Un infirmier libéral du Pas-de-Calais a été mis en examen début février pour escroquerie aggravée d'organismes sociaux, avec un préjudice dépassant les 700.000 euros, a-t-on appris mardi auprès de la police judiciaire de Lille.
L'homme de 47 ans, qui exerçait dans le bassin minier, "avait développé une activité hallucinante et totalement aberrante en termes de chiffre d'affaires, (...) multiplié par 7 par rapport au chiffre moyen d'un infirmier libéral", a expliqué à l'AFP la commissaire Magali Caillat, directrice adjointe de la police judiciaire de Lille.
Interpellé et placé en garde à vue avec son épouse le 4 février, l'infirmier a été mis en examen pour escroquerie aggravée (car concernant des organismes sociaux), ainsi que pour faux et usage de faux. L'épouse est poursuivie pour recel d'escroquerie. L'escroquerie se serait étalée de 2008 à juin 2012 et concernait la Caisse d'assurances retraite du bassin minier (CARMI) et la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de l'Artois.
Appartement, voitures, bateau
Le préjudice s'élève à 649.000 euros pour la CARMI et 70.000 euros pour la CPAM. L'infirmier fabriquait notamment de fausses ordonnances, volant "des étiquettes à ses patients pour les coller sur des ordonnances qu'il faisait lui-même", ou bien gonflant les kilométrages de ses déplacements, selon Mme Caillat.
L'infirmier a reconnu ces pratiques, "même s'il a minimisé les faits", a-t-elle ajouté. En quatre ans, le couple avait aussi accumulé quelque 150.000 euros de voitures, un appartement de 210.000 euros, 65.000 euros de voyages et un bateau de 20.000 euros, a précisé la commissaire.
Les enquêteurs ont pu transmettre à la justice un dossier patrimonial dès la fin de la garde à vue du couple, conduisant la justice "à prendre d'entrée de jeu des mesures de saisie", à hauteur de 800.000 euros, a expliqué Mme Caillat. Les époux ont été placés sous contrôle judiciaire, avec interdiction de quitter le territoire et d'exercer son métier pour l'infirmier. Ils seront jugés par le tribunal correctionnel d'Arras le 19 mars.
En octobre, une infirmière soupçonnée d'avoir escroqué la CPAM à hauteur d'un million d'euros a été mise en examen par le parquet de Valenciennes
(Nord).