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RC Lens : quand le gouvernement français appelle l'Azerbaïdjan à l'aide...

Patrick Kanner et Gervais Martel sur le chantier du Stade Bollaert ce vendredi. / © Gonzague Vandamme
Patrick Kanner et Gervais Martel sur le chantier du Stade Bollaert ce vendredi. / © Gonzague Vandamme

"L'état d'Azerbaïdjan est la seule piste possible" pour sauver le Racing Club de Lens a affirmé ce vendredi le ministre des Sports, Patrick Kanner, lors d'une visite de chantier au stade Bollaert-Delelis. Les Sang et Or n'ont plus que deux semaines pour trouver 16.5 millions d'euros. 

Par YF avec AFP

Le ministre des Sports, Patrick Kanner, a affirmé qu'après la défaillance de l'actionnaire majoritaire de Lens, Hafiz Mammadov, "la seule piste possible" pour aider le club artésien était "l'Etat d'Azerbaïdjan", vendredi lors d'une visite du chantier du stade Bollaert-Delelis. "Hafiz Mammadov ne peut plus financer le projet du RC Lens, c'est une certitude", a estimé M. Kanner. "C'est donc à l'Etat d'Azerbaïdjan d'assurer le relais, c'est la seule piste possible. C'est un financement aléatoire mais indispensable."
Patrick Kanner sur le RC Lens

La position du ministre est pour le moins étonnante, d'autant qu'il affirme, par ailleurs, que "l'Etat français n'est pas là pour soutenir un club ou un président mais pour jouer son rôle de facilitateur dans ce dossier, c'est purement de la diplomatie sportive." Pour Patrick Kanner donc, l'Etat français n'a pas à intervenir, mais l'Etat d'Azerbaïdjan, lui, doit absolument intervenir pour sauver un club français. Son argument ? "L'état d'Azerbaïdjan est tout de même sponsor maillot du club et des choses ont été annoncées par le passé. Alors que chacun prenne ses responsabilités." Sauf que Patrick Kanner, visiblement mal informé, se trompe : l'Etat d'Azerbaïdjan n'est pas et n'a jamais été le sponsor maillot du Racing Club de Lens. Le logo "Azerbaijan - Land of Fire" est une marque générique créée par Hafiz Mammadov et déposée par l'un de ses fils, Sanan, comme on peut le voir sur ce registre. Mammadov avait, certes, reçu l'aval des autorités azerbaïdjanaises pour promouvoir l'image du pays. Mais "Azerbaijan - Land of Fire" n'est ni un fonds souverain (à l'inverse de QSI, le fonds qatari propriétaire du PSG), ni la marque d'une société publique, ni le logo de l'office de tourisme du pays.

A gauche, le logo de l'office de tourisme d'Azerbaïdjan. A droite, le logo déposé par Hafiz Mammadov. / ©
A gauche, le logo de l'office de tourisme d'Azerbaïdjan. A droite, le logo déposé par Hafiz Mammadov. / ©

A la décharge du ministre, il faut reconnaître que Gervais Martel a toujours entretenu une certaine ambigüité sur le sujet. "Sur notre maillot, il n'est pas marqué "Autobus Mammadov" mais "Azerbaïdjan, Land of fire"", a-t-il lancé récemment sur le plateau de L'Equipe 21. Mais selon lensois.com, le président lensois a fini par admettre, jeudi, devant des représentants des supporters, qu'il n'existe aucun contrat de sponsoring maillot liant l’Azerbaïdjan au Racing. Imaginons donc la situation inverse : que dirait le gouvernement français si l'Azerbaïdjan lui demandait de verser 16.5 millions d'euros à un club azerbaïdjanais pour pallier la défaillance de son propriétaire français, sous prétexte qu'il aurait inscrit "France - Pays des Lumières" sur un maillot ?
Gervais Martel reste confiant

"On va trouver une solution dans les jours qui viennent et l'Etat azéri assurera le relais", affirme toutefois Gervais Martel. "Le ministre vous l'a dit et l'Etat d'Azerbaïdjan a validé mon communiqué (celui de jeudi NDR), nous sommes partenaires". Le président du RC Lens devrait se rendre la semaine prochaine à Bakou, la capitale azerbaïdjanaise, pour tenter d'obtenir les 16.5 millions nécessaires au club, avant son passage devant la DNCG, au plus vers la mi-décembre. Si d'ici là, les fonds n'arrivent pas, les Sang et Or pourraient risquer le dépôt de bilan. Certes, si le RC Lens se retrouvait dans cette situation, l'image de l'Azerbaïdjan en France en souffrirait. Mais cela incitera-t-il pour autant la république caucasienne à puiser 16.5 millions d'euros dans les caisses publiques pour renflouer un club français situé à plus de 4300km de la mer Caspienne ?

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