Béthune : première journée de procès pour Gérard Dalongeville

Gérard Dalongeville lors de cette première journée de procès au tribunal correctionnel de Béthune. / © France 3 Nord Pas de Calais
Gérard Dalongeville lors de cette première journée de procès au tribunal correctionnel de Béthune. / © France 3 Nord Pas de Calais

Premier jour de procès pour Gérard Dalongeville ce lundi devant le tribunal correctionnel de Béthune. L'ex-maire d'Hénin-Beaumont comparaît notamment pour détournements de fonds publics. François Hollande a décliné l'invitation à témoigner de Gérard Dalongeville.

Par AFP

Le procès s'est ouvert en début d'après-midi, devant le tribunal correctionnel de Béthune. Gérard Dalongeville, 42 ans, maire d'Hénin,-Beaumont de 2001 à 2009, un temps sous l'étiquette socialiste, est jugé pour 18 détournements de fonds publics, 11 délits de favoritisme, 6 usages de faux et une corruption passive. Il encourt dix ans de prison et 150.000 euros d'amende.

Un dossier embarrassant pour le PS


Après les affaires Cahuzac, Andrieux, Guérini et Kucheida, c'est un nouveau dossier qui embarrasse le PS. En cours d'instruction, après huit mois de détention provisoire, Gérard Dalongeville avait dénoncé un "financement occulte" dans la fédération socialiste du Pas-de-Calais, l'une des plus puissantes de France, dans des lettres adressées à la justice qui ont entraîné l'ouverture d'une enquête préliminaire.

Estimant que François Hollande, alors premier secrétaire du PS, ne pouvait pas "ne pas savoir", il l'a depuis fait citer à témoigner à la barre. "Quand on est à Solférino (siège du PS à Paris, ndlr) pendant onze ans, on doit connaître parfaitement, intimement la fédération du Pas-de-Calais, qui est la première de France", a déclaré M. Dalongeville à son arrivée au palais de justice de Béthune, ajoutant que "l'éclairage" de François Hollande sur les affaires du PS lui paraissait "pertinent".

Béthune : premier jour de procès pour Gérard Dalongeville
Avec Gérard Dalongeville, l' ancien maire d'Hénin-Beaumont, Eugène Binaisse, le maire d'Hénin-Beaumont et Me Francis Terquem, l'avocat de Gérard Dalongeville.


François Hollande décline l'invitation à témoigner


Sans surprise, François Hollande a décliné l'"invitation à témoigner" de Gérard Dalongeville. Il n'a pas non plus écrit au tribunal, a indiqué la présidente.
La justice soupçonne M. Dalongeville d'avoir mis en place - avec son ancien premier adjoint chargé des finances de 2001 à 2008, Claude Chopin, et un homme d'affaires, Guy Mollet, également renvoyés - un système de fausses factures entre 2006 et avril 2009, au bénéfice de sociétés qui n'ont jamais honoré les prestations correspondantes. Leur montant pourrait atteindre quatre millions d'euros.

"Dire toute la vérité"


Gérard Dalongeville, qui conteste les faits qui lui sont reprochés, entend lors de ce procès, qui doit durer jusqu'au 14 juin, "dire toute la vérité (...) même
si elle ne fait pas plaisir à certains et à certaines"
"J'attends ce moment avec impatience, qu'on puisse avoir toute la lumière sur ces affaires du Pas-de-Calais" après "quatre ans d'instruction, quatre ans pénibles", a-t-il dit à la presse, souriant, chemise blanche sous costume sombre.

Son avocat, Me Francis Terquem, a sollicité l'annulation de l'ordonnance de renvoi, estimant que le dossier avait été "saucissonné" et que certains "aspects" du dossier - dont la mise en examen d'un magistrat de Béthune, Pierre Pichoff, pour corruption passive, et le financement du PS - avaient été "masqués". Le procureur de la République, Jean-Pierre Roy, a rétorqué que les "révélations" de Gérard Dalongeville, dans de "multiples courriers" à la juge chargée d'instruire son dossier, en décembre 2010, étaient intervenues après l'ouverture de procédures judiciaires. "Il a pris le train en marche" pour "s'en tirer à bon compte", a estimé le procureur.

Après une suspension d'audience, le tribunal a décidé de joindre l'incident au fond (c'est-à-dire d'intégrer sa décision dans le délibéré final, ce qui permet
au procès de se poursuivre), avant de passer à l'évocation des faits. 

Vingt prévenus sont présents


Vingt des vingt-et-un prévenus (dont les gérants des sociétés incriminées) étaient présents lundi, l'un d'entre eux étant actuellement incarcéré en Espagne dans une affaire de +go fast+ au cours duquel un policier a été tué. 
La commune d'Hénin-Beaumont s'est constituée partie civile.

Gérard Dalongeville avait été mis en examen en avril 2009, un an après sa réélection face à Marine Le Pen (FN). Il avait été par la suite révoqué de son mandat de maire en conseil des ministres, et exclu du Parti socialiste.

L'audience reprendra demain mardi, à 13 h 30.

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