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3 raisons de regarder “Noces métisses, amours contrôlées” lundi après le Soir 3

Richard et Mezhoura sur les marches de l'hôtel de ville de Chaumont / © France Télévisions / Zadig Productions
Richard et Mezhoura sur les marches de l'hôtel de ville de Chaumont / © France Télévisions / Zadig Productions

"Il se marièrent et eurent beaucoup d'enfants." Comme une évidence énoncée, en toute fin des contes de fées. C'est pourtant loin d'en être une, pour les couples binationaux qui cherchent à vivre leurs amours au quotidien. À voir lundi après Soir 3.

Par Sophie Gueffier

Tomber amoureux, se choisir, vivre ensemble et pourquoi pas se marier. Quoi de plus simple pour la plupart des français ? Pour certains pourtant, la tâche est plus ardûe. Si l'être aimé n'a pas la nationalité française, les démarches se compliquent, au risque même de ne jamais aboutir. Thierry  Kübler, réalisateur, a choisi de reccueillir les témoignages de plusieurs couples binationaux qui tentent de vivre leurs amours en France en toute légalité. 
Voici trois bonnes raisons de regarder ce documentaire. 

1- Protéger un État de droits ?

Les candidats binationaux à la vie commune sont d'abord perçus comme suspects. Suspect de naïveté pour le citoyen français qui tombe amoureux d'un(e) étranger(ère) qui n'en veut qu'à ses sous. Suspect de tentative d'escroquerie pour l'étranger qui vient réclamer des droits auxquels son origine ne lui permet pas de prétendre. Le mot est lâché  : il faut prouver que ce n'est pas un mariage blanc.
Les lois sont ainsi faites. Et les fonctionnaires des préfectures ou des mairies sont là pour les appliquer. Et protéger le pays des convoitises étrangères. 
Une grille de lecture à la fois simpliste et tronquée. Car là où le fonctionnaire voit un dossier, le réalisateur nous amène à voir des hommes et des femmes.
Les étagères des préfectures pleines de dossiers / © France Télévisions / Zadig Productions
Les étagères des préfectures pleines de dossiers / © France Télévisions / Zadig Productions
Richard et Mezhoura ne sont pas un dossier. Lui est citoyen et résidant français, elle est Algérienne. Ils veulent vivre ensemble en France et, pourquoi pas, se marier. Leur parcours d'amoureux est balisé d'embûches. Richard parle de bataille à mener contre l'administration : 

De quoi sommes-nous coupables ? On a été pris pour des criminels : (lors de l'enquête) on me disait "Fermez-la !"

"(....) d'un autre côté je remercie tous ces gens qui nous mettent des bâtons dans les roues, ça met en évidence à quel point nous tenons l'un à l'autre !" enchaîne-t-il.
Malheur à celui qui n'entre pas dans les petites cases de l'administration.

2 - Retrouver ensemble une humanité partagée

Paradoxalement, de ces démarches compliquées, de ces subtilités administratives naissent la compassion et l'entraide. Des associations viennent en aide à ces couples. Elles organisent des réunions où l'on donne la parole à ceux qui sont dans l'incompréhension face aux demandes qu'on leur fait. On y croise des regards perplexes ou perdus, des mains crispées, des dos voûtés, des voix retenues.

Compassion et entraide grâce l'association "les amoureux du ban public". / © France Télévisions / Zadig Productions
Compassion et entraide grâce l'association "les amoureux du ban public". / © France Télévisions / Zadig Productions


On y trouve des bénévoles - qui souvent sont eux-mêmes passés par ces épreuves - qui délivrent leurs conseils aux couples désemparés. Mais c'est là encore que se revèle, devant l'absurdité absolue de certains cas, les plus belles qualités humaines des unes et des autres. Où les couples dans la difficulté viennent entourer les nouveaux arrivants encore plus perdus qu'eux.
La caméra de Thierry Kübler, saisit ces instants d'humanité.

3 - Enfin, se lancer un défi !

C'est un autre Richard, l'amoureux de Rachid qui propose : 

Je lance le défi à n'importe quel couple d'apporter autant de preuves de vie commune !

Oui ! Si nous nous mettions juste un tout petit peu dans la peau de ces couples, si nous devions nous aussi prouver administrativement l'amour que nous portons à notre partenaire, avant de pouvoir nous marier ? Que pourrions-nous produire comme preuves ? Des factures portant les deux noms ? Une boîte aux lettres commune ?
Dans la multitude de situations de couples, il n'est pas toujours possible d'apporter ce genre de preuves. Mais deux citoyens français ne rencontrent pas de telles demandes et peuvent vivre ensemble sans entamer la moindre démarche.

"Noces métisses, amours contrôlées" pose finalement la question : Que vient faire un État dans la vie amoureuse des gens ? 
 

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