Dès le 1er janvier, les agents de la sécurité privée pourront être armés

Très attendu dans l'univers de la sécurité privée, ce texte est la traduction réglementaire d'une disposition de la loi sur la sécurité publique du 1er mars 2017. / © LAURENSON Philippe/PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP
Très attendu dans l'univers de la sécurité privée, ce texte est la traduction réglementaire d'une disposition de la loi sur la sécurité publique du 1er mars 2017. / © LAURENSON Philippe/PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP

Les agents de la sécurité privée pourront être armés à partir du 1er janvier 2018, avec selon les cas le droit d'être doté d'une matraque, bombe lacrymogène, voire une arme, selon un décret publié dimanche au Journal officiel.

Par CM avec AFP

Les agents de protection rapprochées pourront désormais être armés quand ils "assurent la protection d'une personne exposée à des risques exceptionnels", précise le décret.
De leur côté, les agents de sécurité privée ou vigiles pourront eux aussi être dotés d'armes de poing s'ils exercent leur activité dans des circonstances, définies par le préfet, qui les exposent à "un risque exceptionnel d'atteinte à leur vie".

Si tel n'est pas le cas et sous certaines conditions, ces agents pourront utiliser des armes non létales ("matraques de type bâton de défense ou tonfa, matraques ou tonfas télescopiques ou les générateurs d'aérosols incapacitants ou lacrymogènes").

Très attendu dans l'univers de la sécurité privée, ce texte est la traduction réglementaire d'une disposition de la loi sur la sécurité publique du 1er mars 2017, votée sur fond de menace terroriste sous le précédent quinquennat et qui a assoupli les règles de légitime défense pour les policiers. 

La CNCDH évoque une "banalisation d'une présence armée dans l'espace public" 


En février, lors des débats sur la loi sécurité publique, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) s'était émue qu'on autorise à être armés des agents "dont les modalités de sélection, de formation et d'encadrement (sont) très éloignées de celles prévalant pour les agents des forces de l'ordre".

Elle avait également critiqué l'absence de "chaîne de commandement centralisé" ou de "déontologie". Selon la CNCDH, "un tel mouvement est propice à la banalisation d'une présence armée dans l'espace public, propre à modifier le rapport social aux armes". 

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