathan Kubler

 

Une ascension par paliers

Le Mont blanc, c’est bien mais l’Himalaya et ses 8.848 d’altitude, c’est une autre histoire. Il part avec une agence népalaise spécialisée qui emmènera dix personnes dont trois français dans une aventure de deux mois.

"Il y a une semaine de treck pour rejoindre le camp de base. Ensuite on fera des allers-retours pendant trois semaines vers les quatre camps d’altitude pour s’acclimater au manque d’oxygène. C’est un peu comme les paliers de décompression en plongée. Puis la montée au sommet prendra cinq à six jours."

"A un moment donné, c’est le mental qui doit prendre le dessus. Il faut avoir le goût d’en baver"

Jonathan Kubler, couvreur et alpiniste

Jonathan compte verser une partie de sa cagnotte à des associations au Népal ou aux sherpas. "C’est important d’y aller avec des guides locaux. C’est un des pays les plus pauvres du monde et entre le tremblement de terre et la baisse du tourisme à cause du Covid, ils ont perdus une grosse partie de leurs revenus ces dernières années."

 

 

 Manque de main d’œuvre

L’altitude, Jonathan la pratique au quotidien dans son entreprise de toiture de Montigny-lès-Metz. C’est pour cela qu’il a baptisé son projet "un couvreur sur le toit du monde". Un métier dans lequel il trouve des points communs avec l’alpinisme. "C’est un métier physique avec de la prise de risque. En montagne ou sur un toit, vous avez une sensation de bien-être. On se sent un peu comme un oiseau. Et puis on ne vient pas trop vous embêter sur un toit!"

 

 

Il voudrait que son aventure serve aussi à valoriser sa profession, confrontée à une pénurie de main d’œuvre chronique. Ses collègues et salariés ont d’ailleurs joué le jeu en participant à un calendrier sexy, vendu chez les commerçants de Metz au profit de l’expédition.

 

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