JO de Paris 2024. Stravius, Gurtner, Démare, Lefebvre : la liste des porteurs de la flamme olympique se dessine dans les Hauts-de-France

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Des partenaires locaux des Jeux olympiques de Paris 2024 ont dévoilé, ce lundi 15 janvier, les noms de quelques-uns des champions ou quasi-anonymes qui auront l'honneur de porter la flamme olympique, en relais individuel, sur les routes des Hauts-de-France.

Cet été, 10 000 personnes - une centaine par département - porteront la torche sur le relais de la flamme olympique de Paris 2024. À 193 jours de l'ouverture de la compétition, le comité d'organisation des Jeux annonce que 80 % des relayeurs "ont reçu ce jour le confirmation qu'ils porteront la flamme". Les derniers seront révélés d'ici au mois d'avril, voire en dernière minute pour quelques surprises.

Stars ou quasi-anonymes, les porteurs de flamme ont été recommandés par des pairs ou par un partenaire des JO de Paris. Ils ont été sélectionnés au nom de leur engagement dans le sport, "le collectif" (action quotidienne dans la solidarité, l'inclusion, la justice ou l'environnement) ou leur territoire.

Certains pourraient à tout moment faire connaître leur sélection. Dans les Hauts-de-France, la Douaisienne Ségolène Lefebvre, 12 fois championne du monde de boxe, confie ainsi son bonheur à France 3 : elle portera la flamme olympique.

De même, l'ancien semi-pro du Rugby Club de Compiègne Romain Carlier, grand brûlé (pour ne pas dire miraculé) depuis un accident de travail en 2017, que nous avions rencontré cet automne, a annoncé au Parisien qu'il portera lui aussi la torche en juillet prochain.

Mais ce sont surtout des collectivités qui, aujourd'hui, ont révélé leur casting.

Département de la Somme : 6 éclaireurs dont Jérémy Stravius

En début d'après-midi, le conseil départemental de la Somme a dévoilé la liste des éclaireurs (nom donné par le comité d'organisation aux porteurs de la flamme) samariens, qu'elle avait proposé au comité et qui a été validée.

"Des gens ordinaires qui ont fait des choses extraordinaires", selon le département, à commencer par celui qui était déjà annoncé comme le "grand parrain" de la flamme olympique dans la Somme, aujourd'hui officiellement éclaireur : Jérémy Stravius.

À 35 ans, le triple médaillé olympique (et quadruple champion du monde), retraité des bassins, sera bel et bien au rendez-vous du relais de la flamme olympique, qu'il partagera au moins avec :

  • Christine Trepte, 64 ans, présidente du club d’Albert Sport Tir, plusieurs fois médaillée au championnat de France handisport de tir au pistolet et représentante de l’APF France Handicap ;
  • Marcel Clavieux, 78 ans, président du Comité départemental olympique et sportif de la Somme (CDOS 80) et président du district de football de la Somme depuis plus de 30 ans ;
  • Ambroise Senlis, 48 ans, chef d’entreprise, bénévole associatif, coureur de trail longue distance et co-organisateur de l’Ultrabaie ;
  • Floriane Bormans, 40 ans, éducatrice spécialisée, joueuse et cadre de la fédération française de ballon au poing, footballeuse ;
  • et Gilles Prilaux, 59 ans, archéologue, responsable du centre archéologique de conservation et d’étude de Ribemont-sur-Ancre.

Amiens Métropole : Régis Gurtner parmi les éclaireurs

Aux 6 éclaireurs choisis par le département s'ajoutent 6 autres choisis, cette fois, par la ville et l'agglomération d'Amiens.

Là encore, une confirmation pour commencer : le très populaire et insatiable (9e saison au club) gardien de l'Amiens SC, Régis Gurtner, portera bien la flamme olympique à bout de bras (sans les gants ?) sur 200 m (la longueur de chaque relais individuel) à Amiens.

Le parcours amiénois s'étendant sur 7 km, 35 éclaireurs y participeront et la collectivité révèle plusieurs autres noms :

  • Marie Collonvillé, spécialiste de l'heptathlon, figure de l'Amiens Université Club d'Athlétisme avec 29 sélections internationales, deux belles places aux Jeux olympiques (Athènes et Pékin) et désormais rugbywoman au RCA ;
  • Philippe Ermenaut, grand coureur cycliste sur piste des années 90, double médaillé olympique (l'or en équipe et l'argent en individuel) à Atlanta en 1996 et retraité depuis l'issue des Jeux de Sidney en l'an 2000 ;
  • Maëlle Traoré, lycéenne à La Hotoie, déjà trois fois championne de France de boxe française, reçue pour témoignager l'été dernier par la ministre des Sports après l'incendie du gymnase Emile-Moiroud pendant les émeutes ;
  • Joseph Mbongo, passé par le club de basket fauteuil de Creil, longtemps président d'Handisport Amiens Métropole et encore aujourd'hui coach de l'équipe handibasket, au "parcours de vie atypique et inspirant" puisque, à 19 ans, ce boulimique de sport avait dû se relever d'une paralysie des pieds à la suite d'un infarctus de la moelle épinière ;
  • ou encore Yolande Caumont, "jeune retraitée dynamique paraplégique", fondatrice d'associations pour le Tibet ainsi que de l'antenne samarienne de Handi Cap Evasion.

