Troyes : étudiants, comment gérer votre stress en période de confinement, les réponses d'une sophrologue

L'URCA de Reims a mis en place des ateliers de sophrologie pour accompagner les étudiants tandis que l'UTT de Troyes privilégie les échanges collectifs. Rencontre avec Betty Alamichel sophrologue et Thomas Maurer, enseignant chercheur référent de 20 étudiants.

 
Les étudiants se retrouvent à distance pour partager des temps d'échanges collectifs.
Les étudiants se retrouvent à distance pour partager des temps d'échanges collectifs.
Betty Alamichel, sophrologue, a dû rajouter une séance supplémentaire depuis le confinement. Auparavant, et depuis deux ans, elle fait ses séances de sophrologie tous les mardis. La demande devenue plus forte, elle a ouvert un second créneau pour pouvoir accueillir plus d'étudiants. Aujourd'hui, elle fait ses séances en visioconférence et elle s'aperçoit que le mode distanciel fonctionne encore mieux. L'URCA a mis en place ces séances depuis 2012, mais moi, j'y suis depuis deux ans. La demande est vraiment là depuis le confinement.
" Les étudiants sont plus détendus et plus à l'aise. D'habitude, ils sont gênés par le bruit en présence ou se déplacer sur site. Là de chez eux, ils se sentent beaucoup mieux dans leur univers pour faire mettre en pratiques des conseils".

Quels conseils leur donnez-vous ?
Betty Alamichel : déjà, je leur dis que ce moment est un moment pour eux. C'est une parenthèse dans votre quotidien, je ne me lasse pas de leur répéter pour qu'ils prennent un moment pour se détendre.

Sont-ils nombreux ?
D'habitude, je n'excède pas une dizaine de personne par séance, mais depuis le confinement la demande s'est accrue alors je peux me retrouver avec un groupe de 20 personnes.

Qu'est-ce qu'ils apprennent ?
Je leur donne des clés pour mieux gérer leur stress, leur angoisse, leur anxiété et leur problème de sommeil.
Je préfère parler de technique à apprendre et à réaliser quotidiennement, plutôt que de parler d'exercices.
 Betty Alamichel, sophrologue, prend en charge les étudiants de Reims en proposant des ateliers les lundis et mardis.
Betty Alamichel, sophrologue, prend en charge les étudiants de Reims en proposant des ateliers les lundis et mardis. © @ Betty Alamichel

Quelles sont ces clés ? 
Je leur apprends à maîtriser tout ce qui les dérangent en leur apprenant des techniques de respiration pour évacuer les tensions. Mieux apprendre à respirer par le ventre par exemple pour libérer ce qui peut oppresser.
Mais il y a ensuite des techniques de relâchement musculaire par des mouvements dynamiques et doux. Regarder si ses épaules sont hautes ou basses pour relâcher la encore des tensions. Desserrer ses mâchoires, etc. Bref savoir repérer dans son corps ce qui peut être bloquant et trouver les bons gestes pour se sentir mieux. 
Ces pratiques douces de tension-détente ont pour but au final d'amener à relâcher le corps et pouvoir ainsi ensuite relâcher le mental. Un relâchement physique entraîne le relâchement psychique et l'inverse est vrai aussi précise la spécialiste.

Avez-vous un retour des étudiants ?
La plupart des étudiants, à la fin de chaque séance sont détendus et très contents. Un tiers d'entre eux met en place ces techniques dans leur vie quotidienne et la moitié les met en pratique le jour même, surtout celle de la technique de la respiration.
Il est important de pouvoir mettre en place ces pratiques au quotidien pour avoir des résultats à long terme. Ils sont un peu perdus et ne savent pas où donner de la tête.
Je leur donne des conseils pour avoir une bonne hygiène de vie, avec une bonne alimentation, un bon rythme de sommeil et ces techniques de relaxation à réaliser dans la journée quand ils veulent.
Face à leur angoisse, surtout avec cette période d'examens qui approche, je leur demande de chercher des ressources positives dans leur passé pour rester positif.
Mais je leur demande surtout de rester dans le présent, sans angoisser sur le futur, surtout en leur donnant une visualisation positive, comme envisager le futur avec son objectif atteint.

