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Qui est Mehdi Nemmouche, le suspect roubaisien de la tuerie du Musée juif de Bruxelles ?

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Agé de 29 ans, Mehdi Nemmouche a été condamné condamné à sept reprises et incarcéré cinq fois, notamment à Lille et à Toulon. Il est aujourd'hui le suspect principal de la tuerie du musée juif de Bruxelles qui a fait quatre morts samedi 24 mai.

Par Myriam Schelcher

Le 13 août 2006, la supérette de la ZUP de la Bourgogne à Tourcoing était braquée par trois individus. Pour ces faits, Mehdi Nemmouche avait été condamné à 24 mois de prison en 2009. Il avait alors 24 ans. Son ancienne avocate Me Soulifa Badaoui évoque ce dimanche un jeune homme "intelligent et vif d'esprit, respectueux des règles et respectueux des autres, de son avocat et des juges".

Dans son rapport, l'expert psychiatre qui l'avait auditionné alors avait conclu à "un niveau intellectuel légèrement supérieur à la moyenne", avec le fonctionnement psychique "d'un jeune homme déterminé, cohérent, plutôt superficiel dans ses choix et attentif à l'image qu'il peut donner de lui même".

Pour le braquage de la supérette, Mehdi Nemmouche exécutera sa peine en 2011 à Sequedin, car en 2009, il était déjà incarcéré dans le Sud, pour une autre affaire.
En tout, le principal suspect de la tuerie de Bruxelles, interpellé vendredi devant la gare Saint Charles à Marseilles, a été condamné à sept reprises et incarcéré cinq fois, notamment à Lille et à Toulon.

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Une enfance difficile

La première condamnation de Mehdi Nemmouche remonte à 2004 à Lille. A 19 ans, il écope d'une peine de trois mois d'emprisonnement, pour des faits de vols avec violence.

Placé dès l'âge de trois mois dans une famille d'accueil en raison de graves carences éducatives de sa mère, il est né de père inconnu, et vivait chez sa grand mère à qui il avait été confié par le juge des enfants à l'âge de 17 ans. Il dormait aussi la plupart du temps dans sa voiture.

La dérive djihadiste

Un jeune homme à la dérive donc, mais pour lequel rien ne laissait présager une dérive jihadiste. Selon les premiers éléments de l'enquête, Mehdi Nemmouche est soupçonné de s'être rendu en Syrie en 2013. Il était fiché pour ces raisons par la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a dit une des sources françaises. Selon Le Monde, après sa sortie de prison en décembre 2012, il s'est rendu en Belgique avant d'entamer un "périple" en Grande-Bretagne, Liban, Turquie, et donc vraisemblablement Syrie.
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Il est ensuite repéré en Allemagne en mars 2014, au retour d'un voyage en Asie du Sud-Est. "Jusqu'à vendredi dernier, il n'était jamais revenu en France", écrit Le Monde.
Son ancienne avocate s'est elle montrée surprise. Lorsqu'il est devenu son client en 2007 "ce n'était absolument pas un jeune homme dans la religion ou qui avait une pratique religieuse particulière. Ce n'était pas son profil", a-t-elle déclaré ce dimanche.

Mehdi Nemmouche s'est radicalisé au cours de séjours successifs en prison, affirme de son côté le procureur de la République de Paris, François Molins. Il "s'était illustré par son prosélytisme extrémiste et l'appel à la prière collective en promenade", a-t-il précisé lors d'une conférence de presse.

Meurtre rue des Minimes


Similitudes avec l'affaire Merah


Le mode opératoire de la tuerie du musée juif de Bruxelles évoque étrangement celle de Mohammed Merah, auteur le 19 mars 2012 du quadruple assassinat devant le collège-lycée juif Ozar-Hatorah à Toulouse. Comme Merah, le tueur de Bruxelles a filmé son crime à l'aide d'une caméra portative de type go Pro. 

Placé en garde-à-vue depuis son arrestation vendredi, Mehdi Nemmouche se mure pour l'instant dans le silence, selon les informations qui nous sont parvenues.

A 15 heures, le Procureur de Paris et le Procureur fédéral belge tiendront simultanément une conférence de presse. Un mandat d'arrêt européen a été émis par la justice belge en vue de l'extradition du suspect, a indiqué la RTBF

Le président Hollande appelle à une lutte de tous les instants contre les djihadistes

François Hollande, en déplacement en Normandie, a réagi à chaud sur l’arrestation : « Nous faisons tout contre ces Djihadistes, qui sont à peu près 700 dans notre pays, tout pour qu’ils puissent être suivis et empêchés de nuire. C’est une lutte de tous les instants, pour prévenir ce type de crime et arrêter ceux qui les commettent. Je veux dire à ces djihadistes que nous les combattrons, combattrons, combattrons. »
«Celui qui a été arrêté, et nous verrons la suite donnée à l’enquête, a été arrêté dès qu’il a mis le premier pied en France, en l’occurrence à Marseille», a déclaré le président de la République.
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«Tout le gouvernement est mobilisé pour suivre les djihadistes et éviter qu’ils puissent nuire», «notamment lorsqu’ils reviennent en France ou en Europe», a-t-il affirmé, «c’est une lutte de tous les instants».
Selon François Hollande, le plan d’action gouvernemental présenté en avril pour lutter contre ces filières djihadistes, va «être amplifié dans les prochains mois».


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