Accident sur l'autoroute, humour et vigilance : Redoine Faïd a déjà séjourné à la prison de Vendin-le-Vieil en 2016-2017

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Redoine Faïd incarcéré à Vendin-le-Vieil depuis cette nuit a déjà passé quelques journées dans cette maison centrale de haute sécurité. Les surveillants de prison s'en souviennent. 

Vendin-le-Vieil, Redoine Faïd connaît un peu. Le braqueur qui a été repris ce jeudi après 3 mois de cavale, a déjà séjourné deux fois dans cette maison centrale de haute sécurité. Une fois en 2016 pendant le procès du braquage de Roclincourt. Une autre fois en 2017, pendant le procès de son évasion de la prison de Sequedin.

Deux courts séjours (1 semaine environ) qui ont tout de même laissé un souvenir aux surveillants : "Oui, on s'en souvient, explique Julien Martin, secrétaire interrégional FO. Le personnel a été estomaqué par la capacité de Redoine Faïd à rester dans l'humour, la communication, toujours à la limite de la manipulation.

"C'est quelqu'un qui n'est pas en opposition frontale avec le personnel. Très posé, très mesuré, très poli. Très intelligent, très calculateur, très manipulateur. Il n'y a pas eu d'incidents avec lui à l'époque", confirme Wilfrid Szala, secrétaire local Force Ouvrière. Un contraste saisissant pour les surveillants habitués dans cette prison à côtoyer des détenus violents ou insultants. Vendin-le-Vieil a connu depuis 2015, année de son ouverture, des prises d'otages, un meurtre, des agressions de surveillant...


A l'isolement


En 2017, Redoine Faïd avait été placé à l'isolement le temps de son procès mais n'avait pas bénéficié d'un régime spécial. Les surveillants se souviennent même qu'il avait eu droit à des parloirs. 

Cette fois, à partir de ce jeudi, les mesures entourant sa détention seront beaucoup plus sévères. "Il n'y avait pas de menottage systématique comme il y aura cette fois-ci (NDLR : Redoine Faïd sera menotté pour chacun de ses déplacements hors de sa celluleIl devra utiliser un parloir-hygiaphone, sans possibilité de contact physique."
 


Accident sur l'autoroute


Le dernier séjour de Faïd à Vendin a aussi marqué les esprits à cause d'un épisode rocambolesque. Au cours d'un des transferts de la prison vers la Cour d'Assises à Douai, le fourgon transportant Redoine Faïd avait eu un accident sur l'autoroute A21. A cause d'une erreur de dépassement, ce fourgon avait été embouti par un camion de gendarmerie. Pagaille sur l'autoroute. Une "bulle de sécurité" avait alors été mise en place pour éviter toute tentative d'évasion, et un autre véhicule de gendarmerie avait été appelé pour remplacer celui qui a été immobilisé. Redoine Faïd avait quand même pu arriver à Douai. 

La présidente de la cour d'Assises du Nord avait évoqué cet épisode au début de l'audience : "J'ai appris qu'il y a eu un accident. Vous allez bien M. Faïd ?". "J'ai une petite bosse", avait-t-il répondu.
 

Impossible ?


Sur les transferts, qui seront sans doute nombreux, les surveillants se montrent aujourd'hui confiants : "Le dispositif sera très conséquent, explique Wilfrid Szala. On essaye tous de tirer les conséquences de ses précédentes évasions. Jusqu'ici, il a réussi à avoir toujours un coup d'avance. Là, c'est à nous d'en avoir un. Il faut aussi faire un gros travail de renseignement."

Impossible de s'évader de la prison de Vendin-le-Vieil ? "Impossible, ce mot est banni chez nous, affirme Julien Martin. Mais ça va être plus compliqué pour lui. S'il doit retenter quelque chose, il faudra mettre des moyens énormes. La seule chose qui nous fait un peu peur, c'est qu'il se doute que psychologiquement, ça va être dur pour lui. Ne voir que du bleu toute la journée. Est-ce qu'il ne va pas vriller dans sa tête ? Il n'a plus rien à perdre. Il faudra être très vigilants. Il ne sera peut-être pas aussi facile à gérer que lors de ses deux séjours ici.".

"Il faut se méfier de lui sur le long terme,
complète sur franceinfo Grégory Strzempek, représentant syndicat de l’UFAP-UNSA. Il prévoit ses coups à l'avance. On n'est jamais rompu à un Redoine Faïd. C'est comme ceux qui ont gardé Antonio Ferrara en 2003. On ne s'attendait pas à ce qu'il fasse exploser le quartier disciplinaire à Fresnes. Il faut s'attendre au pire avec ces gens-là."

Redoine Faïd devrait rester "au moins plusieurs mois" à Vendin-le-Vieil selon les syndicats.