Procès de l’affaire des bébés de Galfingue : quatorze ans de réclusion pour Sylvie Horning

Le verdict est tombé ce vendredi 23 octobre 2020, aux assises du Bas-Rhin à Strasbourg : Sylvie Horning, la femme qui comparaissait en appel pour quintuple néonaticide, est condamnée à quatorze ans de réclusion. Ce procès vient clore une affaire qui remonte à 2003.

 

Procès de l’affaire des bébés de Galfingue aux Assises du Bas-Rhin à Strasbourg
Procès de l’affaire des bébés de Galfingue aux Assises du Bas-Rhin à Strasbourg © Gregory Fraize / France télévisions
En première instance, aux assises de Colmar, la femme néonaticide avait été condamnée à vingt ans de réclusion. Verdict dont elle avait fait appel. Ce vendredi 23 octobre, le jugement de la cour d'assises du Bas-Rhin à Strasbourg est plus clément : la cour ramène la condamnation à quatorze ans de réclusion.

Une affaire non élucidée pendant près de quatorze ans

Sylvie Horning, 56 ans, mère de trois grands enfants avait reconnu les faits en juin 2019 devant la cour d'assises de Colmar (Haut-Rhin) : elle avait tué cinq de ses nouveaux-nés entre 1990 et 2005. L'affaire avait commencé en 2003, par la découverte dans une forêt par un agriculteur, de quatre corps de nouveaux-nés, dans des sacs-poubelles, Trois filles et un garçon. Des nourrissons, nés viables selon l'autopsie. L'affaire était ensuite restée non élucidée pendant près de quatorze ans. Mais l’investigation continue cependant pendant plusieurs années. Différentes pistes sont explorées. Et c’est un relevé d’ADN qui relance l’affaire en 2017. Rapidement un cinquième cadavre est découvert au nouveau domicile de Sylvie Horning.  


Suite au verdict de ce vendredi 23 ocotbre, Maître Lynda Belarbi, avocate du fils ainé de l'accusée exprime le soulagement des trois enfants : "Les enfants ont trouvé cette peine plus adaptée, plus juste que la précédente, une peine qui a un sens pour qu'il y ait un avenir possible pour elle et ses enfants."

Mais elle précise aussi que les enfants n'ont pas trouvé de réponses à leurs questions. Pour eux c'est compliqué : "Nous avons compris une chose, c'est que, elle-même n'a pas d'explication, d'ailleurs quelle explication serait plausible et entendable? N'oublions pas que c'est leur mère et que de la part de celle qui normalement vous protège, qui est bienveillante, qui est votre rempart, ... c'est d'elle que vient le malheur, est-ce que c'est entendable?" 


L'avocat de la défense, Maître Frank Berton évoque l'état d'esprit de sa cliente :"Madame Horning est à la fois satisfaite du verdict -on est passé de 20 ans à 14 ans, c'est un pas énorme- mais elle aussi est attristée, car elle a l'impression de ne pas avoir été suffisamment comprise ou entendue. Dans cette peine de 14 ans, la cour a estimé qu'il n'y avait pas d'altération du discernement et qu'il n'y avait pas de déni de grossesse, sinon on aurait pu penser que la peine aurait été encore moindre."
 

Envisager de reconstruire un avenir 

"La peine de quatorze ans est acceptable, nous sommes loin de la peine demandée en première instance" conclut son avocat "madame Horning va pouvoir envisager un avenir et il y a tout lieu de penser qu'elle a été entendue."

Juste avant que les jurés ne se retirent pour délibérer, le président de la cour a demandé à Syvie Horning si elle avait quelque chose a rajouter.  Elle a répondu "Oui, je voudrais demander pardon au monde entier" et elle a rajouté en regardant ses trois enfants :" J'avais un voeux en venant ici, c'était celui de vous voir et bien je vous vois et je vous aime." 

"Une famille détruite qui aura besoin de se reconstruire, avec une psychothérapie, beaucoup d'amour et énormément de temps."estime l'avocat de Sylvie Horning.
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