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Légionellose : une amende maximale de 375.000 euros requise contre Noroxo

Le parquet a requis devant le tribunal correctionnel de Béthune une amende maximale de 375.000 euros contre l'usine Noroxo, qui n'a rien fait selon lui pour enrayer l'épidémie de légionellose qui a fait 83 victimes en 2004 dans le Pas-de-Calais. .
La Parquet a également requis une amende de 375.000 euros contre le sous-traitant chargé du traitement de l'eau sur le site, GE Water & Process Technologies, ainsi qu'une condamnation à 2 ans de prison avec sursis et 50.000 euros d'amende de l'ex-directeur de l'usine, désignée comme la seule source de contamination.

Le procureur a reproché à Noroxo d'avoir privilégié la poursuite de son activité en octobre 2003 alors qu'un arrêté préfectoral du 17 décembre 2001 lui imposait la fermeture de ses installations en cas d'une concentration en légionelles supérieure au seuil autorisé de 100.000 Unités formant colonies par litre (UFC/l).

Noroxo a fait le choix de l'illégalité


"Noroxo a manifestement fait le choix de l'illégalité en ne fermant pas ses installations",a accusé le magistrat, Brice Partouche. "Il n'y a aucune dérogation possible" à ce texte, a-t-il poursuivi. "On ne peut pas mettre ça sous le boisseau et dire qu'on verra plus tard", comme l'a fait Noroxo
selon lui. "On parle d'une bactérie mortelle!".

Le parquet a dénoncé "un chantage à l'emploi" exercé à l'époque par l'entreprise, qui avait invoqué le sort de ses 150 salariés pour ne pas fermer temporairement. Selon lui, le lien de causalité entre l'usine et l'épidémie est "certain".
Il a exclu d'autres sources potentielles de contamination, rappelant que durant l'épidémie, 1.700 établissements publics avaient été inspectés et 750 prélèvements industriels effectués, sans rien révéler d'anormal.

"ExxonMobil responsable moralement"


"Le site de Noroxo était infesté de légionelles" dans "des seuils épidémiques", et les bactéries se sont propagées dans un rayon d'une dizaine de kilomètres autour de l'usine via les micro-gouttelettes d'eau diffusées par les tours aéro-réfrigérantes,
a expliqué M. Partouche.
"Le circuit était vieux, soulevait des problèmes et pourtant rien n'a été fait pour enrayer cette prolifération de légionelles", a-t-il déploré, dénonçant les traitements chimiques "inefficaces" réalisé par Noroxo. L'épidémie s'était propagée en deux vagues, de novembre 2003 à janvier 2004, dans l'ancien bassin minier lensois autour de l'usine pétrochimique, à Harnes, démantelée depuis par son propriétaire, le groupe américain ExxonMobil.
Bien qu'il ne soit pas poursuivi, ce dernier porte la "responsabilité morale" du drame, a estimé le procureur. Le jugement devrait être mis en délibéré mercredi après les plaidoiries de la défense.

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