Lille : neuvième manifestation pro-Palestinienne

Manifestation pro-palestinienne sur la Grand Place de Lille / © MAXPPP
Manifestation pro-palestinienne sur la Grand Place de Lille / © MAXPPP

Entre 950 et 2.000 personnes, selon la police ou les organisateurs, manifestaient samedi après-midi dans le calme à Lille, en soutien au peuple palestinien et à Gaza.

Par Hélène Tonneillier

Le cortège est parti vers 16H30 de la Grand Place, aux cris de "Nous sommes tous des Palestiniens" et "Israël assassin, Hollande complice", derrière une banderole de tête proclamant "Halte au massacre à Gaza". A l'occasion de cette neuvième manifestation organisée à Lille depuis le début de l'offensive israélienne le 8 juillet, les organisateurs ont à nouveau demandé l'arrêt du jumelage de la commune avec la ville israélienne de Safed et dénoncé l'interdiction de la manifestation parisienne, accusant le gouvernement "de piétiner la liberté d'expression".  

D'autres rassemblements se sont tenus dans le département du Nord, réunissant 220 personnes à Valenciennes, 160 à Cambrai et 80 à Dunkerque, selon la préfecture.

Le rassemblement lillois ce samedi était moins important que celui du 13 juillet, notamment, où entre 2.300 et 6.000 personnes avaient manifesté. La prochaine manifestation est prévue demain sur le marché de Wazemmes.
Lille : neuvième manifestation pro-Palestine
Une reportage d'Yves Asernal et Hubert Veit Blumm

A Paris, des heurts avec les forces de l'ordre

Jets de projectiles, lacrymos et interpellations: malgré l'interdiction, plusieurs milliers de personnes ont participé samedi à Paris à un rassemblement propalestinien qui a donné lieu à des heurts avec les forces de l'ordre, une semaine après de violents débordements lors de précédentes manifestations interdites.

Dans le même temps, des milliers de personnes défilaient dans le calme à Lyon, Marseille, Lille ou Toulouse, comme chaque week-end depuis le début de l'offensive israélienne à Gaza il y a près de trois semaines. A Paris, la justice avait confirmé à la mi-journée l'interdiction de la manifestation, décidée par la préfecture de police au motif que les organisateurs n'avaient pas donné de garanties suffisantes de sécurité. Peu après, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, appelait solennellement les organisateurs à renoncer à leur initiative, avertissant qu'ils seraient tenus pour "responsables d'éventuels débordements (...) et passibles de sanctions pénales".

Mais vers 17H00, soit deux heures après le début du rassemblement, au moins 5.000 personnes se pressaient place de la République, où elles restaient statiques, sans chercher à défiler. D'abord calme, la manifestation a ensuite été émaillée d'incidents, lorsque des petits groupes ont commencé à lancer des projectiles sur les forces de l'ordre, déployées en masse.

Au total, environ 2.000 policiers et gendarmes avaient été mobilisés dans la capitale. Les gendarmes mobiles et CRS ont riposté en faisant usage de gaz lacrymogènes, tandis qu'un abribus était détruit et des pierres lancées sur des magasins. Avant ces troubles, au moins une quarantaine de personnes avaient déjà été interpellées, dont une vingtaine placées en garde à vue, selon une source policière.

Au début de la manifestation, la foule agitait sous le soleil des drapeaux palestiniens et bannières rouges du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), qui avait appelé à braver l'interdiction. "Israël hors de Palestine, il est fini le temps des colonies", "Israël assassin, Hollande complice", "Israël, casse-toi, la Palestine n'est pas à toi", "Nous sommes tous des Palestiniens," scandaient les manifestants.

"Cette manifestation est illégale, mais pour nous elle est plus que légitime. Il s'agit de manifester notre solidarité avec un peuple qui est en train de se
faire massacrer,"
expliquait Hugo, jeune militant du NPA dont la figure emblématique, Olivier Besancenot, était lui aussi présent sur la place. De jeunes hommes hissés sur une colonne ont activé des fumigènes aux couleurs de la Palestine et brûlé un drapeau israélien, sous des applaudissements.

Avant la manifestation, les forces de l'ordre avaient reçu, selon des sources policières, des "consignes de fermeté" pour intervenir "très rapidement et interpeller" en cas notamment de "slogans ou manifestations antisémites". Le président François Hollande avait dit le 14 juillet qu'il n'était pas question
de laisser "s'importer" en France le conflit israélo-palestinien, au lendemain de débordements près de synagogues, dans le quartier de la Bastille, à l'issue
d'une manifestation autorisée. Mais la ligne diplomatique de la France a été critiquée par certaines voix comme pro-israélienne.

Le week-end dernier, deux rassemblements interdits avaient dégénéré, l'un à Barbès, dans le nord de Paris, l'autre à Sarcelles, ville de la banlieue nord de la capitale, où des commerces, dont une épicerie casher, avaient été saccagés. Le Premier ministre, Manuel Valls, avait adressé vendredi soir un message d'apaisement aux musulmans de France. Venu à la mosquée d'Evry-Courcouronnes, une des plus grandes du pays, pour la rupture du jeûne du ramadan, il avait assuré qu'il n'y avait pas "deux poids deux mesures" à leur détriment. "Quand des casseurs se réclament d'une forme dévoyée de l'islam, ce sont les musulmans qui souffrent les premiers car ces actes nourrissent des amalgames insupportables", avait-il estimé.

En 19 jours, l'offensive israélienne sur Gaza a déjà fait au moins 1.000 morts côté palestinien et 39 côté israélien. Une réunion d'acteurs internationaux s'est tenue samedi à Paris, appelant à prolonger le cessez-le-feu humanitaire entré en vigueur en début de matinée.

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