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Festival du Film Fantastique de Gérardmer : Ambiance dans la ville

Le Festival du Film Fantastique  de Gérardmer bat son plein. Les passionnés, le festivaliers sont là. Les stars fréquentent les bars d'hôtel et la ville s'est mise en mode horrifique. Une tension perceptible ?
© France 3 Lorraine
Depuis le 31 janvier, Gérardmer vit à l'heure du fantastique.

Comme un signe du ciel, dès la première nuit, la neige s'est mise à tomber. Pas une neige de ville, fine et mouillée, comme on peut en connaître ailleurs en Lorraine, une neige dense, qui fixe le temps au ralenti et feutre les sons.
Une neige qui ravit les photographes parisiens qui s'amusent à la faire craquer sous leurs chaussures, comme des enfants.
Une neige qui tombe et tombe encore, donnant à la ville un petit air "coupé du monde", pour celui qui vient de loin.
C'est exactement ça : un petit air coupé du monde, respirant au rythme des films et des animations festivalières.

Pas de tension ni de bousculade à l'arrivée des vedettes ni lors de la séance officielle de photos. Il y a là pourtant quelques têtes connues de tous :
Matthieu Kassovitz, le président du jury longs métrages, mi-souriant, mi-sur le qui vive, après sa déclaration sur France Inter.
Pascale Arbillot, une des comédiennes de l'inénarrable film de Guillaume Canet "Les petits mouchoirs", ou encore Aïssa Maïga, charmante comédienne, que vous avez peut-être vue dans "Il a déjà tes yeux", qui semble enchantée d'être là malgré sa hantise des films qui font peur !

Et il y a les têtes d'affiche du genre, connus des seuls spécialistes, que l'on croise dans la rue, sans même se douter que leur imaginaire oscille entre zombies et mares de sang. Des jeunes réalisateurs, légèrement frappés, dont le plus grand plaisir est de vous faire extérioriser vos propres frousses à l'aune des "jumpscare" et autres effets gore. Des jeunes gens, à qui pourtant vous confieriez le bon dieu sans confession.

Et puis surtout il y a les amateurs, ceux que l'on croise le matin dans la salle de petit-déjeuner de l'hôtel, et le soirs dans les bars après les séances, qui devisent entre eux sur les mérites des films qu'ils viennent de visionner :

Tu vois, dans ce film, le réalisateur a filmé des ronds-points, des parkings de supermarchés, des lieux banals, mais il a réussi à leur donner une dimension, un vrai truc : ça c'est le talent !

Ah ? Vraiment ? Vous demandez à voir ? 

Ben moi pas ! Rien qu'à l'idée d'aller m'enfermer dans une salle obscure, pour y voir des crétins se faire trucider d'une manière à laquelle je n'aurai jamais pensé, j'en tremble. Parce que je me suis toujours demandé, comment les héros de ce genre de films pouvaient se mettre dans des situations pareilles :
en pleine forêt, un soir d'hiver et sous une pluie battante, la voiture du héros tombe en panne. Au loin, une lueur et de la fumée qui sort d'une cheminée : un refuge. Notre héros va demander de l'aide et court frapper à la porte salutaire. Après une longue attente, la porte s'ouvre brusquement dans un grincement sinistre : un bûcheron hagard s'encadre dans la porte, derrière lui une silhouette furtive se faufile. Ou était-ce autre chose qu'une silhouette ? 

Là, si vous êtes normalement constitué, vous remerciez gentiment, vous bredouillez que finalement vous avez retrouvé la batterie de votre téléphone et que tout s'arrange, "excusez pour le dérangement !" et vous vous barrez très très vite.  
Mais non, notre héros du film gore, l'abruti, lui préfère rester au chaud, près de la cheminée du bûcheron... Erreur, grossière erreur !

Mais les amateurs aiment ! ils en redemandent ! Et ils causent entre eux. Les plus férus sont devenus critiques du genre et se gaussent des effets "trop faciles" et jugent de ce qu'il peuvent ou non dévoiler : "Attention à ne pas spoiler !" C'est peut-être encore plus vrai dans le film de genre : ne pas trop en dire pour ménager les effets.

Et Gérardmer c'est ça : à l'hôtel, dans les restaurants et surtout dans les bars, tout le monde en parle. Partout, les tables sont pleines pendant le festival : le coin select pour les vedettes du jury et les invités d'honneur dans les bar d'hôtels haut de gamme, les restos et les troquets pour les autres, partout les conversations de passionnés. Beaucoup de jeunes hommes en semaine, mais le vendredi se termine avec la vague "weekend-ienne" des festivaliers et là c'est une autre histoire ! 

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