Environnement : les pelleteuses de la discorde dans le Pays-Haut

L’arrivée des premiers engins de chantier a relancé le débat sur l’opportunité d’aménager une carrière pour la production de calcaire entre Audun-le-Tiche, Aumetz et Villerupt. Promoteurs et adversaires du projet se livrent à une lutte sans merci.

"On parle beaucoup d’écologie, mais ce projet va totalement à l’encontre de ces préoccupations environnementales" Pierrick Spizak, maire de Villerupt
"On parle beaucoup d’écologie, mais ce projet va totalement à l’encontre de ces préoccupations environnementales" Pierrick Spizak, maire de Villerupt © Viviane Fattorelli

Depuis plusieurs années, la bataille fait rage entre ceux qui sont favorables au projet de carrière et ceux qui y sont farouchement opposés. Disons le tout de suite, les opposants font plus de bruit que les défenseurs du projet qui se montrent somme toute assez discrets.

Les adversaires de la carrière ont rapidement repéré le retour des tractopelles le long de la Départementale 16 en début de semaine dernière. Il y a neuf mois, des engins de chantier avaient déjà pris possession des lieux mais n’étaient restés que quelques jours. Ce qui avait aussitôt poussé les opposants dans la rue avec à la clef des blocages et des manifestations à l’entrée du site.
 

Le retour des engins de chantier est une véritable provocation
- Viviane Fattorelli, (Audun autrement)


Au début de l’année 2020, le dossier de la carrière s’était invité dans la campagne des municipales. "Le retour des engins de chantier est une véritable provocation" pour Viviane Fattorelli (Divers Gauche) arrivée en première position du premier tour de l’élection en mars dernier à Audun-le-Tiche. La tête de liste de "Audun autrement" s’étonne du timing du début des travaux juste après le déconfinement et entre deux tours de scrutin. "Si je suis élue maire, je mettrai tout en oeuvre pour contrecarrer ce projet."
 

Inquiétudes environnementales


Même son de cloche du côté du nouveau maire de Villerupt, Pierrick Spizak, qui comme son prédécesseur Alain Casoni est un fervent adversaire de la carrière. Un élu qui s’inquiète ouvertement des conséquences environnementales d’un tel projet. "On parle beaucoup d’écologie, mais ce projet va totalement à l’encontre de ces préoccupations environnementales. Notre crainte c’est qu’à terme, cette carrière devienne la poubelle du Luxembourg tout proche et que les déchets de chantiers de nos voisins finissent dans cette carrière". Pollution sonore, risque d’effondrement de galeries souterraines ou encore incidence sur la nappe phréatique, les inquiétudes des opposants sont nombreuses.
 

Notre crainte c’est qu’à terme, cette carrière devienne la poubelle du Luxembourg tout proche
- Pierrick Spizak, maire de Villerupt


La société des Carrières de l’Est qui porte le projet dénonce un mauvais procès. Pour l’entreprise, une chose est sûre, l’implantation de cette carrière est stratégique et répond à un véritable besoin. Des carrières de ce type sont nécessaires pour la fabrication de béton et d’enrobés utilisés pour réaliser bon nombre de projets d’infrastructures.

Actuellement, les recours déposés par les opposants devant la cour d’appel de Nancy n’étant pas suspensifs, rien ne s’oppose en théorie au démarrage du chantier. Reste à savoir quelle sera la nature de la riposte de ceux qui s’étaient déjà mobilisés l’été dernier contre le projet. Pas forcément simple à mettre en musique en cette période d’état d’urgence sanitaire.
 
 
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