45% des oiseaux nicheurs du Nord Pas-de-Calais sont menacés de disparition

Le groupe ornithologique et naturaliste du Nord Pas-de-Calais a publié un atlas sur Les oiseaux nicheurs du Nord et du Pas-de-Calais recensant les différentes espèces sur la période 2009-2015. Le constat le plus alarmant : près de la moitié de ces oiseaux sont menacés de disparition dans la région.

Une foulque macroule, oiseau nicheur, qui se promène sur la deûle gelée.
Une foulque macroule, oiseau nicheur, qui se promène sur la deûle gelée. © FRANCE 3 NORD PAS-DE-CALAIS
"On a recensé environ 200 oiseaux nicheurs sur cette période mais 45% d'entre eux sont menacés à l'échelle du Nord Pas-de-Calais", explique Cédric Beaudoin, chargé d'études au groupe ornithologique et naturaliste du Nord Pas-de-Calais et un des coordinateurs de l'Atlas des Oiseaux nicheurs du Nord Pas-de-Calais qui vient d'être publié. 
 
Ces oiseaux sauvages qui bâtissent leur nid pour s'y reproduire sont fragilisés par les activités humaines. "Le butor étoilé, un petit héron qui niche dans de grandes roselières, a perdu son habitat. Depuis des décennies, les surfaces en zone humide sont restreintes du fait de l'urbanisation et de l'activité agricole. Les grandes roselières n'existent plus et les marais ont largement été transformés". 

Ainsi, deux espèces sont considérées comme régionalement mortes, c'est-à-dire, qu'elles ne nichent plus dans le Nord Pas-de-Calais. "C'est le cas du tarier des prés et de la pie-grièche grise. Cette dernière a niché dans la région pour la dernière fois en 2009."
 
Ces deux espèces ne nichent désormais plus dans le Nord Pas-de-Calais du fait des activités humaines.
Ces deux espèces ne nichent désormais plus dans le Nord Pas-de-Calais du fait des activités humaines. © Marek Szczepanek - Creative Commons
 

Des espèces protégées qui reprennent des forces


"Le héron cendré ou la buse variable sont deux espèces protégées qui se portent mieux depuis le début des années 1980", explique Cédric Beaudoin. Le statut d'espèces protégées est une protection légale qui interdit le braconnage ou les manipulations.

"Les hérons, les buses ou même les cicognes étaient tués car ils pouvaient entraîner des dégats sur les zones de piscicultures. Les grands cormorans étaient eux persécutés pour leurs plumes ornementales. Maintenant, on n'a plus le droit de les tuer, de détruire leurs nids ou de prendre leurs jeunes. Ces espèces peuvent ainsi nicher tranquillement et se reproduire."

Cet atlas s'appuit sur 230 000 données que 1 500 observateurs bénévoles ont récoltées. Un travail titannesque qui s'est déroulé sur six ans, de 2009 à 2015. Il prend la suite de deux précédents Atlas publiés en 1976 et 1996. 

Oiseaux nicheurs du Nord et du Pas-de-Calais du Groupe ornithologique et naturaliste du Nord Pas-de-Calais, aux éditions Biotope, 45 euros. 
 
Comment participer de chez soi à la protection de ces oiseaux ? (C'est mieux avec un jardin)

Cédric Beaudoin, chargé d'études au Groupe ornitholohique et naturaliste et un des coordinateurs de l'atlas propose plusieurs "petites choses qui peuvent être faites localement" : 
  • replanter des haies d'arbres locaux
     
  • favoriser les adventices (les mauvaises herbes) dans un coin de son jardin. Elles permettent d'améliorer la qualité de la terre et donc la qualité des insectes. Les oiseaux disposent ainsi d'une nourriture de meilleure qualité et les jeunes sont plus résistants. 
     
  • nourrir les oiseaux en hiver permet d'améliorer le taux de survie des jeunes, surtout lors d'hivers rigoureux. Il faut faire attention à ne pas les nourrir toute l'année ni avec toujours les mêmes graines car cela peut créer des déformations, générer des maladies. 

     
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