Affaire Clélia : le procès de Julien Sailly en direct (2ème jour)

Publié le Mis à jour le
Écrit par Emmanuel Pall

Suivez en direct le procès à la Cour d'Assises de Saint-Omer de Julien Sailly accusé d'avoir tué sa petite amie Clélia Medina en 2008 à Lambersart. En première instance, en 2012, il avait été condamné à 20 ans de prison. Il clame son innocence. 

Pour suivre ce direct, n'hésitez pas à rafraîchir régulièrement votre page en tapant la touche F5 de votre clavier. Vous pouvez également relire le compte-rendu de la 1ère journée ici. 

 

15h00 Suspension de séance

Maître Dupond-Moretti, avocat de Julien Sailly, a fait un léger malaise ce mardi après-midi. Un médecin est intervenu et des examens complémentaires sont envisagés. L'audience ne va reprendre que demain mercredi 9h. 


Incident à la suspension de séance à midi. Une insulte aurait été lancée par un jeune homme de la famille de Clélia à l'encontre d'un autre jeune homme de la famille de Julien Sailly dans la salle des pas perdus. Pas encore sorti de la salle d'audience, le père de Julien Sailly a alors dénoncé en criant la manière dont on traitait sa famille. Me Dupond-Moretti, intervenu pour calmer la famille de son client, a évoqué la possibilité d'en parler à la présidente. 


11h30 L'accusé revient sur le jour précédant les faits, à la demande de la présidente

Les débats s’animent, la présidente Catherine Schneider pose des questions depuis une dizaine de minutes à l’accusé sur le déroulement de la soirée du 16 au 17 février 2008. Ce soir là, Clélia et Priscilla, les deux « amantes » de Julien Sailly sont dans la discothèque le Flib, à Lille, lequel, chez lui, est appelé par Clélia pour la raccompagner.

Il vient. Suivent des disputes après que Priscilla ait indiqué par SMS à Clélia que Julien était avec elle désormais. Julien prend sa Twingo et raccompagne Justine, une amie de Clélia, et cette dernière.

Justine témoignera de violentes disputes entre Julien Sailly et Clélia. Julien menaçant même de les mettre dans un mur tous les trois.

Les choses rentrent plus ou moins dans l’ordre. Le conducteur, Julien Sailly reçoit des SMS de Priscilla pendant qu’il roule. Des SMS auxquels il répond, dans un premier temps, en conduisant.
- « Clélia ne devait pas être contente de ces messages ? demande la présidente.
- « Elle n’était pas au courant que c’était Priscilla »

Depuis de longues minutes, les échanges portent maintenant sur les contenus des messages et sur les horaires, ainsi que le moment où Julien Sailly a appris la mort de Clélia et le jour de sa première déposition.

Déposition du 18 février, première de Julien Sailly : « Je suis venu vous voir ce soir de ma propre initiative car j’ai appris que Clélia avait disparu... » lue par la présidente.


11h15 Eric Médina, père de Clélia

"Je peux entendre le dernier témoin d'hier soir qui disait que Julien est innocent. J'entends, mais Julien a été condamné à 20 ans en première instance même s'il reste présumé innocent aujourd'hui." 
 

Eric Médina : "J'avais qu'une seule fille on me l'a enlevée". Lit un message de son fils de 12 ans sur un sujet de rédaction du collège. "Quand j'avais huit ans, mon père a reçu un coup de fil lui apprenant la mort de sa fille".  Eric Médina poursuit la lecture de la rédaction de l'adolescent dont la version montre qu'il pense que l'accusé est coupable. 
(...)
On souffre en silence, on essaie d'être digne (...) j'aimerais qu'il en soit ainsi de la famille adverse. 

Il n'y a personne qui a pu rencontrer ma fille après 5h00 ce matin là. Je pense que Julien Sailly est coupable...


Pas de question complémentaire de la présidente, ni de l'avocat général, ni de l'avocat de la défense. 

10h10 Carole Salomé, mère de Clélia s'exprime

Elle parle de sa fille avec émotion. Son parcours, Son adolescence, sa volonté d'être autonome. "Ca n'a pas toujours été facile. Un jour elle est venue, à 16 ans. Maman, j'ai rencontré Julien... "Je pense que je l'aime". Ils sont venus régulièrement à la maison, ils étaient souvent dans la chambre. "

"Moi, j'aimais bien Julien mais Clélia m'a dit non maman, tu ne le connais pas... Au départ, je le défendais pour ma fille parce qu'elle l'aimait"

Puis de raconter, ces mêmes vacances (évoquées ci-dessous à Valras, près de Narbonne) et les différents problèmes de comportement que posaient Julien.

Carole Salomé évoque ensuite les séparations successives de sa fille avec Julien avant d'en venir à février 2008.

A ce fameux soir de sortie en discothèque. "Clélia était pressée de voir ses copines et de sortir" dit-elle en pleurs, à la barre. 

