Municipales : quelles sont les dispositions prises pour lutter contre le coronavirus?

Le stylo ne doit pas passer de mains en mains. Quand aux gants, ils sont fortement déconseillés. / © Cécile Boisson / France 3 Lorraine
Le stylo ne doit pas passer de mains en mains. Quand aux gants, ils sont fortement déconseillés. / © Cécile Boisson / France 3 Lorraine

Des stylos à "usage unique" et des flacons de gel hydro-alcoolique dans tous les bureaux de vote. Ce sont, entre autres, les mesures préconisées par le ministère de l'Intérieur pour les élections. Ces dispositions visent à réduire le risque de propagation du coronavirus le jour du vote.

Par Mackly Ford Cenor et Benoît de Butler

C'est la grande affaire du moment : selon un sondage Ifop, 28 % des électeurs seraient susceptibles de ne pas aller voter par crainte des risques de contamination. Alors même que les 5 minutes passées au bureau de vote ne sont pas, et de loin, la principale source potentielle de contamination pour quelqu'un qui, au quotidien, travaille, fait ses courses ou emprunte les transports en commun.

Dans les états-majors politiques, on redoute - à tort ou à raison - une abstention accrue, notamment chez les seniors, électeurs réputés "fidèles". Il s'agit donc d'en faire un maximum pour les rassurer.

Le ministère de l'Intérieur s'est fendu d'une longue circulaire (11 pages) à destination des mairies pour l'organisation des bureaux de vote en mode "épidémie".
Le bureau de vote idéal. / © Ministère de l'Intérieur
Le bureau de vote idéal. / © Ministère de l'Intérieur
Idéalement, l'entrée et la sortie sont séparées. Les électeurs ne se croisent pas et ne se bousculent pas dans la file d'attente. Un marquage au sol vise à éviter toute "promiscuité prolongée". Les isoloirs sont tournés vers les murs, ce qui évite d'avoir à tirer les rideaux...

Bas les masques

On apprend dans cette circulaire que "le port de gants n'est pas recommandé" : ils constituent une fausse sécurité. Il vaut mieux se laver les mains. De même les "masques chirurgicaux" ne sont recommandés que pour les personnes à risque : malades, "cas contacts" ou soignants. On pourra au demeurant leur demander de tomber le masque, le temps de vérifier leur identité. 

Outre des affiches qui seront apposées dans tous les bureaux de vote sur les gestes à adopter, "des solutions hydro-alcooliques et des stylos à usage unique" seront mis à la disposition des électeurs à l’entrée de chaque bureau.

Le Directeur Général des Services de la Ville de Nancy, Michel Dormois, affirme que ces dispositions "particulières" visent "à rassurer les électeurs autant qu'à limiter le risque de propagation de l’épidémie".

Désinfection

A Bar-le-Duc, "les électeurs sont invités à privilégier l’usage de leur propre stylo pour l’émargement, les stylos à disposition étant changés ou nettoyés régulièrement.". La ville garantit un "point d'eau" dans chacun des 11 bureaux de vote, pour se laver les mains. A Nancy, les personnes assurant le dépouillement auront, malgré tout, des gants à leur disposition. A Epinal, il y aura des lingettes désinfectantes...

Tous les bureaux de vote installés dans les restaurants scolaires, les écoles, les foyers fréquentés par des personnes âgées et les gymnases seront désinfectés avant et après le vote. 

Toutes les communes ont à charge d'appliquer ces mesures, dans la limite du possible. La configuration des locaux ne permet pas toujours de maintenir l'espace souhaité. Les maires, surtout dans les grandes villes, font valoir qu'il n'est pas facile d'éviter les pics d'affluence. Les anxieux sont invités à préférer les heures creuses...

Les Français sont-ils inquiets ?

Selon un sondage OpinionWay réalisé pour UNCCAS, Public Sénat et La Tribune, 28% des Français interrogés se disent "inquiets" et 7% "très inquiets" de se rendre dans un bureau de vote. Cependant, 76% estiment qu’il est préférable de maintenir le scrutin aux dates prévues, les 15 et 22 mars.

D'autres sondages relativisent le risque d'abstention : les municipales restent un scrutin qui intéresse les Français. Il faudra attendre les premières données de participation, dimanche, pour savoir s'il y a un "effet coronavirus" sur le nombre de votants... et, pourquoi pas, sur le bilan politique de ces élections.

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