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Viande de cheval : un regain dans le Nord-Pas-de-Calais, grâce au scandale en Europe ?

La boucherie chevaline d'Hénin-Beaumont vend encore plus qu'avant l'affaire Findus.
La boucherie chevaline d'Hénin-Beaumont vend encore plus qu'avant l'affaire Findus.

Le Nord-Pas-de-Calais concentre 20% de la consommation de cheval en France. Une consommation qui s'était effondrée. Mais le scandale qui bouscule l’industrie agroalimentaire en Europe dope la consommation dans certaines boucheries, par effet de curiosité. A raison ?

Par Mickael Guiho

A Calais, Huchin emploie plus de cent personnes. C’est la plus grosse boucherie chevaline du Pas-de-Calais. Avec cinquante ans d’existence, elle a engrangé des clients fidèles. Et le scandale actuel ne semble pas les inquiéter. Aucun n’a posé de questions, « ça ne m’atteint pas du tout », assure la gérante.

Mieux que ça, "l'affaire Findus-Spanghero" doperait les ventes, par effet de curiosité. C’est ce qu’a constaté notre journaliste Alain Mery, dans une boucherie chevaline du Nord.

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Consommation de cheval



Faut-il comparer artisans et industriels ?


Pour Alain Duplat, président du syndicat des artisans-bouchers du Pas-de-Calais, « le consommateur a confiance en son boucher », d’autant plus depuis l’époque du scandale de la viande aux hormones. « Depuis cette affaire, la grande distribution a perdu des parts de marché. Nos clients se sentent plus sécurisés en boucherie traditionnelle ».

Mais ont-ils raison ? Si l’élevage de chevaux est important dans la région, il ne fournit pas tous les bouchers. Loin de là. Comme les industriels, l’approvisionnement des artisans-bouchers passe parfois par un système complexe, qui mène vers l’étranger : la Belgique, les Pays-bas, l’Irlande,… mais aussi les États-Unis ou les pays de l’Est.

Pour autant, Alain Duplat insiste : « Il ne faut pas comparer l’industrie avec la boucherie artisanale, qui a un approvisionnement en viandes de qualité, avec une identification et une tracabilité sans problème, avec toutes les garanties possibles. »


Première région française de l’hippophagie


L’hippophagie – consommation de viande de cheval – s’est établie en France à la fin du 19e siècle, essentiellement en ville et dans les régions ouvrières. C’est ainsi que le Nord-Pas-de-Calais est devenu – et reste malgré un effondrement de la consommation depuis une vingtaine d'années – la région la plus hippophage de France, avec l’Est de l’Ile-de-France.

Sur les quelques 30 000 tonnes de viande de cheval consommées en France chaque année, 20% est consommé dans la région, grâce à pas moins de 186 boucheries chevalines, selon Interbev. Des bouchers qui, de plus en plus souvent, se font mobiles et vendent dans les marchés.

Le Nord-Pas-de-Calais compte aussi près de 1200 élevages (sur 45000 en France), dont 450 de chevaux de trait. C’est d’ailleurs grâce à la boucherie que les 9 races de chevaux de trait, menacées d’extinction selon l’Union européenne, sont sauvegardées. 80% des 16000 animaux naissant chaque année en France sont destinés à la consommation, contre seulement 2% pour l’attelage et autres loisirs.

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