Imagerie d'Epinal : le tribunal de commerce mandate un juge enquêteur

Un moment crucial s'est joué mardi 25 février 2020 au Tribunal de Commerce d'Epinal concernant L'Imagerie. L'instance n'a prononcé ni redressement, ni liquidation judicaire. Des garanties ont été apportées en attendant une nouvelle audience le 28 avril. Un juge enquêteur est nommé.
Christine Lorimy (à droite sur la photo) au Tribunal de Commerce d'Epinal en compagnie de son conseil
Christine Lorimy (à droite sur la photo) au Tribunal de Commerce d'Epinal en compagnie de son conseil © Grégory Boileau - France 3 Lorraine

La décision du Tribunal de Commerce 

Le Tribunal de Commerce d'Epinal, à son audience du mardi 25 février 2020, n'a prononcé ni redressement, ni liquidation judiciaire concernant l'Imagerie d'Epinal.

La propriétaire et son avocate ont apporté les preuves qu’il n’y avait pas de cessations de paiements.

Un juge enquêteur, mandaté par le tribunal, ira vérifier la solidité financière de l’entreprise et une nouvelle audience aura lieu le 28 avril 2020.
 

Un établissement chargé d'histoire

L'imagerie, comme l'appellent les spinaliens est un établissement plus que centenaire, crée en  1796 par Jean-Charles Pellerin, qui a généré les non moins célèbres "images d'Epinal".

L'imagerie d'Epinal, c'est un patrimoine culturel inestimable, composé notamment de plus de 6 000 pierres lithographiques et 9 000 lithographies.

Petit à petit, l'engouement pour les images a fait place à d'autres choses et l'Imagerie, qui a compté à son apogée jusqu'à 150 salariés, n'en compte plus que 3 à ce jour.

Un tournant important a marqué la vie de la société : en 2014, elle est rachetée (avec l'aide financière de la Ville) par un duo d'investisseurs, Pacôme Vexlard et Christine Lorimy.

En 2016, une levée de fonds auprès d'investisseurs privés permet de réunir plus d'un million d'euros.

Les nouveaux dirigeants ambitionnent alors de "donner un coup de jeune" à l'Imagerie.
Ils remplacent les anciens graphistes, place à des professionnels plus "tendance" et actuels.
 

Un virage à 180°

Exit les images traditionnelles, place à une ligne faisant la part belle à la décoration intérieure.

Le succès, cependant, ne sera pas au rendez-vous.

En novembre 2018, Pacôme Vexlard quitte son poste de dirigeant de l'entreprise.
Christine Lorimy reste seule aux commandes.


L'affaire se complique encore lorsque Hervé de Buyer, industriel vosgien, qui a injecté
900 000 euros dans l'affaire, demande des comptes.

Ne pouvant avoir accès aux comptes,  il dépose plainte en 2019 et réclame au tribunal la mise en place d'un administrateur judiciaire. Il sera débouté de sa demande en octobre.

En janvier 2020, il saisit le tribunal de Commerce d'Epinal, qui statue le mardi 25 février 2020.


 
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