Chantal Langlacé, géante du marathon et fondatrice de l'Amiénoise (course réservée aux femmes), ainsi que Alice Morcrette, présidente du comité départemental de hockey sur gazon et du club de gymnastique Fémina sport Amiens, sont par ailleurs annoncées comme suppléantes sur le relais.

"Un rêve" réalisé pour le Nordiste Jean-Philippe Guilbert

Le département du Nord n'a pas encore révélé à qui il avait déclaré sa flamme (celui du Pas-de-Calais non plus), mais l'identité d'un éclaireur nordiste est connue : Jean-Philippe Guilbert, un retraité de 76 ans, décrit par le comité comme un "homme d'engagement qui transmet sans limite les valeurs de l'olympisme".

L'intéressé est comblé : "ça courronne une carrière", savoure-t-il, des flammes dans les yeux. Une carrière ou une vie de passion, d'étude et de transmission.

C’est une symbolique tellement forte, ça couronne une carrière, j’ai pas besoin d’être champion olympique ! C’est l’esprit olympique que je transmets pour les générations futures, c’est exceptionnel, c’est une magie. Je sors du chaudron et je vais transmettre ce qui était à l’intérieur pour les générations futures. C’est un rêve !

Jean-Philippe Guilbert

à France 3 Nord-Pas-de-Calais

Espoir international en triple saut, le jeune Jean-Philippe Guilbert n'avait pas pu poursuivre ses ambitions sportives, en raison des déménagements imposés par le travail de son père. Il n'atteindrait jamais "le Graal" de la médaille olympique, aussi il était devenu professeur d'éducation physique et entretenait en parallèle sa passion pour l'olympisme, "la magie" du "plus grand événement platénaire", un "chaudron" dans laquelle il baigne joyeusement depuis 1960.

"Tous les jours, je fais des recherches, j'écris... et je lasse parfois mon environnement", glisse-t-il avec l'autodérision du raisonnable passionné.

Auteur de plusieurs ouvrages sur les Jeux et les médaillés, Jean-Philippe Guilbert est membre du comité olympique du Nord depuis 1988 et en reste aujourd'hui un vice-président, en charge de l'éducation des valeurs de l'olympisme.

"C'est l'excellence, l'amitié, le respect des autres, la citoyenneté, la fraternité, liste-t-il. L'excellence, ce n'est pas forcément la performance, c'est aussi la réalisation de l'individu, atteindre ses objectifs, être bien dans sa peau."

Département de l'Oise : 10 éclaireurs dont Arnaud Démare

En fin de journée, le conseil départemental de l'Oise a également choisi d'annoncer une partie des relayeurs qui sillonneront le département avec la flamme olympique.

Le grand public retiendra probablement d'abord la désignation d'Arnaud Démare. Le sprinteur beauvaisien, 32 ans, est en effet annoncé parmi les porteurs de la flamme olympiques dans l'Oise le 18 juillet prochain.

Une surprise, car le Tour de France ne sera pas terminé. Le coureur a pourtant exprimé le vœu de retrouver la Grande Boucle (son équipe ne l'avait pas sélectionné en 2023). Une chose est sure : il ne pourra pas à la fois porter la torche dans l'Oise et rouler entre Gap et Barcelonnette...

Au casting isarien par ailleurs :

  • Jean-Christophe Bette, le rameur le plus titré de l'aviron français, champion olympique et cinq fois champion du monde ;
  • Sophie Moressée-Pichot, ancienne escrimeuse, championne olympique à Atlanta en 1996 ;
  • Fabé Dia, ancienne athlète spécialiste du 200 m et du relais 4 x 100 m (plusieurs médailles aux championnats du monde et aux Jeux méditerranéens) ;
  • Justine Bruno, nageuse beauvaisienne spécialiste du papillon ;
  • Nathalie Bizet, cavalière handisport ;
  • Aude Rolland, para-aviron ;
  • mais aussi Mario Luraschi, le célèbre cascadeur et dresseur équestre pour le cinéma ;
  • Yves Bienaimé, écuyer et fondateur du musée vivant du Cheval de Chantilly ;
  • et enfin Louise Hadj, danseuse et chorégraphe.

