Prime covoiturage : pas de quoi désengorger l'A31 et séduire les travailleurs frontaliers

Les conducteurs qui se lanceront dans le covoiturage en 2023 recevront une prime de 100 euros. C'est l'une des trois mesures phares, en faveur de l'écomobilité, annoncées par le gouvernement français ce mardi 13 décembre 2022. Une initiative saluée par les associations de travailleurs frontaliers mais jugée insuffisante pour régler les problématiques locales de transport.

"100 euros, ce n'est pas suffisamment incitatif !" Pour Philippe Manenti, le président du Comité de Défense et d'Initiative des Frontaliers au Luxembourg (CDIFL), "le covoiturage existe déjà, il faut l’amplifier, certes, mais il faut surtout l'associer à d'autres solutions en incitant, par exemple, les grosses entreprises luxembourgeoises à organiser le transport de son personnel comme cela se fait dans le bâtiment."

Autrement dit, le plan covoiturage qui vient d'être annoncé ce mardi 13 décembre 2022 par le gouvernement est une bonne chose en terme d'écomobilité, mais l'urgence pour les travailleurs frontaliers mosellans, c'est surtout de fluidifier la circulation sur l'axe Metz / Luxembourg. Et là, clairement, le compte n'y est pas.

Avec en 2021, 104.720 travailleurs (Source : Observatoire Interrégional du marché de l’Emploi) qui franchissent chaque jour la frontière vers le Grand-Duché, "il y a des solutions à chercher car le projet d’A31 bis est très controversé et là on arrive à saturation complète du réseau routier." Catherine Croisille, chargée d’études à l'association "Frontaliers Grand Est" estime "qu'encourager le covoiturage peut donc être une bonne chose. Mais pour les salariés qui ont des horaires différents, ce n’est pas évident. Attendre une personne pour rentrer le soir, par exemple, c’est assez pesant au quotidien."

Le covoiturage c’est bon pour la planète et pour le pouvoir d’achat. 

Le constat est amer. Faute de membres, les plateformes locales de covoiturage ne résistent jamais plus de deux ou trois ans. Le gouvernement entend donc donner un nouveau coup d'accélérateur à cette pratique qui limite embouteillages et pollution. Elle semble en progression en France, mais est encore loin d’atteindre les chiffres d’autres pays européens, comme en Allemagne où la fibre écolo est plus développée. "C’est culturel, nous confie Catherine Croissille, pour aller à Sarrebruck par exemple, les transports en commun ne sont pas du tout pratiques et il n’y a pas d’embouteillages." Certes, mais les travailleurs frontaliers ne sont que 12.900 à se rendre quotidiennement en Allemagne.

Peut-être seront-ils plus intéressés par cette prime de 100 euros reversée par les plateformes de covoiturage ? Une prime qui pourra prendre la forme de bons d'achats et qui fera l'objet d’un versement progressif : une première partie au premier covoiturage (25 € minimum) et le reste au dixième covoiturage, dans un délai de trois mois à compter de son premier covoiturage. 

L'objectif du gouvernement est de passer de 900.000 trajets mensuels aujourd'hui à trois millions dans quelques années. Alors que 50 millions de sièges vides circulent chaque jour, tripler le nombre de covoitureurs permettrait d'éviter 4,5 millions de tonnes de CO2 par an, selon le ministère des Transports.

Un site internet national dédié aux covoitureurs sera ouvert :  covoiturage.ecologie.gouv.fr 

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