Municipales 2020. Le vote extrême droite s'effondre en Lorraine

Le vote, un droit et un devoir. / © Jean-Pierre Petitcolas. France 3 Lorraine
Le vote, un droit et un devoir. / © Jean-Pierre Petitcolas. France 3 Lorraine

Le premier tour des élections municipales 2020 est marqué par un net recul du vote d'extrême droite par rapport à 2014. Le nombre de candidats est globalement constant, mais leurs scores dégringolent en moyenne de 38%. 

Par Michaël Martin

L'extrême droite accuse un recul important en Lorraine: -38% en moyenne, entre les premiers tours des élections municipales de 2014 et de 2020. Le nombre de listes étiquetées à l'extrême droite de l'échiquier politique est pourtant constant: 21 listes en 2014, 22 listes en 2020. Les électeurs se sont massivement détournés du vote extrême lors de cette élection locale.
Une situation dont s'est réjoui le maire (LR) sortant d'Epinal, Michel Heinrich, au soir du premier tour, dimanche 15 mars 2020: "Ce qui caractérise le scrutin, outre la faible participation, c'est l'effondrement du Rassemblement national."

Un scrutin peu politisé

Selon le doyen honoraire de la faculté de droit de Nancy et politologue Etienne Criqui, ce résultat peu glorieux de l'extrême droite s'explique par l'absence de vote sanction et par un scrutin motivé par des enjeux locaux.
De manière générale, les élections intermédiaires, comme les municipales, sont l'occasion d'envoyer un message au gouvernement en place. "Certains électeurs utilisent leur bulletin pour sanctionner le pouvoir en place", résume Etienne Criqui. C'est ce qu'on appelle le vote sanction. Cela s'est vérifié en 2008, quand la droite a été sanctionnée pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, et également en 2014, pendant le mandat du socialiste François Hollande. En 2020, tout est bien différent. "Ni la droite, ni la gauche traditionnelles ne sont au pouvoir actuellement. Il n'y a pas eu de vote sanction," explique Etienne Criqui. De plus, le parti du président de le République (La République en Marche) n'a encore que peu d'élus au niveau local.

Les questions nationales n'étaient pas au coeur des débats, ce qui a défavorisé le RN.
- Etienne Criqui, politologue

Le débat a été peu politisé en 2020. Les enjeux nationaux ont été occultés par les questions locales. "Dans cette situation, le Rassemblement National a du mal à exister puisque ses candidats sont peu implantés. Ça joue en leur défaveur", analyse Etienne Criqui. L'extrême droite a des difficultés à compter sur un vivier de candidats dans les territoires. "Pour gagner une élection locale, il faut un candidat crédible. Là, ce n'était manifestement pas le cas pour l'extrême droite", affirme Etienne Criqui.
Comme au niveau national, le phénomène de la prime au sortant a été important en Lorraine. Les maires sortants s'en sortent plus facilement. "Dans une situation de crise comme aujourd'hui, les électeurs optent pour la stabilité", explique Etienne Criqui. Un maire du Rassemblement national en a d'ailleurs profité ce dimanche 15 mars 2020, c'est Fabien Engelmann à Hayange.

Hayange, l'exception

Dans la commune d'Hayange, le maire sortant (RN) Fabien Engelmann a été réélu haut-la-main dès le premier tour de l'élection municipale. Il a doublé son score de 2014. Il avait obtenu 30.41% des voix. Ce dimanche, il en obtient 63.14%. Il réussit à faire progresser son nombre global d'électeurs (passant de 1.789 à 2.614) alors que la participation était en forte baisse à Hayange.
Le maire sortant Fabien Engelmann (RN) est réélu dès le premier tour à Hayange (Moselle).
Le maire sortant Fabien Engelmann (RN) est réélu dès le premier tour à Hayange (Moselle).
"Fabien Engelmann a clairement bénéficié de son statut de maire sortant, probablement aussi de son bilan, et l'opposition était éclatée face à lui", résume Etienne Criqui. 
 
Fabien Engelmann a effectivement défendu son bilan dimanche soir. "C'est le résultat d'une bonne gestion de la ville, qui était fortement endettée. Nous allons continuer dans la même perspective en continuant les projets urbains, et l'entretien des voiries," affirmait Fabien Engelmann à l'annonce de sa réélection dimanche 15 mars.

 

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