Le maire de Croix au sujet des Roms : “Si un Croisien commet l'irréparable, je le soutiendrai !”

Régis Cauche, maire de Croix (UMP) / © F3
Régis Cauche, maire de Croix (UMP) / © F3

Régis Cauche, maire de Croix, tient des propos extrêmement fermes à l'égard des Roms, installés depuis plusieurs semaines sur le territoire de sa commune. Affirmant que sa population "n'en peut plus", il craint un "drame" mais affirme qu'il apporterait son "soutien à l'auteur de ce drame".

Par Thomas Millot

Au moment même où l'affaire du "bijoutier de Nice" est au coeur de l'actualité, le maire de Croix affirme qu'il soutiendrait ses administrés, s'ils s'en prenaient aux Roms, qu'il accuse de nombreux vols ou dégradations dans sa commune.

Depuis plusieurs semaines et l'évacuation du camp illicite de Lille-Sud, Régis Cauche déplore "une arrivée massive de roms à Croix... Ils s'installent sur un terrain privé, la ville ne peut rien faire alors il faut que je m'en explique".

Régis Cauche, après avoir déclaré ces propos à nos confrères de La Voix du Nord, les confirme et les assume "non pas en tant que maire, mais en tant que citoyen", assurant que les "croisiens n'en peuvent plus". 

"Je sens qu'il peut arriver quelque chose"

Régis Cauche explique qu'un agriculteur de sa commune a été victime de trois cambriolages en fin de semaine dernière, et pour lui cela ne fait aucun doute, ce sont des roms qui les ont commis.

"Cet exploitant s'est fait voler 15 canards, 2 chèvres et autres volailles, et il s'apprêtait à passer la nuit de samedi à dimanche dans sa grange" raconte-t-il. "Je ne peux pas imaginer qu'il ne soit pas armé dans ces conditions... Si un drame se produit, beaucoup de monde soutiendra l'auteur de ce drame, et moi avec, en tant que citoyen respectueux de la propriété privée... Comme à Nice. Après on joue sur les mots, légitime défense ou pas... Je revendique le respect de la propriété en France".

Le maire de Croix assure que les vols se multiplient à Croix, "Vols de câbles sur les voies ferrées, vols dans les entreprises", et il se dit certain que les roms sont coupables : "je confirme mes propos sur l'identification de ces gens".

"Pas de leçon d'humanité à recevoir de personne"

Régis Cauche déplore "l'abandon de l'Etat" dans la gestion des roms. "Il y a un ordre d'évacuation du TGI de Lille mais le Préfet ne l'exécute pas, je le vis très mal parce que l'Etat ne remplit plus sa mission".

"Ces gens (les roms) vivent dans des conditions déplorables, sont affamés. Il faut bien qu'ils survivent mais il faut aussi éviter qu'ils s'en prennent à la population croisienne" déclare encore le maire de Croix

"Durant les deux derniers hivers, la ville de Croix a mis à disposition des locaux pour accueillir les roms dans de bonnes conditions lors des plans Grand Froid, alors je n'ai de leçon d'humanité à recevoir de personne", justifie Régis Cauche qui attend une "décision du Préfet d'ici à vendredi. On a évacué des centaines de roms de Lille-Sud, sans aucun plan B, et ils viennent à Croix. C'est urgent !".

Nombreuses réactions politiques


Dans les rangs de l'opposition à la mairie de Croix, le socialiste Mario Califano a réagi aux déclarations de Régis Cauche dans les colonnes de La Voix du Nord, dénonçant "des propos irresponsables qui sont de l’incitation à la haine raciale et s’apparentent aux discours antijuifs des années 30".

Martine Aubry, maire de Lille et présidente de la Communauté Urbaine de Lille s'est dite "profondément outrée" par les propos du maire de Croix. " Au moment où chacun cherche à trouver des solutions pour permettre à la fois l’évacuation des campements illicites et le relogement de familles, cet appel à la violence et cette incitation à se faire justice soi-même sont hautement irresponsables". Le Parti Socialiste, fédération du Nord a également publié un communiqué"Le PS nord condamne avec force l'incitation à la haine raciale et l'appel à la violence du Maire de Croix qui, par ses propos soutenant "ceux qui voudraient commettre l'irréparable contre les Roms"

Et sur les réseaux sociaux, de nombreuses personnes, politiques ou citoyens, ont également réagi à ces déclarations.

 

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