Département de l'Aisne : les profils les plus originaux

De 16 à... 100 ans. La diversité des éclaireurs proposés par le conseil départemental de l'Aisne (et tous validés) est éblouissante : de Ninon Beausoleil, 16 ans donc, membre active du comité des jeunes de l'aide sociale à l'enfance (ASE) dont elle est issue ; à Félix Fievez, légende du cross axonais, qui fera le lien entre les époques puisqu'il est né en 1924, année des derniers JO de Paris !

Ils porteront également la torche :

  • Tiffany Bretez, 31 ans, choisie pour sa "force et volonté" en tant qu'ancienne mère isolée au RSA, travaillant aujourd'hui comme téléconseillère pour une plateforme du conseil départemental de mise en relation avec des employeurs (aisne-actifs.com) ;
  • Cyril Classe, un sapeur-pompier de 46 ans, qui s'est notamment distingué en allant participer à la lutte contre les méga-feux au Canada ;
  • César Cloosen-Dion, 19 ans, étudiant et porte-drapeau bénévole depuis ses 8 ans ;
  • et Marie Delatour, 44 ans, victime d'un grave accident de la route en 2015 devenue triathlète, championne de France 2022.

Le département dévoile par ailleurs les identités de deux éclaireurs du relais de la flamme paralympique, qui auront l'occasion de briller à Laon le 26 août : David Avram, 52 ans, parathlète soissonnais ; et Alexis Guinet, 39 ans, pompier professionnel et vice-président de l'association Seals Team, qui aide les blessés de guerre à se reconstruire par le sport.

"Cette sélection illustre la diversité et la richesse des habitants de l’Aisne qui se mobilisent pour le territoire : ils sont sportifs, bénévoles associatifs, étudiants, retraités ou travailleurs sociaux et vont avoir l’honneur, grâce à leurs engagements, de porter la flamme olympique et paralympique", a déclaré Nicolas Fricoteaux, président du conseil départemental de l’Aisne.

Rendez-vous début juillet et fin août

À ces annonces s'ajouteront peut-être bientôt celles d'autres collectivités, partenaires et villes étapes du relais de la flamme olympique. Sans oublier les relais collectifs, autre dispositif sur le parcours de la torche, ces groupes de 24 sportifs dont chaque capitaine a été révélé la semaine dernière. La liste se dessine donc au compte-goutte mais, au total, ce sont plus de 500 éclaireurs qui devraient porter la torche dans les Hauts-de-France.

Leur parcours est quant à lui connu dans les grandes largeurs. Pour rappel, le relais de la flamme olympique se déroulera sur 68 jours (de son arrivée à Marseille le 8 mai à la cérémonie d’ouverture le 26 juillet) à travers 64 territoires. Plus de 400 villes traversées, dont 65 villes étapes qui clôtureront chaque journée.

Au programme de la flamme olympique dans les Hauts-de-France :

  • 2 juillet : le Nord (en provenance de la Marne), en passant notamment par Wallers-Arenberg, jusqu'à Lille ;
  • 3 juillet : le Pas-de-Calais, en passant par le Stade Bollaert et le Louvre-Lens, Lens-Liévin étant la ville étape ;
  • 4 juillet : la Somme via Albert, Villers-Bretonneux et le mémorial australien, le Parc de Samara à la Chaussée-Tirancourt, Doullens, Abbeville et la Baie-de-Somme à Saint-Valery, et bien sûr Amiens comme ville étape ;
  • 17 juillet : retour dans la région avec l’Aisne (en provenance de Paris), via la flambant neuve Cité internationale de la langue française, le Familistère de Guise, jusqu'à Saint-Quentin (ville étape) ;
  • 18 juillet : l’Oise avec le château de Chantilly, Creil, Nogent-sur-Oise, Compiègne et bien évidemment Beauvais comme ville étape.

Fin août, ce sera au tour de la flamme paralympique ou plutôt des flammes paralympiques, puisqu'elles seront 12 à circuler simultanément en France. Notre région sera aux premières loges puisque l'officellement dénommée "flamme 1", allumée en Angleterre dans le berceau symbolique du paralympisme, commencera par traverser le tunnel sous la Manche.

Dans le détail, ce nouveau relais se déroulera dans la région les :

  • 25 août, avec la cérémonie de passation dans le tunnel et la flamme 1 à Calais, ainsi que la flamme 2 dans le Nord à Valenciennes ;
  • et 26 août, avec la flamme 1 qui passera par Arras, Amiens et Chambly, tandis que la flamme 2 fera un saut par Laon.

Un événement historique, dont les modalités ont encore le temps d'être précisées mais qui permet dès aujourd'hui de mettre en avant des figures régionales parfois méconnues. Déjà tant de trajectoires de vie éclairantes.