Le père de l'enfant qui a amené un pistolet à l'école condamné à 18 mois ferme

Le père de l'enfant de 7 ans qui a amené un pistolet à l'école a été condamné ce jeudi à 18 mois de prison ferme.

Le père de l'enfant qui a amené mardi dans son école de Bruay-sur-l'Escaut a été condamné ce jeudi à 18 mois de prison ferme assorti d'un mandat de dépôt. Il était jugé par le tribunal de Valenciennes en comparution immédiate détention et acquisition d'une arme de catégorie B et mise en danger de la vie d'autrui. 

Ce mardi, son fils de sept ans s'est présenté à l'école Léo-Lagrange avec un pistolet 6.35 qui n'était toutefois pas chargé. Le jeune garçon avait découvert l'arme dans un tiroir de la salle de bain, avec son frère de 9 ans, et avait décidé de l'apporter à l'école et de la montrer à ses camarades.

Pistolet acheté la semaine dernière

Bien connu de la justice, appartenant à la communauté sédentarisée des gens du voyage, Jean R.  compte 28 mentions à son casier judiciaire pour divers faits, en France et en Belgique. En liberté conditionnelle, il est sorti de prison en octobre, après cinq ans en détention pour vol aggravé.

Cette arme, dit-il, il l'a achetée pour 100 euros, pour se défendre par rapport à des "embrouilles" passées. Il ne savait pas que c'était une arme de guerre, même si c'est écrit dessus: il ne sait pas lire. 

Il vit avec ses deux fils, de 7 et 9 ans. L'aîné avait bien interdit à son frère de toucher à l'arme, quand ils se sont retrouvés dans la salle de bains. Mais le
cadet a décidé de l'emporter à l'école avant d'être dénoncé par un camarade -qu'il a frappé pour cette trahison.

Les deux frères ont été placés

La maîtresse a alors récupéré l'arme et prévenu le père le soir même. Le lendemain, mercredi, le directeur de l'école a contacté la police, qui est venue récupérer le pistolet. Le père a été placé en garde à vue dans l'après-midi, a indiqué à l'AFP le procureur de la République de Valenciennes, François
Pérain.

"Je regrette, j'aurais pas dû la mettre là", a déclaré le père de famille devant le tribunal. "On a eu des menaces", s'est-il justifié. Les juges l'ont reconnu coupable de l'ensemble des infractions qui lui étaient reprochées et l'ont condamné à la peine requise par le ministère public, soit 18 mois de prison ferme avec mandat de dépôt. Il a écopé également de plusieurs centaines d'euros d'amende. Un juge d'application des peines décidera de révoquer ou non sa liberté conditionnelle dans une prochaine audience.

Les deux enfants ont été placés mercredi soir, et une audience doit avoir lieu sous quinze jours devant un juge des enfants. Ils étaient déjà suivis. Me Hélène Prizac, l'avocate du conseil général, désigné comme administrateur ad hoc des enfants, a plaidé pendant l'audience la mise en danger "évidente", une situation qui aurait "pu avoir des conséquences plus graves". Du côté de la défense, l'avocate a noté, en vain, que l'arme n'était pas chargée, soulignant par ailleurs l'état de "misère sociale" de la famille.