Après la vidéoprotection, Chauny opte pour la vidéoverbalisation : "on cible le stationnement très gênant"

Pour lutter contre les incivilités et les infractions routières, la ville de Chauny dans l'Aisne a mis en place depuis fin août un dispositif de vidéoverbalisation permettant de sanctionner à distance ceux qui ne respectent pas le code de la route.

Rien ne leur échappe et ça peut coûter cher. À Chauny dans l'Aisne, 37 caméras filment 24h/24 l'ensemble de la ville.

Depuis fin août, ce système de vidéoprotection sert également à la vidéoverbalisation. Le but est d'inciter les automobilistes à ne plus commettre certaines infractions au code de la route.

Des infractions très précises

Le maire de la ville se défend en effet de faire du flicage. "L'objectif principal, c'est surtout de verbaliser les infractions au stationnement sur les places handicapées, le stationnement devant les entrées d'habitations, également sur les arrêts de bus et sur les places réservées aux convoyeurs de fonds, tient à préciser Emmanuel Lievin. Il y a vraiment une spécificité à ces verbalisations. On n'est pas en train de fliquer et de chercher véritablement le chiffre. C'est vraiment pour empêcher la gêne profonde pour certaines catégories de personnes. Ce n'est pas la chasse aux petites infractions. On cible vraiment le stationnement très gênant. Parce qu'on pouvait constater pas mal d'infractions dans ces domaines."

Techniquement, un agent de la police municipale observe les images transmises en direct par chacune des caméras depuis un centre de supervision. Lorsqu'il constate une infraction, le processus de verbalisation est enclenché.

"Si l'opérateur constate une infraction, il diligente immédiatement sur place la police municipale ou la gendarmerie, explique Thomas Favereaux, chef de service à la police municipale de Chauny. Ça peut être aussi les pompiers ou les services techniques. Ça facilite les choses pour les policiers à l'extérieur. Ça sécurise également leur travail sur place aussi et de diligenter des effectifs supplémentaires sur place s'il le faut."

Un investissement de 30 000 €

C'est de cette manière que Mohamed Boumarg a écopé d’une amende de 135 € pour s'être garé au mauvais endroit. Gérant d'un bar, il se garait régulièrement sur le trottoir qui longe son établissement le temps de décharger ses achats. "À peine arrivé, j'ai été verbalisé à cause de la caméra, raconte-t-il. C'est pareil pour mes clients qui se garent sur le trottoir vite fait, le temps de venir acheter un paquet de cigarettes". Des mésaventures qui refroidissent ses clients puisqu'il estime une perte de 30 % de son chiffre d’affaires.

Ce dispositif a coûté 30 000 € à la commune qui constate une baisse des infractions ciblées. Emmanuel Lievin assure que les nouvelles caméras de vidéo protection qui seront installées en ville seront utilisées pour la vidéoverbalisation. Après Soissons en 2022, Chauny est la deuxième ville du département à opter pour la vidéoverbalisation.

Avec Rémi Paquelet / FTV