Les étudiants peuvent encore s'inscrire. Les séances ont lieu chaque lundi à 18 h et chaque mardi à 17 h 30. Il faut s'inscrire depuis votre adresse mail de l'URCA : betty.alamichel@univ-reims.fr
 
Un siège sur deux est condamné dans les amphithéâtres rémois
Un siège sur deux est condamné dans les amphithéâtres rémois © Marc Schmitt / France Télévisions

Pour Thomas Maurer, accompagner les étudiants et ne pas les laisser dans la solitude, est essentiel. Directeur de la formation et de la pédagogie, il est aussi  enseignant en Physique et chercheur à l'UTT de Troyes. Pour cette année bien particulière liée au contexte sanitaire, il est aussi le référent pour vingt de ses étudiants. Il les contacte régulièrement et il s'inquiète pour trois d'entre eux qu'il n'a pas réussi à joindre.
" La plupart de mes étudiants me disent tenir le coup, mais je m'aperçois que d'un étudiant à un autre les questions peuvent être différentes" confie l'enseignant. Certains souffrent de l'éloignement et veulent retourner dans leur famille pour suivre à distance les cours. Certains vivent dans une précarité, ils ont perdu leur job d'étudiant et s'inquiètent de savoir comment payer leur logement, d'autres craignent de ne pas pouvoir trouver de stage professionnel pour le second trimestre déjà".
 

Un sondage et des questions

Les questions sont multiples et variées. " 20 % de nos étudiants éprouvent de réelles difficultés, 60 % s'en sortent même si c'est parfois compliqué et 20 % se sentent vraiment à l'aise " précise Thomas Maurer. Ces chiffres sont validés par un sondage que l'UTT a envoyé aux étudiants.
L'UTT de Troyes a mis en place pour tous les étudiants, un enseignant référent. Le stage à l'étranger, indispensable pour valider l'année, a été annulé pour ne pénaliser personne et dans le contexte sanitaire il est difficilement réalisable avoue Thomas Maurer.

Pour ôter du stress aux étudiants, des sessions de rattrapage vont avoir lieu dans certaines filières qui n'en avaient pas. On rassure les étudiants qui ont des connexions limités et qui craignent être pénalisés durant les examens à distance.
Avec les enseignants, explique Thomas Maurer, nous réfléchissons à des examens qui permettent d'être passés à distance et qui limitent aussi les fraudes. Un jury avec l'enseignant référent est présent aussi pour venir en aide aux étudiants décrocheurs, pour leur permettre de ne pas lâcher ajoute l'enseignant.
Pour les TP par exemple en physique, nous avons envoyé à tous nos étudiants, un kit complet pour monter à distance un robot, explique Thomas Maurer.

Quels sont les conseils que vous prodiguez?
On tente de leur donner des rythmes pour travailler et ne pas décrocher, car c'est difficile, quand on est tout seul de rester devant un écran pour suivre un cours. On a mis, à distance, tout un dispositif pour que le collectif demeure malgré l'isolement. La vie associative est très importante et nous communiquons beaucoup avec les réseaux sociaux que ce soit twitter ou facebook.

Notre Président, Pierre Koch s'est adressé particulièrement aux étudiants, vendredi dernier pour rappeler la présence de tous, précise Thomas Maurer et rappelle la création d'un numéro de téléphone direct n° 03 25 71 58 27 et un mail dédié soutien@utt.fr. Ils ont vocation à faciliter l'entrée en contact pour nos étudiants ayant un besoin particulier de soutien. Cette cellule est un canal simple et rapide qui pourra vous orienter et vous aider.
" Chers étudiants, j'ai déjà eu l'occasion de vous le dire, nous sommes particulièrement attentifs à vous accompagner durant ce semestre perturbé par l'épidémie et ses conséquences.
Nous avons mis en place pour ceux qui en expriment le besoin la possibilité de venir sur le campus pour des échanges personnalisés d'aide et de soutien
".
 
Gestion du stress des étudiants à Reims comme à Troyes, grâce à des ateliers d'échange et d'écoute expliqués, par Thomas Maurer, Directeur de la formation et de la pédagogie.

Les associations étudiantes sont aussi là pour vous. Elles proposent des occasions de partager, avec d'autres, des temps ludiques, collectifs, curieux, joyeux." Nous essayons de maintenir tous les événements, même à distance et créer du lien collectif et les associations sont très actives " souligne Thomas Maurer.

Un mode distanciel, pour les étudiants, qui s'applique jusqu'au début du mois de février.


 
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