Dunkerque : des pêcheurs bloquent le port du Grand large pour un maintien des quotas en 2015

© Marie-Noëlle Grimaldi
© Marie-Noëlle Grimaldi

Alors que des manifestations de pêcheurs ont lieu à La Rochelle et Nantes, où les Assises de l'économie de la mer viennent de s'ouvrir, le mouvement a été relayé à Dunkerque.

Par avec AFP

Alors que plusieurs centaines de pêcheurs et plusieurs dizaines de navires, ont manifesté mardi à Nantes et la Rochelle pour réclamer le maintien à l'identique en 2015 des quotas de pêche, au premier jour des Assises de l'économie de la mer ouvertes à Nantes par Manuel Valls, 100% des fileyeurs dunkerquois (ils sont 17) ont bloqué le port du Grand large de Dunkerque à 14h00 ce mardi 2 décembre. 

Ils protestent contre la baisse probable des quotas. Notamment sur la sole à propos de laquelle les scientifiques demandent une baisse des quotas de pêche de 60%. 

Pour certains patrons de pêche qui ramènent à quai 85% de soles, la chute du chiffre d'affaires pourrait être de 50%. Les pêcheurs sont inquiets et regrettent que la loi change trop souvent. Ils contestent aussi que certains bateaux soient soumis à la directive "zéro rejet" qui les obligera, dès le 1er janvier 2015, à effectuer aucun rejet de poisson à l'eau, mais à les stocker, les ramener au port et les décharger. "Davantage de manutention, davantage d'espaces de stockage et davantage de charges" estiment-ils en conséquence.

Un blocage symbolique du port du Grand large de Dunkerque a eu lieu donc à partir de 14h00 cet après-midi. A Calais également ce matin, et des ventes de poissons à prix coûtant ont eu lieu à Lille, place de la République aujourd'hui.

Poissons à prix coûtant à Lille


Cornes de brume, tracts et fusées de détresse


A Nantes peu après 10H30, les pêcheurs ont accueilli au quai de la Fosse, près du centre de Nantes, les navires qui ont accosté en faisant sonner des cornes de brume. Ils ont distribué aux passants des tracts pour les sensibiliser à leur cause et allumé des fusées de détresse.

Plusieurs navires portaient des banderoles comme "L'Europe nous tue, laissez-nous travailler" ou "Baisse des quotas, baisse du chiffre d'affaires". Les manifestants ont en outre accroché une grande banderole, proclamant "Stop à la baisse des quotas", sur le pont Anne-de-Bretagne, près duquel les bateaux de pêche se sont amarrés.

"Ce qui nous importe, c'est la définition des quotas, et que ces quotas soient maintenus en 2015", a expliqué José Jouneau, le président du comité régional
des pêches.

Les pêcheurs veulent que "l'approche des quotas ne soit pas seulement halieutique et scientifique mais sociale et économique, parce qu'il n'y a pas une entreprise qui puisse définir son avenir à six, sept ou huit mois comme c'est le cas actuellement", a-t-il ajouté.

"Hollande = pollution, Marine = solution"

Les pêcheurs proposent que les évolutions des quotas soient étalées sur les cinq prochaines années et qu'un point d'étape pour définir cet étalement soit organisé en 2015.

"Aujourd'hui, c'est une journée de sensibilisation pour (montrer) qu'il existe une pêche artisanale en Pays de la Loire, que nous faisons partie intégrante du
développement de la région"
, a encore souligné M. Jouneau.

Une délégation de pêcheurs devait être reçue à la préfecture de Loire-Atlantique à la mi-journée par une conseillère du secrétaire d'État chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, Alain Vidalies.

A la Rochelle, pour les mêmes raisons, une cinquantaine de bateaux de pêche venus de tous les ports de la Charente-Maritime se sont rassemblés en fin de matinée dans le Vieux-Port de la ville, complètement bloqué et assourdi par le son des cornes de brume.

D'autres continuaient d'arriver et les organisateurs en attendaient dans l'après-midi une centaine en tout, soit l'intégralité de la flotte de pêche du département.

Sur les navires parmi les banderoles on pouvait lire : "L'Europe nous fait crever", "Marre de cette Europe qui tue la pêche" mais aussi : "Hollande = pollution, Marine = solution". Interrogés sur le sens  de ce slogan, les marins-pêcheurs ont confirmé que la Marine en question était bien "Marine Le
Pen".

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