"Elle était avec Justine, puis elle a demandé à Julien de venir la chercher.

Le lendemain, Clélia n'était pas à la maison, j'ai appelé Julien qui m'a dit qu'il l'avait déposée au rond point (2) près de la maison. J'ai appelé différentes personnes, la police... 


En contact avec le SRPJ, j'ai demandé s'ils lui avaient fait du mal ? Ils m'ont répondu oui... Ensuite j'ai voulu aller la voir...  

J'ai jamais pensé que c'était Julien au début. Mais deux mois après, j'ai douté. Pour moi aujourd'hui, c'est lui


après avoir entendu (...) vu le cric (...), explique Carole Salomé. 

9h55. Un autre témoin 

Une autre témoin décrit un Julien "violent" qui a mis une claque à sa fille de 12 ans lors de vacances passées avec le couple "fusionnel-passionnel" que formaient Clélia et Julien. 

"On aurait dit un fou, il m'a fait très peur" lit la présidente à propos d'une déposition de la témoin, qui confirme. D'après les déclarations de la témoin, le couple gardait sa petite fille. Mais des scènes de ménage étaient fréquentes entre Julien et Clélia, ce qui faisait peur à la petite gardée, explique sa mère, témoin aujourd'hui, qui dit qu'elle a eu aussi peur pour Clélia. 
(...)
- "Quand les choses ne tournent pas comme il veut, il éclate ?" demande l'avocat général
- Oui, c'est cela".
(...)
L'avocat général poursuit ses questions à la témoin qui décrit un Julien "violent", "manipulateur", à la double personnalité : timide et respectueux d'un côté, violent et agressif de l'autre. 
(...)

9h42 L'avocat général interroge la témoin

"Le dernier jour de nos vacances pour un jeu scrabble qu'il ne voulait pas prêter il a donné des gifles à Angelina... Il a voulu se battre avec le maître nageur du camping. Et avec quelqu'un qui avait fait un compliment à Clélia.
(...)
A propos d'une blessure que Julien s'était faite en frappant une portière de voiture... J'ai dit : "Tu vois Clélia, la prochaine fois cela sera toi" 

Dernière question de l'avocat général, Luc Frémiot :

- Qu'avez-vous pensé quand vous avez appris la mort de Clélia ? 
- Tout de suite, j'ai pensé que c'était Julien, dit la témoin...

Grondement dans la salle. 

9h20 Une autre témoin amie de Clélia à la barre
 

 "Clélia, elle était excessive, impulsive, ça plaisait ou pas. Nous sommes partis en vacances à l'été 2007 avec Julien et là j'ai découvert quelqu'un que je connaissais pas, quelqu'un de jaloux, violent, j'ai assisté à une scène dans les douches du camping.

On devait tout le temps gérer les jalousies. C'était des vacances difficiles. Je lui ai dit : Julien tu es très jaloux tu devrais consulter." 


 


 

Autre épisode pendant ces vacances, raconte la témoin. "Au sujet d'une cigarette refusée, des jeunes ont fait des signes nazis vis-à-vis de Julien (1). Ce dernier avait pris un couteau : il disait qu'il voulait buter quelqu'un"

"Ensuite, après les vacances, je les revus, ils étaient en union libre, c'était une amitié améliorée"


9h Début de l'audience : une amie de Clélia à la barre


"Clélia elle était toujours souriante, toujours serviable. Je connaissais Julien, leur relation c’était je t’aime moi non plus… Julien je l’ai souvent défendu parce que c’est quelqu’un que j’appréciais mais elle me disait tu sais : Julien, il n’est pas toujours gentil avec moi.
(…)
Ils se sont disputés en discothèque au Flibustier, Clélia ne s’est pas laissé faire. Je l’ai vu, il lui a parlé sur la piste de danse et il l’a frappée dans le couloir. Je savais qu’il avait une nouvelle copine mais je ne savais pas qui c’était."

(...)
"Une fois il a essayé de l'étrangler m'a-t-elle racontée, tu le connais pas Julien, disait-elle"

La présidente donne alors la parole à l'accusé qui conteste ce que dit la témoin. Une vive discussion s'en suit entre la témoin et l'accusé.

-"La scène qu'elle décrit, elle a déclaré ne pas y avoir assisté lors de sa déposition" Me Dupond-Moretti
-"Et bien la déposition a été mal prise", rétorque la témoin.
(...)

Me Blandine Lejeune revient sur la violence dont aurait fait preuve l'accusé en discothèque - selon l'amie de Clélia. Pourquoi avez-vous été sorti par un vigile de la discothèque ?
L'accusé ne dément pas avoir été sorti de la discothèque mais conteste avoir frappé Clélia. (1) Julien est métisse, a un père d'origine algérienne et la peau légèrement colorée
(2) Le rond point se situe à 800 m du domicile de Carole Salomé, estime cette dernière