REPLAY - "Skylander, chronique d'un avion fantôme" : trois raisons de regarder ce documentaire

Des soupçons de mensonges et d'escroquerie : c'est le parti pris du réalisateur, Dominique Hennequin. Sur la base de l'enquête d'un ex journaliste de l'"Est Républicain", il retrace les étapes de l'installation et de la disparition d'une entreprise aéronautique en Lorraine : Skylander.
Peut-être la seule image d'un Skylander en train de voler ?
Peut-être la seule image d'un Skylander en train de voler ? © Nomades/FTV
C'est une affaire qui a défrayé les chroniques Lorraines durant plus de cinq années et qui continue à soulever de nombreuses questions. Un projet de fabrication d'un avion, le Skylander par la société Geci International et son énigmatique président Serge Bitboul. Un véritable symbole de redressement pour une région en manque de légitimé industrielle. Voici trois raisons de regarder Skylander, chronique d'un avion fantôme, le documentaire de Dominique Hennequin qui retrace étape par étape la grandeur et la décadence d'un projet peut-être un peu trop beau.

Skylander, chronique d'un avion fantôme, à voir en replay, à voir en fin d'article.

1. Parce ce qu'on a tous eu envie d'y croire

C'est une nouvelle réjouissante qui tombe le 4 septembre 2008 : une société aéronautique va s'installer en plein cœur de la Lorraine sur l'ancienne base aérienne désaffectée de l'Otan à Chambley-Bussières, pour finaliser un projet de modélisation d'avion puis le produire. Le Skylander est alors sur toutes les bouches, la région Lorraine redore son blason et fait enfin parler d'elle pour autre chose que son déclin sidérurgique. Une aubaine tombée du ciel. Car le futur avion Skylander, modélisé par la société SkyAircraft, du groupe Geci International représente, dans un premier temps, entre 120 et bientôt 200 emplois hautement qualifiés. À terme, ce ne sont pas moins de 1.000 emplois qui sont prévus pour la production des avions légers, prévue sur place.
La seule image du Skylander sur la piste.
La seule image du Skylander sur la piste. © Nomades / FTV


2. Parce que tous les ingrédients d'un bon film sont là

Le réalisateur Dominique Hennequin suit les étapes de l'enquête de Marcel Gay, ancien journaliste de l'Est Républicain. À la manière des documentaires sur les affaires criminelles, sont mis en scène les protagonistes de l'affaire - en première ligne de laquelle se trouve l'intrigant Serge Bitboul, mais aussi à point nommé le sulfureux Imad Laoud condamné en son temps dans l'affaire Clearstream  - et les étapes successives, les rebondissements, qui vont conduire à un des plus médiatiques fiascos économiques que la Lorraine ait connus. 
Serge Bitboul, le président de Geci International à l'origine du projet Skylander
Serge Bitboul, le président de Geci International à l'origine du projet Skylander © Nomades/FTV


3. Parce qu'il faut bien régler des comptes

Ce ne sont pas moins de 21 millions d'euros que la région Lorraine a prêté à l'investisseur. Une somme financée par les contribuables lorrains que l'entreprise Skylander devait rembourser. La liquidation judiciaire et le refus de Serge Bitboul de rembourser mettront un coup d'arrêt aux espoirs chimériques de toute une assemblée, représentée par son président d'alors, l'auto-proclamé "con de l'affaire", Jean-Pierre Masseret.
Jean-Pierre Masseret et Serge Bitboul, le bon et le truand ?
Jean-Pierre Masseret et Serge Bitboul, le bon et le truand ? © Nomades/FTV

Un jugement un peu léger, laissé à l'appréciation des Lorrains ? 

Droit de réponse

Serge Bitboul a choisi d'exercer son droit de réponse. 

"L’article mis en ligne sur le site https://france3-regions.francetvinfo.fr/ , le 23 novembre 2020, un article intitulé «« Skylander, chronique d’un avion fantôme » : trois raisons de regarder ce documentaire sur une escroquerie spectaculaire », signé « SGG » me mettant en cause appelle de ma part la réponse suivante :
Jusqu’à 150 collaborateurs, parmi lesquels des talents de l’aéronautique international, ont travaillé à Chambley de 2008 à 2013 sur le projet du Skylander aboutissant notamment à la création d’une maquette numérique qui a été valorisée à un montant de 52,7 millions d’euros dans le cadre du redressement judiciaire de la société SKY AIRCRAFT. Comment dans ces conditions, peut-on parler d’un « avion fantôme » ?
Ensuite, je déments fermement qu’une quelconque infraction pénale ait été commise à l’occasion du projet Skylander.
Je n’ai fait que m’impliquer avec toute mon expérience et mon énergie dans un très beau projet de construction d’un avion 19 places qui a été finalement développé et commercialisé par CESSNA récemment.
Il est important pour moi de préciser que ce qui est désigné dans l’article comme « une escroquerie spectaculaire » est en réalité un projet de construction d’avion qui n’est pas allé à son terme à cause du désengagement de l’Etat, contrairement à ceux qui avaient été pris à mon égard et à celle de la région Lorraine.
En septembre 2012, le total des dépenses consacrées au projet était de 109 millions d’euros principalement financés par l’activité du groupe GECI INTERNATIONAL, la somme de plus de 20  millions d’euros que j’ai apporté à titre  personnel et les avances apportées par la région Lorraine.
Enfin, je suis issu de Technion (Israel Institute of Technology de Haïfa), université prestigieuse apparaissant dans les classements comme la première au niveau mondial en matière aérospatiale. J’ai mis ma passion au service de nombreux beaux projets pendant près de trente années dont l’hélicoptère Rooivalk en Afrique du Sud, et le KT1 en Corée du Sud. Ma déception a été immense de ne pouvoir mener à son terme le projet du Skylander pour la région Lorraine qui en avait tant besoin, et je vois mal dans tout ça la moindre « intrigue ».
Je tenais à apporter, sans souci d’exhaustivité, ces quelques précisions.
Serge BITBOUL"
 


 
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