Noyés de la Deule : un complément d'enquête deux ans après les faits

Rebondissement deux ans après la mort de Thomas Ducroo, retrouvé noyé dans la Deule. Selon la Voix du Nord, le procureur de Lille a ordonné un complément d'enquête, visant un bar de nuit. Il lui est reproché d'avoir servi le jeune homme déjà dans un état d'ébriété avancé.

Noyés de la Deule, une loi des séries entamée en 2009 mais pour laquelle les enquêteurs ont toujours conclu à l'accident, faute de preuve pour étayer la piste d'un pousseur
Noyés de la Deule, une loi des séries entamée en 2009 mais pour laquelle les enquêteurs ont toujours conclu à l'accident, faute de preuve pour étayer la piste d'un pousseur © france3
Thomas Ducroo, 26 ans, avait été retrouvé mort, noyé dans la Deule, le 5 février 2011. Après une soirée bien arrosée avec des amis, il avait bu un dernier verre dans un bar du Vieux Lille. C'est cet établissement, Le Privilège, qui se retrouve à nouveau dans le collimateur de la justice, après avoir déjà subi une suspension temporaire de son autorisation de fermeture tardive, il y a deux ans. La PJ de Lille avait en effet démontré que l'établissement avait servi de l'alcool à Thomas Ducroo, malgré son ébriété. Aujourd'hui, il risque des poursuites pénales.


Responsabiliser les bars à l'alcoolisation des jeunes

"Servir de l'alcool à une personne ivre, c'est interdit et passible d'une contravention. Si l'homicide involontaire par imprudence est établi, cela devient un délit puni de trois ans de prison et 45  000 E d'amende. », a exposé le procureur de Lille Frédéric Fèvre, à la Voix du Nord. Il vient de demander un complément d'enquête pour cette affaire.
"Ces noyades ont permis une prise de conscience sur les dangers de l'alcoolisation massive des jeunes. Chacun, dont les tenanciers, doit assumer ses responsabilités", a-t-il précisé.


La thèse de l'accident toujours privilégiée

Les enquêtes sur les autres noyés (John Ani, Jean-Mériadec Le tarnec et Lloyd Andrieu), sont, elles closes.
Et ce rebondissement dans l'affaire Thomas Ducroo ne relance pas pour autant la thèse d'un pousseur. Malgré les coïncidences troublantes (victimes toutes retrouvées dans un périmètre proche, toutes disparues au petit matin après une nuit bien arrosée dans le même quartier lillois, toutes des hommes jeunes entre 20 et 33 ans), les enquêteurs n'ont aucun élément pouvant étayer cette possibilité criminelle.

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