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Reims, Troyes : Dans les cathédrales, les dispositifs pour sauver les œuvres en cas d'incendie

Notre-Dame de Reims, le site le plus visité de Champagne-Ardenne est doté d'un plan d'action en cas d'incendie. / © Florence Morel / France 3 Champagne-Ardenne
Notre-Dame de Reims, le site le plus visité de Champagne-Ardenne est doté d'un plan d'action en cas d'incendie. / © Florence Morel / France 3 Champagne-Ardenne

En cas de catrastrophe, des plans de sauvegarde des œuvres ont été mis en place par les directions régionales des affaires culturelles. À Reims, Langres, Troyes, ou Châlons, les listes d'œuvres d'art ont été établies pour savoir quelles œuvres sauvegarder par ordre de priorité.

Par Johanna Albrecht

C'est la nouvelle qui a apporté un peu de réconfort aux milliers d'internautes et de spectateurs, suspendus aux images de Notre-Dame de Paris en flammes, ce lundi 15 avril : en plein milieu de la nuit, le commandant des sapeurs-pompiers de Paris, le général Jean-Claude Gallet, a annoncé que "les oeuvres les plus précicieuses ont été mises à l'abri".

Si un incendie, ou une catastrophe, devait se déclarer dans l'une des cathédrales de Champagne-Ardenne, des mesures similaires pourraient être prises.

On travaille main dans la main avec les pompiers et les services de sécurité, notamment la préfecture
- Virginie Thévenin, architecte des bâtiments de France et conservatrice de la cathédrale de Reims -
 

Des simulations et des exercices

A Reims, la cathédrale du sacre des rois de France a déjà été victime de deux incendies au cours de son histoire. Mais, depuis les travaux de reconstruction entre 1919 et 1937, le risque qu'un nouveau départ de feu ravage l'édifice est réduit.
 


"La restauration juste après la première guerre mondiale nous permet de croire que s'il y avait un incendie, il serait moins grave" confirme Virginie Thévenin, architecte des bâtiments de France et conservatrice de la cathédrale de Reims. En effet, la charpente en bois du bâtiment – détruite – a été remplacée par une charpente en béton, forcément moins inflammable.
 

Mais le site le plus visité de Champagne-Ardenne s'est tout de même prémuni contre ce genre de risques. "Depuis quelques années, on a tout mis en œuvre pour la détection incendie" confirme Virgine Thévenin. Des détecteurs de fumées sont installés dans tout le bâtiment, directement reliés au centre des pompiers de Reims. Des plans de la cathédrale sont préparés et gardés sur place.

Des exercices sont également organisés pour que les forces de sécurité soient au fait des recoins de l'édifice et interviennent le plus rapidement possible. "Les pompiers, en cas d'incendie, de mouvement de foule ou de chute de pierres savent comment agir, où se rendre dans le lieu" ajoute Virginie Thévenin.
 

Un plan de sauvegarde des oeuvres pour sauver les trésors du patrimoine

Autre point essentiel des dispositifs de sécurité des cathédrales de France : les plans de sauvegarde des œuvres, sorte de liste des œuvres que les pompiers sont chargés d'évacuer en cas d'incendie. La cathédrale de Reims n'en est pas encore dotée, mais les cathédrales de Troyes et de Châlons-en-Champagne ont déjà préparé le leur et celui de la cathédrale de Langres est en cours d'élaboration.

"C'est un document qu'il est conseillé d''établir pour tous les bâtiments qui abritent des œuvres" explique Anne-Lise Prez, conservatrice régionale des monuments historiques adjointe du Grand Est, en charge de la Champagne-Ardenne.

Etabli par les services de la DRAC (direction régionale des arts et de la culture), la préfecture, la commune concernée, les conservateurs des lieux et par les pompiers, ce document donne une liste précise des objets à évacuer ou à protéger, et surtout, un ordre de priorité.

Les pompiers peuvent nous dire "cette œuvre, on vous conseille de ne pas l'évacuer, mais plutôt de la recouvrir par une bâche ignifugée, alors que celle-là est plus fragile, mais plus facile à bouger"
- Anne-Lise Prez, conservatrice régionale des monuments historiques adjointe du Grand Est, en charge de la Champagne-Ardenne –


"Ça veut dire qu'on ne peut pas sauver tous les objets" raconte Anne-Lise Prez, dont le rôle est justement de veiller à l'ordre de priorité des œuvres culturelles.

Concrètement, dans la cathédrale de Troyes, 31 objets ont été identifiés comme précieux. En cas d'incendie, ou d'une autre catastrophe, ils seraient soient évacués, soit protégés, soit déplacés dans la Musée des Beaux-Arts voisins. D'ailleurs, le dispositif inverse est également prévu : en cas de problème, des œuvres du musée pourraient être stockées dans la cathédrale.

En France, les cathédrales sont placées sous la protection des architectes des bâtiments de France. Mais les musées et les services d'archives sont également encouragés à établir ces plans de sauvegarde. 
 

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