JO de Paris 2024. L'année de ses 100 ans, il portera la flamme olympique : "je vais m'entraîner pour la porter sans les bâtons"

Plus sur le thème :

Quasi centenaire, Félix Fiévez a été choisi pour porter la flamme olympique dans le département de l'Aisne. Ancien coureur à pied au remarquable palmarès, l'habitant de Mont-d'Origny aura cet honneur 100 ans après les Jeux de Paris de 1924, l'année même de sa naissance.

À bientôt 100 ans, Félix Fiévet est toujours actif et conserve une forme olympique. Cet habitant de Mont-d'Origny, dans l'Aisne, continue de marcher régulièrement. Chrono à la main, il fait ses 6 km le mardi, le jeudi et le dimanche. Autant dire qu'il sera prêt le jour J. "Pour porter la flamme, je suis assez entraîné déjà, mais je vais m'entraîner pour la porter sans les bâtons" annonce-t-il, fier et décidé.

La nouvelle est arrivée récemment. En juillet prochain, cet ancien athlète doit porter la flamme olympique lors de son passage dans l'Aisne. Il a été sélectionné pour être un des relayeurs."On en parlait depuis un moment, mais je n'y croyais pas, reconnaît Félix. Et j'étais content pour mes enfants et les gens qui m'entourent".

C'est une reconnaissance pour le remarquable parcours sportif de ce natif de Thiérache. Ancien artisan boucher, il a mené parallèlement une carrière de coureur à pied. Levé chaque jour à 4h du matin, il s'entraînait après 20h. "Je n'ai jamais négligé mon travail même si j'étais parfois fatigué". Pour autant, Félix Fiévet est le premier étonné de ses performances : "je pense que j'étais fait pour ça, mais je ne le savais pas".

Il a battu le champion olympique Alain Mimoun

C'est à l'occasion d'un 1 000 m imposé dans le cadre d'un cours de préparation militaire qu'il découvre ses compétences sportives. "On était une vingtaine au départ. J'ai pulvérisé tout le monde avec je ne sais plus combien d'avance. C'est là que le moniteur m'a dit que je devrais faire de la course à pied. Comme j'étais un peu timide, je me suis décidé au bout d'un an et c'est parti en flèche".

Et c'est peu dire. Spécialiste du demi-fond, le jeune homme enchaîne les succès. 15 fois champion de l'Aisne sur piste, 7 fois champion de l'Aisne en cross et 5 fois champion de Champagne sur piste. Il termine 6e au championnat de France et remporte 15 fois le cross du Figaro, battant même à plusieurs reprises l'illustre Alain Mimoun, champion olympique du marathon à Melbourne en 1956.

"La première fois, quand je suis arrivé, il s'échauffait, se souvient Félix Fiévet. Je me suis dit tant pis, je ferai 2e. Puis sur la ligne de départ, je n'ai plus pensé à lui. J'étais persuadé qu'il n'était pas là. Moi, j'ai toujours eu des départs très rapides. J'ai pris une vingtaine de secondes. Il croyait qu'il allait me remonter, il ne m'a jamais remonté."

"Peut-être que s'il était né plus tard, il serait champion de France"

"Tu fais quand même, à 24 ans, un bel athlète", s'exclame Pascal Bleuse, président de "Courir à Mont-d'Origny" et 1er adjoint de la commune. La mise à l'honneur de l'ancien athlète réjouit ses connaissances et même toute sa commune. "C'est notre mascotte, notre porte-bonheur, ajoute son ami. J'ai de l'admiration pour son parcours. Faire du sport n'était pas populaire à l'époque. Le matériel n'était pas comme aujourd'hui, ni la piste. Peut-être que s'il était né plus tard, il serait champion de France."

Pour autant, Félix Fiévet ne regrette rien. Il est même le premier à reconnaître ses limites quand on lui demande s'il avait pensé à participer aux Jeux olympiques. "Je n'étais pas assez fort. Mes deux entraînements par semaine me maintenaient bien en forme, c'est déjà pas mal et devenir professionnel, ça n'existait pas. J'avais assez avec mon boulot. Il fallait être sérieux."

Un siècle plus tard, il prouve, par sa volonté et son hygiène de vie, que tout n'est pas fini. Chrono à la main, il continue de s'entraîner. Rien ni personne ne peut l'arrêter. "Quand je le croise, je sais qu'il ne va pas s'arrêter,  sourit Pascal Bleuse, il regarde son chrono. À 100 ans, il faut le faire quand même et il est en pleine forme, la preuve, on boit un coup de cidre !"

Nul doute que Félix Fiévet sera bien entouré pour vivre son moment de gloire le 17 juillet prochain. Un bel hommage cent ans après les Jeux de Paris de 1924, l'année de sa naissance.

Avec Rémi Vivenot / FTV