Festival de Cannes : Arnaud Desplechin à la Quinzaine des réalisateurs

© Jean-Claude Lother / Why Not Productions
© Jean-Claude Lother / Why Not Productions

"Trois souvenirs de ma jeunesse", du Roubaisien Arnaud Desplechin, tourné à Roubaix, Lille et Minsk l'été dernier  sortira bien le 20 mai. En plein festival de Cannes. Il sera présenté à la Quinzaine des réalisateurs, sélection parallèle du Festival.

Par Christelle Massin

Le dernier film du réalisateur Arnaud Desplechin, "Trois souvenirs de ma jeunesse", un temps pressenti pour la compétition officielle à Cannes, sera finalement présenté à la Quinzaine des réalisateurs, sélection parallèle du Festival, a annoncé vendredi l'organisation. "C'est avec enthousiasme que nous annonçons la présentation de +Trois Souvenirs de jeunesse+, le dernier film d'Arnaud Desplechin, peut être son meilleur et son plus émouvant, à la quinzaine des Réalisateurs, à Cannes, le vendredi 15 mai prochain", écrit le délégué général de la Quinzaine des réalisateurs, Edouard Waintrop, dans un communiqué.

"On y retrouvera Mathieu Amalric et les jeunes Quentin Dolmaire, Lou Roy Lecollinet, dans une brillante et déchirante recherche du temps et des amours perdus...", a-t-il ajouté. "Trois souvenirs de ma jeunesse" est le "préquel" (dont l'action se situe avant) du célèbre film d'Arnaud Desplechin de 1996 "Comment je me suis disputé...(ma vie sexuelle)".

Le Paris- Roubaix d Arnaud Desplechin

Le scénario ? Rentrant au pays, un haut fonctionnaire du Quai d Orsay est interpellé à sa descente d avion. Problème de passeport. Les services de sécurité de l' aéroport sont pourtant  formels : "Il existe un autre Paul Dédalus". Le diplomate (Mathieu Amalric) est soumis à un "interrogatoire-confession"  dans une cave, tout un symbole, car dans l'affaire qui nous intéresse ici , il faudra descendre tout au fond de soi, plonger dans le dédale de sa mémoire, se perdre dans le labyrinthe d une  jeunesse , pour que le héros recolle ainsi les morceaux de son histoire.

19 ans après "Comment je me suis disputé ma vie sexuelle" …

Dans le passé de Paul, comme un puzzle de mille pièces, (mais par par quoi commencer?), il y a dans le désordre , une grande maison de maître roubaisienne 8 rue Vauban à Roubaix, l'ombre d une mère disparue, un étrange voyage de classe à Minsk d' où il reviendra sans passeport mais avec un cocard ,le lycée Baudelaire, théâtre de la 1ere rencontre avec Esther, et Paris la ville forcément de tous les possibles… Esther (le 1er grand amour de Paul)  n’est pas simple. Esther sort déjà avec 3 types.
La jeune Lou, Roy Lecollinet, ( qu'on découvre ici au cinéma) porte en elle la fièvre des grandes amoureuses, communes au cinéma de Desplechin et de Truffaut. Voix off, fermeture à l'iris, musique qui rappelle celle de Georges Delerue, comédiens s' adressant à la caméra,  ce film est un long hommage au réalisateur "Des 2 anglaises et le continent."

Esther s'étiole loin de Paul. Esther est donc ce " boulet provincial" qui rend fou notre jeune étudiant (Quentin Dolmaire, lui aussi impeccable) monté à Paris,  et qui redescend tous les week-ends en train inter-cités à Roubaix pour surveiller une amante et une situation qui lui échappent.
Qu'est ce qu un homme? Que disent de nous les liens familiaux ? Pourquoi Paul ne ressent-il jamais les coups qu' il donne comme ceux qu'il reçoit ?
"Trois souvenirs de ma jeunesse" est peuplé de fantômes.
Avec la scène sur la disparition brutale d une professeur, le réalisateur roubaisien nous livre ici  une scène clé, peut-être une des plus intimes de son histoire personnelle. Esther et Paul ne se sont jamais remis de s'être aimés.

Dans ce film étrange et sombre, où la peur rôde, on réalise que des années plus tard l' amour est intact.Tout comme le chagrin.

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