Strasbourg : les règles sanitaires pas toujours respectées par les bars et restaurants

Les terrasses des bars et restaurants sont réouvertes depuis deux semaines avec un protocole sanitaire à respecter. Les gérants tentent de s'adapter tandis que certains profitent de règles pas toujours très claires et de l'absence de contrôles pour s'arranger avec la loi. 

Le centre-ville de Strasbourg compte environ 350 terrasses.
Le centre-ville de Strasbourg compte environ 350 terrasses. © France Télévisions Bagci Buket

Les restaurants et bars strasbourgeois doivent depuis deux semaines afficher un chiffre sur la porte de leur établissement. Il s'agit du nombre de personnes qui peuvent prendre place en terrasse. Théoriquement, c'est un client par mètre carré en temps normal donc les établissements ne doivent pas accueillir plus d'une personne pour deux mètres carrés à cause de la crise sanitaire.

Mais la règle est loin d'être respectée, comme l'explique Jacques Chomentowski, président délégué à la restauration et aux débits de boisson à l'UMIH du Bas-Rhin : "il n’y a personne qui vient vérifier ce chiffre, donc certains gérants vont afficher une capacité totale de places élevée pour pouvoir accueillir beaucoup de personnes en terrasse sans craindre d’avoir des problèmes en cas de contrôle", ajoute le président de l’UMIH du Bas-Rhin.

Depuis le 19 mai, les restaurants et bars peuvent rouvrir leurs terrasses sous certaines conditions. Ils doivent respecter la jauge de 50% de leur capacité d’accueil en temps normal. Pour Jacques Chomentowski, "ce qui compte c’est les gestes barrières car l’autorisation pour ouvrir une terrasse se fait au mètre carré et non au nombre de place." Il explique qu’il "suffit qu’un restaurateur utilise des petites tables sur sa terrasse pour pouvoir accueillir un plus grand nombre de personnes sur la même surface donc l’histoire de la jauge, c’est inutile."

En l'absence de réglementation claire, les gérants s'arrangent à leur façon pour entrer (plus ou moins) dans les clous. Chez Molly Malone’s Bar, la gérante Inès Gaudin a tout simplement décidé d’enlever la moitié des tables et des chaises."On peut actuellement accueillir une soixantaine de personnes en terrasse. Ça fait des longues files d’attentes devant le bar mais bon au moins on n’est pas embêté par la police."

Même démarche sur la terrasse d’à côté, l’un des gérants du Supertonic, Joseph Thomas explique qu’il peut accueillir 33 personnes sur sa terrasse de 65m2. Dans son autre établissement, Jeannette et les Cycleux, il profite de la règle sanitaire qui donne des avantages aux petites terrasses. Les restaurants et bars qui comptent moins de dix tables en terrasses peuvent ouvrir à condition de faire respecter les gestes barrières. "S'il n'y avait pas cette règle, j'ai calculé que pour ma terrasse de 15 mètres carrés, je ne pouvais qu'accueillir 7,5 clients. Alors que là, j'ai tout simplement enlevé quelques tables pour respecter la distanciation." 

Le bar Jeannette et les Cycleux accueille une trentaines de personnes en terrasse.
Le bar Jeannette et les Cycleux accueille une trentaines de personnes en terrasse. © France Télévisions Bagci Buket

Jacques Chomentowski, également gérant d’un bar à tapas à Strasbourg, reconnaît que les distances entre chaque table ne sont pas respectées par tous les établissements  : "il y en a c’est un mètre, d’autres c’est 60 centimètres et d’autres c’est rien du tout." 

Pour s'adapter aussi au couvre-feu, les bars et restaurants font leur dernier service "assez tôt", vers 20h30 au Supertonic et 20 heures chez Molly Malone’s pour qu’à "21 heures, la place d’Austerlitz soit vide.", affirme Inès Gaudin. 

Nouveau protocole sanitaire

A partir du 9 juin, les restaurants et bars pourront à nouveau accueillir 100% de leur capacité en terrasse et 50% en intérieur. Pour le gérant de Supertonic et de Jeannette et les Cycleux,  "au mois de juin, avec le beau temps, je vois mal les gens demander une place à l’intérieur mais ça nous permettra de faire des rotations. Les gens pourront attendre en salle qu’une place en terrasse se libère." 

Enfin, la règle des six par table et l’obligation de consommer assis ne changeront pas. Pour le gérant du Cocolobo, Jacques Chomentowski, cette mesure ne pose aucun problème pour l’heure. "Mais j’attends de voir comment ça va se passer lorsqu’il y aura les matchs de football qui seront diffusés dans les bars."

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